Avis de recherche : Ligue 1 cherche leaders

Des Parisiens dans le flou et c'est toute la Ligue 1 qui déjoue. (Photo Bertrand GUAY / AFP)

Après sept journées de championnat, quel bilan faire de ce début de saison ? Des cadors éteints, du jeu en berne, de la VAR à gogo : la Ligue 1 doit se relever… Et vite !

 A l’issue d’un été prometteur, avec un mercato et des changements de coach probants pour beaucoup, présageant une saison de haut vol, force est de constater que ces sept premières journées sont bien loin de le confirmer. Alors que l’on attendait une montagne, la Ligue 1 accouche pour l’instant d’une souris. Évidemment, les Angevins et les Nantais, respectivement 2e et 4e, ou bien les Rémois (tombeurs de Marseille, Lille et Paris) ne sont sûrement pas de cet avis et, eux, profitent pleinement de ce début de saison réussi pour leur club. Ce début de saison raté, voire une saison en suivant le même rythme, concerne surtout les clubs que l’on attendait bien plus haut, pour certains : Lyon (11e), Saint Étienne (19e) et plus régulier pour d’autres, surtout un : Paris et dans une moindre mesure Lille. 

En effet, les quatre premiers de notre dernière Ligue 1 comptent déjà dix défaites et cinq nuls, cumulés. Ces quatre « gros » comptent SEULEMENT 42 POINTS après sept journées, sur les soixante-dix-huit en jeu*. 36 points de perdus pour ces quatre équipes contre des adversaires (sans leur manquer de respect) que ces quatre clubs auraient dû écarter sans problème : Rennes et Reims pour le PSG, Amiens et Reims pour Lille, Montpellier, Brest et Amiens pour Lyon, Angers et Metz pour Saint Étienne. La saison est longue et ces quatre-là ont encore le temps d’enchaîner les victoires. 

Mais, si ce championnat est moqué et renommé Farmer league, c’est d’abord par les résultats en dent de scie de ces équipes « leaders » mais aussi par le jeu bien loin d’être alléchant de nombreuses, voire toutes les équipes. Encore une fois, en première ligne, on retrouve les clubs qui font partie de notre vitrine. 

De belles promesses pour une réalité décevante 

D’abord, le PSG est à la peine et la rencontre face au Real Madrid est l’arbre qui cache la forêt. Les blessures peuvent être une source de réponse mais ne peuvent tout expliquer, tant le club de la capitale a semblé loin de tout contre Reims, et par intermittence dans d’autres rencontres. 

Ensuite, le LOSC de Galtier est une équipe de transition, qui gère parfaitement ces phases mais qui a toutes les difficultés du monde à prendre le jeu à son compte et à se procurer des occasions sur des attaques placées. Nouvelle exemple contre Strasbourg, hier, où les Lillois ont largement tenu le ballon mais ont été le plus dangereux à la perte de balle des Alsaciens. Vient maintenant l’Olympique Lyonnais. Avec Genesio sur le banc, l’OL était souvent décrit comme « fort avec les forts et faible avec les faibles ». Après deux premières journées convaincantes, Lyon est désormais devenu faible contre les forts et faible contre les faibles. Arrivé avec des idées de jeu précises et offensives, Sylvinho propose pour l’instant un néant tactique (offensivement) et stratégique. 

Enfin, l’ASSE de Printant n’a jamais réussi à surfer sur la vague de sa fin de saison dernière canon. Malgré un recrutement alléchant, l’ancien adjoint de Gasset n’arrive pas à mettre en place ses principes de jeu (en a-t-il vraiment ?). Saint Étienne, annoncé comme une possible surprise pour les places en Ligue des champions, est actuellement relégable et ne compte que cinq points.

Le retour de la Farmer league 

On peut également rajouter à cette faiblesse dans le jeu, un tout autre aspect n’ayant rien à voir avec les clubs : le/la VAR. Son utilisation toujours plus importante provoque des temps morts toujours plus longs. Les vingt-deux acteurs commencent même à jouer avec la vidéo et son emploi (notamment les joueurs de Brest). Les débats restent présents et sont même plus nombreux, le jeu est plus haché : personne n’y gagne. Toute cette histoire fait le bonheur des Angevins et Nantais pour l’instant principalement. Mais, dans un championnat assez homogène, peut être verra-t-on émerger d’autres équipes qui s’inviteront elles aussi dans le top 5. Les supporters en sont ravis, mais la Ligue 1, ses suiveurs (neutres) et ses dirigeants ne peuvent se réjouir de cela. Un championnat fort passe par des grosses écuries fortes. Malheureusement, ce n’est pas le cas, c’est même loin de l’être. Sept journées seulement ont été jouées (il reste du temps donc évidemment) mais l’expression « Farmer League » colle plus que jamais à la peau d’un championnat où les favoris ne tirent personne vers le haut (pour l’instant, du moins on l’espère) mais plutôt vers des profondeurs jamais explorées. Ce voyage vers les bas fonds doit cesser rapidement. La Ligue 1 a besoin de retrouver une certaine notoriété, ses cadors aussi. 

*sept journées signifient vingt-et-un points en jeu donc quatre-vingt-quatre en tout mais il faut enlever six points pour les rencontres Lille – Saint Étienne (3-0) et Lyon – Paris (0-1)

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