[AU CŒUR DE L’EUROPE] Le messie du Barça

Depuis l’arrivée de Quique Setien, le FC Barcelone revient peu à peu vers le football qui a longtemps fait sa force. Un Barça maître de son sujet, maître du jeu, à l’image de Messi. Le plus souvent buteur sous Valverde, l’Argentin se mue désormais en passeur.

Un an, un homme, deux triplés. Le stade Benito Villamarin est un véritable jardin d’Eden pour Lionel Messi. Le 17 mars 2019, il y inscrit un triplé fabuleux, trois réalisations qui éclaboussent le monde du football par la pureté de ses gestes, en particulier le dernier but d’un lob soyeux. Un an plus tard environ, le numéro 10 barcelonais récidive avec un nouveau triplé, toujours marqué du sceaux de son pied gauche. A la seule différence que celui-ci est un triplé de passes décisives. Trois offrandes qui permettent au Barça de s’imposer face au Bétis Seville (3-2), l’ancien club de Quique Setien, lui désormais entraîneur blaugrana. Arrivé sur le banc catalan le 13 janvier, Quique Setien a fait souffler un vent de fraîcheur à Barcelone en ramenant un jeu protagoniste, avec la volonté de renouer avec un Barça maître de son sujet, maître du jeu par une possession étouffante et des déplacements réfléchis. Par son intelligence et son pied gauche, Messi règne dans le jeu catalan en créateur, bien plus qu’en finisseur comme il l’était souvent avec Valverde. « Je pense de moins en moins à marquer des buts, indique Messi dans une interview accordée le 15 janvier à DAZN, une plateforme de streaming sportif basée à Londres. Je commence à prendre de plus en plus de recul pour être le créateur plutôt que celui qui termine les actions. Évidemment, j’aime marquer et si j’ai une chance, je vais la saisir, mais chaque fois que je vais sur le terrain, je suis moins concentré sur les buts et plus sur le jeu. »

Un créateur hors-pair et hors norme

Depuis cette fameuse interview, Messi a joué six matches dans lesquels le Barça a marqué treize buts au total (3 par Messi). En Liga, l’Argentin reste sur quatre rencontres consécutives sans marquer (1e fois depuis janvier 2014), mais son rendement sur le déroulement des actions s’intensifie. Le dernier geste n’est plus son principal domaine, la passe a pris le dessus. Ainsi, sur cette période, Messi compile sept passes décisives (6 en Liga, 1 en Coupe du Roi). Il compte déjà douze passes décisives sur la saison en championnat (en 18 matches), égalant son total de la saison 2017-2018, s’approchant à une longueur de sa marque de la saison dernière et à six de son record (18 en 2010-2011 et 2014-2015).

Ses sept décisives ont été délivrées par son pied gauche et l’ont été presque autant sur coups de pied arrêtés (3) que dans le jeu (4). Du danger dans toutes les situations.

Au delà de ses passes décisives, le capitaine barcelonais réalise en moyenne 21 passes vers les zones dangereuses par match (30m du but) et 2,7 passes clés (passes précédant un tir) par match depuis le début de la saison, mais lors des trois derniers matches, ces moyenne ont été dépassées, parfois largement : 6 passes clés et 47 passes dangereuses contre le Betis, 7 passes clés et 31 passes dangereuses contre Levante et 3 passes clés et 22 passes dangereuses contre Getafe.

« Le seul très grand numéro 10 »

Auteur de 259 passes décisives dans sa carrière au Barça, Lionel Messi n’a évidemment pas attendu ces dernières semaines pour faire étalage de sa qualité de passe. Elle est seulement bien plus exacerbée, notamment grâce aux changements apportés par Quique Setien dans les phases de relance – où la recherche du troisième homme est devenue primordiale – et dans la construction des actions. L’intelligence de l’Argentin dans le placement lui permet d’être trouvé entre les lignes, sa qualité technique lui permet ensuite de faire progresser les actions. « Lionel Messi est le seul très grand numéro 10. Ses immenses qualités techniques et physiques lui permettent d’exister entre les lignes, malgré l’absence d’espace et de temps. » a souligné Christophe Kuchly, dans une interview pour Le Point. « Il marche mais il n’est pas en dehors de son match, il participe, tourne la tête de droite à gauche puis à droite et encore à gauche. Il sait parfaitement ce qu’il va se passer […].Il n’est pas en train de courir mais il est en train de regarder et d’analyser ce qu’il se passe. », a expliqué Pep Guardiola à Catalunya Radio.

Contre Levante, le 2 février, le Barça est alors en phase de relance. Messi est loin du but, dans le rond central, et placé entre Vezo et Toño.
Messi décroche pour recevoir la passe de Rakitic. Il est entouré de trois joueurs adverses, mais aucun n’est proche de lui.
Une nouvelle touche de balle et l’Argentin se retrouve dans le sens jeu pour servir Ansu Fati, parti comme une flèche sur le côté gauche.
Messi casse deux lignes grâce à une passe millimétrée dans l’intervalle pour l’attaquant de 17 ans qui s’en va ouvrir le score.
Contre Getafe, samedi dernier, Messi est (encore) placé entre deux défenseurs et est couvert du hors-jeu par Etebo.
En restant sur la même ligne, mais en profitant du recul de la défense, Messi se retrouve seul pour recevoir la passe d’Umtiti et peut dévier en une touche pour Griezmann. Sa déviation est parfaite et le Français ouvre le score.
Lors de la rencontre contre le Betis Seville, le 9 février, Messi se place sur le côté droit, zone laissée déserte par les Beticos. L’Argentin est libre pour s’avancer et repiquer dans l’axe.
Dans une position axiale, Messi sert de Jong qui a poursuivi sa course, par une passe lobée sublime que le Néerlandais contrôle sans problème avant de conclure.

A l’aube d’une semaine capitale, où après avoir fait face à Eibar, le Barça défiera Naples puis le Real Madrid, les Catalans peuvent se reposer sur le pied gauche de leur messie argentin, pour le dernier geste, ou la dernière passe.

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