Annette Kellermann, la nageuse qui a révolutionné le maillot de bain féminin

Annette Kellermann, dans les années 1910, prône le maillot de bain une pièce pour les compétitions de natation, et en dehors. Une véritable révolution. © DR

Pionnière de la natation synchronisée et de la nage en eau libre dans les années 1900, la féministe Annette Kellermann (1886-1975) a mis le sport au service de sa cause : revendiquer le droit de disposer de son corps en développant le maillot de bain moderne.

La « sirène australienne » mérite bien son surnom. Et pour cause, elle a toujours vécu comme un poisson dans l’eau. Née avec les muscles des jambes atrophiés, elle fut appareillée pour se déplacer dès l’âge de 6 ans. Pour stimuler ses jambes, son médecin lui prescrit… de la natation. Elle ne quittera plus jamais les bassins, mers et océans. A l’âge de 13 ans, elle a tellement nagé que ses jambes sont devenues presque aussi robustes que la normale. Si bien qu’elle débute la compétition en natation mais aussi en plongeon.

Elle s’éprend alors en 1905, à seulement 19 ans, de tenter la première traversée féminine de la Manche à la nage, échouant de peu dans une eau à 11 degrés. Annette Kellermann participe par la suite à des marathons sur le Danube et sur la Tamise. Seule femme sur les 27 participants d’une course sur la Seine à Paris, elle arrive quatrième. Sans conteste, elle devient en Europe la nageuse des années 1900, devançant bon nombre de ses homologues masculins à chaque course.

Elle brave les interdits pour la reconnaissance du maillot de bain

A l’époque, les hommes sont parfois autorisés à nager nus alors que les femmes doivent porter des combinaisons pouvant atteindre plus de 10 kg. Pour maximiser ses performances, Annette Kellermann décide alors d’alléger sa tenue, quitte à défier les autorités organisationnelles. En 1907, à Boston, la sirène australienne est arrêtée. Le motif invoqué ? « Tenue indécente ». Son prototype de maillot de bain moulant et sans manches exposant ses cuisses et ses jambes à la vue de tous. Traduite devant la justice, elle gagne finalement son combat. Le magistrat autorisant le port du maillot une pièce, à condition que les nageuses portent une robe avant d’entrer dans l’eau, justifiant l’argument sportif.

La presse s’étant fait porte-parole des arrestations d’Annette Kellermann, elle devient mondialement populaire. S’en suit la montée des revendications féminines afin de disposer de leur corps librement. Visionnaire en son temps, celle que l’on surnomme désormais « la femme parfaite » surfe sur cette vague et en profite pour concevoir sa propre gamme de maillots de bain une pièce. Le maillot de bain « Kellermann » devient alors un nom commun. Toujours en avance, la figure féminine organise par la suite des ballets aquatiques, inventant ainsi la natation synchronisée… Rien que ça ! Des spectacles qui encourageront vivement les femmes à pratiquer la natation. Elle se reconvertit ensuite dans le cinéma nautique. Décidément précuseure dans bien des domaines, ses cendres sont aujourd’hui dispersées au-dessus de la grande barrière de corail. Prouvant ainsi que les sirènes ne meurent jamais.

A propos de Clément Carton 164 Articles
- Fondateur d'Agora Sports depuis septembre 2016 - 21 ans, Lyonnais, M2 Journalisme Sportif à l'EDJ Nice. Envie de partager ma vision du sport. Suivez-moi sur Twitter : @clementcarton

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