Après une victoire libératrice, le XV de France doit confirmer

Voilà trois mois qu’on l’attendait : l’équipe de France a enfin remporté un match. C’était ce samedi face à l’Ecosse, à l’occasion du Tournoi des VI nations, dans un match convaincant mais pas encore complètement abouti. Surtout que la France affronte dans quinze jours la meilleure équipe du monde 2018 : l’Irlande.

Quel régal de voir ce XV de France à nouveau savourer le goût de la victoire. Précipité diront certains. Mais avant de pointer les manques encore palpables de cette équipe, prenons quand même quelques minutes pour se satisfaire de ce qu’elle a produit samedi. Cela faisait tellement longtemps que nous étions désespérés de la voir enfin gagner. Surtout après le match face au Pays de Galles, cette euphorie qui n’avait duré que quarante minutes, pour finalement récolter une énième défaite. Mais encore plus après la claque reçue à Twickenham dimanche dernier, dans un match où les Français furent inexistants face aux brillants Anglais. Ce duel contre les Écossais devaient sonner la révolte bleue, à défaut d’aggraver une crise déjà inquiétante. Mais les Français ont choisi la première option, soutenue par des jeunes talentueux et des cadres engagés à faire briller cette nouvelle génération.

L’insouciante jeunesse et la richesse de l’expérience

Fougueux, ils l’étaient nos jeunes Bleus. Grégory Alldritt, 21 ans. Romain Ntamack, 19 ans. Antoine Dupont, 22 ans. Damian Penaud, 22 ans. Thomas Ramos, 23 ans. A eux cinq, ils ont réussi à entraîner l’équipe de France dans une folie de jeu communicative. Alors certes, il n’y a pas qu’eux qui ont brillé dans ce match, mais sous l’impulsion de leur jeunesse, ils ont marqué de leur empreinte cette victoire tant attendue. Pour preuve, trois des quatre essais ont été marqués par ces jeunes pousses : Ntamack a signé le premier et Alldritt s’est offert un jolie doublé, le dernier ayant été marqué par l’inévitable Yoann Huget. Ce premier essai aplatit par le jeune Ntamack montre encore un peu plus l’influence de ces joueurs. L’action démarre par une percé flamboyante de Ramos depuis son camp. Penaud poursuit la course et fait une longue passe à Dupont, plaqué. Ramos sort le ballon rapidement du ruck pour le transmettre à Ntamack qui se jette dans l’en-but écossais. Limpide, inspiré et terriblement efficace : le XV de France ose prendre des risques, et ça paye.

Libérés dans le jeu, les Bleus prennent des initiatives et n’hésitent pas à s’engager dans de folles percés pour casser les lignes. Contaminé par cette fougue, Mathieu Bastareaud s’est même permis une petite passe au pied pour lui-même au cours du match, geste que nous avons peu l’habitude de voir chez le trois-quart. Guilhem Guirado n’oublie pas son rôle de capitaine et d’ancien de l’équipe. Il n’hésite pas à calmer le jeu au cours du match quand la fougue est plus ou moins contrôlée. Et cela a été aussi la force de l’équipe : des cadres qui ont su apporter leur expérience à ces jeunes parfois trop euphoriques. Cerise sur le gâteau, alors que nous sommes hors du temps réglementaire, les Bleus décident de continuer à faire le jeu pour aller chercher un quatrième essai, synonyme de bonus offensif. C’est chose faite à la 88ème minute, le jeune Alldritt marque donc son deuxième essai et conclue en beauté cette victoire des Bleus. Et pour se satisfaire encore plus de ce match, on pourrait aussi ajouter que la France a eu quatre essais refusés, preuve de sa qualité d’attaque. Ou a contrario, de mettre en lumière des petites erreurs encore trop fréquentes …

Le début d’un long chemin qui passera par l’Irlande

C’est vrai que la France a quand même marqué quatre autres essais, mais deux d’entre eux ont été refusés pour des fautes “bêtes”. Preuve d’un manque de rigueur primordial en haut niveau. L’un de ces essais refusés arrive à la 7ème minute. Damian Penaud aplatit dans l’en-but écossais. Sauf qu’après arbitrage vidéo, on voit clairement Antoine Dupont commettre un en-avant à la sortie du dernier ruck. A la 31ème minute, Fickou croit marquer après un beau jeu au pied de Ntamack. Seulement, Lauret avait commis un en-avant lors de la réception du ballon. Deux fautes majeures qui empêchent les Bleus de prendre le large, malgré un score final plutôt satisfaisant. Néanmoins, ce type d’erreurs coûtera beaucoup plus cher face à l’Irlande.

Ce sera le 10 mars prochain à Dublin. Les Bleus iront affronter des Irlandais pas au top de leur forme depuis le début du Tournoi. Ils se sont difficilement remis de leur terrible défaite face aux Anglais. Malgré tout, ils ont réussi à gagner par la suite l’Ecosse et l’Italie, mais à chaque fois en deux temps. Le XV du trèfle était même mené à la pause face aux Italiens. Les Irlandais ont du mal à retrouver leur rugby, à l’image d’un Johnny Sexton diminué et qui n’a pas caché sa frustration lors de sa sortie face à la Squadra Azzurra. Ce match s’annonce donc comme un excellent test pour les Bleus. Nous verrons si cette victoire n’était qu’une courte joie ou le début d’un rétablissement attendu de pied ferme pour cette équipe.

Aurore Dessaigne

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