[2-PREVIEW] San Antonio Spurs : toujours la même continuité ?

AP Photo/Darren Abate

La déception était grande du côté de San Antonio après son élimination en demi-finale de la conférence ouest pour cette équipe qui jouait le titre et comptait bien renverser les Golden State Warriors, tenants du titre et “intouchables” lors de la saison régulière. Une élimination qui a même quasiment fait oublier l’excellente saison des Spurs, tout simplement la meilleure de leur histoire avec 67 victoires pour 15 défaites.

Cet été, la franchise texane a tourné une page de son histoire avec le départ de Tim Duncan. Pour compenser le vide laissé par un tel départ, le club texan a jeté son dévolu sur un autre visage bien connu de la ligue, Pau Gasol, mais a dû, en contrepartie, laisser partir certains de ses joueurs. Les Spurs entament une autre saison de leur lente “transition”, où le vieillissant Big Three (Duncan, Ginobili, Parker) qui a porté l’équipe pendant plus d’une décennie, laisse les clés de la maison à Kawhi Leonard et LaMarcus Aldridge. Une transmission du leadership commencé il y a déjà quelques saisons, le club texan change de visage mais l’effectif reste solide : de quoi être toujours un sérieux candidat au titre ?

Un point sur le roster

Arrivées : Pau Gasol (Chicago), David Lee (Dallas), Davis Bertans, Dewayne Dedmon (Orlando), Nicolas Laprovittola, Livio Jean-Charles, Joel Anthony (Detroit), Patricio Garino, Dejounte Murray.

Départs : Tim Duncan, Boris Diaw (Utah), Matt Bonner, Boban Marjanovic (Detroit), Kevin Martin, Andre Miller, David West (Golden State).

Cinq majeur : Tony Parker, Danny Green, Kawhi Leonard, LaMarcus Aldridge, Pau Gasol.

Le banc : Kyle Anderson, Joel Anthony, David Bertans, Dewayne Dedmon, Jonathon Simmons, Dejounte Murray, Patty Mills, David Lee, Nicolas Laprovittola, Manu Ginobili, Livio Jean-Charles.

Coach : Gregg Popovich.

La fin d’une ère

Indéniablement, la retraite de Tim Duncan marque la fin d’une ère dans le Texas, lui qui représente le visage (glorieux) de la franchise de ces vingts dernières années. Double MVP de la NBA en 2003 et 2004, The Big Fundamental a remporté cinq titres avec le club texan, les cinq de l’histoire du club. Si il était moins performant et se faisait parfois malmené ces dernières saison (8,6 pts de moyenne la saison passée), Tim Duncan restait un cadre de l’équipe sur et en-dehors du terrain et sa présence défensive était non-négligeable. Pour compenser son départ à la retraite, les Spurs sont parvenus à attirer dans leurs filets le grand espagnol Pau Gasol (16.5 pts, 11 rbs et 4.1 pds de moyenne la saison passée), très complet et expérimenté, il ne devrait pas avoir de problèmes à s’intégrer dans le collectif des Spurs de Gregg Popovich et faire oublier que ce n’est plus Duncan que l’on trouve dans la raquette texane. Pour signer Gasol, la franchise a dû faire certaines concessions financières en laissant partir Boris Diaw et Boban Marjanovic, qui sont respectivement partis prendre leur pied à Utah et Detroit. Enfin, à noter le départ d’un autre joueur fidèle au club depuis dix saisons, Matt Bonner, et l’arrivée d’un nouveau français, Livio Jean-Charles, fraîchement champion de France avec l’ASVEL, le club présidé par… Tony Parker.

Une transition déjà bien amorcée

A mesure que le “Big Three” des Spurs vieillit et part à la retraite, son leadership n’en fait que diminuer. Cette transition au sein des Spurs a déja commencé il y a quelques années avec le titre en 2014 où Kawhi Leonard s’est imposé comme le futur de la franchise. Depuis ce jour, il n’a cessé de progresser et gagner en responsabilités. Une nouvelle fois élu meilleur défenseur de l’année au terme de la saison, Leonard a encore impressionné cette année avec 21.2 points et 6.8 rebonds de moyenne. Rejoint l’année dernière par LaMarcus Aldridge (18pts, 8.5 rbs), ils ont formé un duo offensivement redoutable qui a, en partie, permis aux Spurs de réaliser la meilleure saison de leur histoire. Si des rumeurs circulent concernant le mal-être de Aldridge aux Spurs, qui n’accepterait pas d’être relégué au second plan par Leonard, les deux joueurs devraient de nouveau être le duo star de l’équipe, accompagnés de Pau Gasol. Tony Parker devrait encore être le titulaire de l’équipe, dans un rôle toujours plus réduit et limité à être le gestionnaire de l’équipe alors que Patty Mills devrait gagner en temps de jeu et confirmer son bon tournoi olympique. L’inusable Manu Ginobili amènera son expérience en sortie de banc derrière Danny Green auteur d’une saison 2015/2016 décevante (38% de réussite au shoot, 33% à 3 pts). Cette saison devrait être également l’occasion aux plus jeunes de se montrer et de prouver comme Dejounte Murray, David Bertans et Livio Jean-Charles dans une moindre mesure alors que Jonathon Simmons et Kyle Anderson, déjà remarqués l’année, devront poursuivre leur émergence et leur progression. Les jeunes ont une carte à jouer dans cet effectif des Spurs, où Manu Ginobili et Tony Parker entament leurs dernières saison et d’un Danny Green pas au niveau, il y a du temps de jeu et des places de futurs titulaires à aller chercher.

Toujours prétendants au titre ?

Le changement du visage de la franchise avec la retraite de Tim Duncan, la mise en retrait de Tony Parker et Manu Ginobili, l’émergence de Kawhi Leonard, amène à se demander si les Spurs sont toujours parmi les grands prétendants au titre ? Il semble évident que les Spurs sont toujours parmi les meilleures équipes et l’on peut attendre d’eux la même régularité et continuité que les saisons précédentes. Le départ de Duncan a été bien compensé avec l’arrivée de Gasol, le staff reste inchangé avec l’éternel Gregg Popovich en tant que coach, l’effectif est sensiblement le même que la saison passée et Kawhi Leonard est rentré dans une nouvelle dimension. Tant de raisons qui laissent à croire que les Spurs seront de nouveau dans le haut classement de la conférence ouest cette saison et en mesure de rivaliser avec les meilleures équipes. En revanche, l’arrivée de Pau Gasol a entraîné les départs de Boris Diaw et Boban Marjanovic, qui ne sont pas des joueurs essentiels mais qui avaient une bonne influence sur l’équipe en sortie de banc. Avec ces pertes, le banc de San Antonio paraît un plus faible cette année d’autant plus que l’équipe ne présente pas un profil “small ball”, si efficace dans la NBA actuelle, ce qui pourrait présenter un problème.

L’été des Spurs se résume essentiellement au départ à la retraite de Tim Duncan et à l’arrivée de Pau Gasol. Malgré les quelques changements de l’effectif, l’ossature de l’équipe reste sensiblement la même que la saison passée. L’équipe coachée par Gregg Popovich a toujours à sa tête Kawhi Leonard et LaMarcus Aldridge, accompagnés de Pau Gasol en plus. Cette saison devrait permettre à certains jeunes joueurs, tels que Kyle Anderson, Jonathon Simons, David Bertans ou Dejounte Murray, de se mettre en évidence et continuer leur émergence au plus haut niveau. Les Spurs restent de sérieux candidats au titre, leur effectif est toujours aussi solide et nul doute qu’on les retrouvera dans les sommets de la conférence ouest d’ici quelques mois (sauf en cas de départ de Aldridge par exemple). A eux de montrer si ils sont capables de renverser les autres gros calibres de la conférence ouest comme la super team des Warriors, une fois les play-offs venus.

A propos de Clément Beaume 83 Articles
Je suis un passionné de sport et de basket plus particulièrement. Je partage ici ces passions dans l'ambition de devenir journaliste sportif.

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