[AU COEUR DE L’EUROPE] Leipzig croque Benfica

Werner, double buteur, félicité par Poulsen (R. Marchante/Reuters)

En cette première journée de Ligue des Champions, Benfica – Leipzig fait figure de match à rebondissements (1-2). Le doublé de Werner peut laisser un goût amer aux Benfiquistes.

Alors que tous les yeux étaient rivés sur PSG-Real, Naples-Liverpool ou Dortmund-Barcelone, un match de second couteau dans le groupe de l’Olympique Lyonnais a eu son lot de petites histoires. Un duel à l’Estadio da Luz difficilement dégustable dans le premier acte mais bien plus croustillant dans le second. 

Le jeu a mis du temps à s’installer. Pendant les vingt premières minutes, le match est terne, les deux équipes, bien que présentant des intentions de jeu louables, sont bien trop imprécises à l’approche des trente derniers mètres adverses. Benfica, comme Leipzig, étaient disposés en 4-4-2 et voulaient jouer au sol, construire leurs actions. Cela passe par des six mètres très souvent joués pour un coéquipier proche et positionné dans la surface. La possession est équilibrée. En revanche, l’occupation du terrain (58 % contre 42 % à la mi-temps et à la fin du match) est en faveur des Allemands, dont le bloc est placé haut. Les phases de possession de Leipzig se font souvent à sept voire huit joueurs dans les trente-cinq derniers mètres de Benfica.

Pourtant, la première véritable occasion de ce match intervient à l’issue d’une transition rapide des joueurs de Julian Nagelsman et ponctuée par un tir de Werner détourné par Vlachodimos (26e). Cette action est le seul moment acidulé des quarante-cinq premières minutes, avant que le temps additionnel ne vienne réveiller les vingt-deux acteurs avec des situations dangereuses pour De Tomas côte Benfica et Poulsen pour Leipzig.

Julien Nagelsman, coach du RB Leipzig, dubitatif sur la première mi-temps de ce match (capture d’écran RMC Sport)

Ce menu, qui s’annonçait sur le papier alléchant, est pour l’instant gâché par cette entrée assez fade (à l’image du nombre de centres ratés). Heureusement, le temps additionnel de ce premier acte laisse présager un plat principal bien plus goutu … et ce sera le cas.

Capture d’écran Stats Zone

Benfica manque de réalisme, Werner non

Bien plus rythmé, le match s’emballe, les occasions s’enchaînent et les papilles (et les yeux) en sont évidemment ravies. Leipzig occupe le camp des Portugais avec toujours sept à huit joueurs placés dans les trente-cinq mètres lisboètes. Le jeu devient plus fluide mais la dernière passe manque encore de précision (49e,61), malgré des mouvements bien construits.

Leipzig prend finalement les devants, à la suite du tir dangereux mais non cadré de Pizzi et d’un six mètres, joué cette fois-ci long. Un mouvement s’enclenche, Mukiele sert Poulsen dans la surface qui remise pour Werner, qui ne se fait pas prier pour ouvrir le score (0-1,69e). Benfica réplique grâce notamment à des latéraux (Tavares et Grimaldo) en jambes offensivement et à l’origine de nombreuses actions grâce à leur centre (4 réussis à eux deux) mais aussi par leur présence dans les trente derniers mètres adverses. Grimaldo est le joueur de Benfica ayant réussi le plus de passes dans cette zone (11 dont 3 passes clés), Tavares le troisième (7 dont 1 passe clé).

Puis le scénario se répète. De nouveau, après les occasions franches lisboètes, Werner vient, lui, mettre le ballon au fond des filets, en concluant un nouveau beau mouvement collectif entre Forsberg, Sabitzer et donc le numéro 11 de Leipzig (0-2,79e). Septième but en cinq matchs cette saison, cinquième but en septième match de Ligue des Champions (en dix tirs cadrés dans la compétition). Les chiffres sont les mêmes, seul leur ordre est inversé, mais dans les deux cas, ils prouvent la qualité du jeune attaquant allemand. Quand, au printemps 2018, les journalistes et consultants de l’After Foot sur RMC consacraient une émission pour classer les attaquants dans des chapeaux, David Lortholary, consultant en Allemagne, plaçait Timo Werner dans le chapeau 1 (le meilleur). Tout le monde lui riait au nez, à raison sans doute, mais seulement pour l’instant, l’attaquant de 23 ans semble disposé à faire partie à terme du gratin des attaquants.

Werner a, pour l’heure, permis d’achever le plat principal de fort belle manière et laisse place à un dessert croustillant, et aux nouvelles attaques de Benfica… qui vont enfin porter leurs fruits. Suite à un corner de Leipzig, les Allemands ne se replient pas assez rapidement ce qui profite, en contre, à Rafa qui sert parfaitement Seferovic pour la réduction de l’écart (1-2, 84e).

Profitant du match nul entre Lyon et le Zenith, le RB Leipzig prend, lui, les commandes de ce groupe G, emmené par un Werner, chef d’un soir et qui pourrait le rester longtemps en gardant ce degré de confiance, un Forsberg serveur juste quand il le veut et Demme, au milieu, et Konaté et Orban en défense, des commis nettoyant parfaitement quand le danger survenait. Ces trois points vaudront sans doute cher dans un groupe très homogène, où chacun d’eux sera compliqué à décrocher. Pour y réussir, Benfica pourrait s’appuyer sur l’apport de deux pourvoyeurs de centres, ses deux cuisiniers (Tavares et Grimaldo), une paire de commis, là encore, (Taarabt, Fejsa) redoutable dans la récupération (22 ballons récupérés à eux-deux). En revanche, les attaquants devront, eux, être plus tranchants telle la lame du couteau que Werner semble avoir actuellement pour pied droit.

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