[AU CŒUR DE L’EUROPE] Arsenal, made in Arteta

Intronisé au poste d’entraîneur d’Arsenal le vendredi 20 décembre, la veille de la rencontre entre les Gunners et Everton (0-0), Mikel Arteta a finalement dirigé son premier match sur le banc d’Arsenal lors du Boxing Day, à Bournemouth (1-1). Les Londoniens repartent avec un résultat nul mais surtout avec de belles promesses de jeu.

« J’ai assisté à un entraînement de Manchester City il y a quelques temps et c’était lui qui le dirigeait de main de maître. Il coordonnait tout ça remarquablement bien. Personne ne parlait, tout le monde l’écoutait religieusement. C’étaient des exercices techniques avec le ballon, qui paraissaient élevés en difficulté, mais tout le monde était au diapason. On sentait qu’il y avait un vrai respect des joueurs. C’est peut-être lié à la culture anglaise, mais voir tous ces grands joueurs suivre ses ordres, sans un bruit, c’était assez extraordinaire. Ça reflète ce que je pensais de lui, c’est-à-dire qu’il est extrêmement respecté par tous ceux qui l’entourent.» Luis Fernandez ne tarit pas d’éloge sur le joueur qu’il a lancé dans le monde professionnel avec le PSG en février 2001 contre le Milan AC en Ligue des champions. Mikel Arteta rejoint la France après une formation à la fameuse Masia mais ne dispute des matches qu’avec l’équipe réserve barré par un certain Xavi, ou autre Guardiola. Il retrouve finalement ce dernier en 2016, mais cette fois en Angleterre, là où Arteta a prouvé sa qualité de joueur et où Guardiola doit démontrer sa qualité d’entraîneur. Pendant deux ans et demi, l’entraîneur et son adjoint n’ont eu de cesse de fasciner l’Angleterre et l’Europe par un jeu léché, fait de possession et mouvements perpétuels. Depuis une semaine, Guardiola mène seul la barque des skyblues, Arteta prenant les commandes d’Arsenal, son dernier club en tant que joueur (2011-2016). Et après six jours dans ce nouveau rôle, le natif de San Sebastian a pu faire étalage de ses idées contre Bournemouth pour le premier match de sa carrière d’entraîneur.


« Jouer un football offensif »

Evidemment, le style est semblable à celui de Guardiola.
« Je veux des joueurs qui donnent de la passion et de l’énergie à ce club, […] jouer un football rapide et offensif. » Positionnés en 4-2-3-1 sur le papier, les Gunners sont en réalité disposés en 2-3-4-1 en phase offensive (comme l’était Manchester City contre Leicester).


Le latéral droit Maitland Niles se joint aux deux milieux de terrain, Xhaka et Torreira. Ozil se place dans le demi-espace droit et Aubameyang dans le gauche. Les côtés droits et gauches sont respectivement occupés par Nelson et Saka. 
Les positionnements de Nelson à droite et Saka à gauche (via WhoScored)
Le positionnement d’Aubameyang (via WhoScored)
Le positionnement d’Ozil (via WhoScored)

Ozil et Xhaka aux manettes

Dans ce schéma, le rôle d’Ozil entre les lignes est primordial. Alors qu’Arteta a loué les qualités de son meneur allemand dans la semaine, le numéro 10 a répondu sur le terrain grâce à un placement intelligent entre les lignes déstabilisant la défense de Bournemouth. 


Trouvé par David Luiz, Ozil, dans le sens du jeu, décale Nelson sur le côté droit. L’Anglais lui remet, Ozil transmet à Lacazette au point de pénalty qui tire au-dessus

Ozil est servi par Torreira. Il se retrourne et transmet à Lacazette qui décale Nelson sur la droite. Son centre ne trouve pas preneur.

Torreira, servi par Sokratis, dévie en une touche pour Ozil qui se retourne et progresse dans le camp de Bournemouth. Il trouve Aubameyang dont la frappe fuit le cadre.

Véritable dépositaire du jeu des Gunners, Mesut Ozil a réussi 21 passes dans le dernier tiers (sur 24) dont 7 passes réussies (sur 8) dans la surface. Avec 4 passes clés, il a été le chef d’orchestre d’Arsenal, en compagnie d’un autre joueur souvent décrié depuis le début de la saison, Granit Xhaka. Le Suisse est le joueur ayant tenté (96) et réussi (90) le plus de passes des deux équipes cumulées. Il est également à l’origine de deux passes précédant un tir. 


Xhaka (cercle rouge) cherche ici Saka (cercle blanc) dans la profondeur. Le centre à ras-de-terre du jeune Anglais passe devant le but mais ne peut être poussé au fond des filets.

Xhaka (rond rouge) sert Aubameyang qui se retourne. Le numéro 14 d’Arsenal est trouvé dans le demi-espace gauche. Cette action s’achève quelques secondes plus tard par le but du Gabonais.

L’action du but démontre la patte Arteta : une phase de possession de plus d’une minute, démarrée du gardien, passant de gauche à gauche à droite puis de droite à gauche avant de s’achever dans la surface. Mais, cette volonté de relancer sous pression avait auparavant coûté cher aux Gunners. 


A la demi-heure de jeu, le pressing de Bournemouth est rôdé. La relance des Gunners est difficile.

Saka perd le ballon au duel. Quelques secondes plus tard, Gosling pousse au fond le centre de Stacey pour le 1-0. 

« C’était mieux que ce à quoi je m’attendais », réagissait Arteta à l’issue de la rencontre. Dans le jeu, en effet, les promesses sont nombreuses, mais avec 17 tirs pour 2 cadrés et 1,42 expected goal, c’est dans le dernier geste qu’Arsenal a pêché. Désormais,il faut trouver le déclic pour ajuster la finition. Les rencontres contre Chelsea dimanche 29 décembre et Manchester United mercredi 1e janvier apporteront des éléments de réponse.

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