Babe Ruth, la légende du baseball qui a failli mourir de la grippe espagnole

Sous le maillot des Red Sox, Babe Ruth a remporté 3 de ses 7 titres mondiaux (1915, 1916 et 1918). © DR

Babe Ruth, alias « le Bambino », a dominé la Grande Ligue américaine de baseball pendant près de 20 ans (1914-1935). Superstar en son temps, le sportif a été touché par la grippe espagnole en 1918. Une maladie qui a laissé un lourd héritage aux Boston Red Sox.

Il y a des sportifs dont l’aura et la renommée dépassent le cadre de sport. Babe Ruth est de cette trempe. Au point d’être considéré aux États-Unis comme une véritable légende de son sport : le baseball. Lanceur puis joueur de champ aux Boston Red Sox et aux New York Yankees, il est encore considéré aujourd’hui comme l’un des frappeurs les plus efficaces de l’histoire. Sur les 194 records établis pendant sa carrière, 53 tiennent toujours. Celui qu’on surnomme « Le Bambino » est ainsi reconnu par ses pairs comme le plus grand joueur de baseball de tous les temps, mais aussi le meilleur joueur de tous les temps, tous sports confondus, selon le classement du Sporting News en 1998.

Passé très près de la mort

Mais avant de devenir la superstar qu’il était, Babe Ruth a subi de plein fouet par la grippe espagnole. Une maladie qui n’avait pas empêchée la tenue des compétitions sportives, notamment aux États-Unis, dès 1918. A l’inverse de l’arrêt de nombreux championnats dû à la pandémie de covid-19 près de 100 ans plus tard.

En mars 1918, les Red Sox partent s’entrainer en Arkansas et rentrent en contact avec de nombreux soldats dans l’un des foyers épidémiques les plus forts de l’époque. Un certain nombre de joueurs tombent malades. Deux mois plus tard, Babe Ruth part le temps d’une journée en excursion avec sa femme à Revere Beach, au nord de Boston, pour se détendre. De retour chez lui ce soir-là, sa température grimpe à 40 degrés.

Comme des millions d’américains et une dizaine de ses coéquipiers, il contracte la grippe espagnole. Le médecin des Red Sox, Oliver Barney, tente alors d’accélérer le processus de guérison afin de le rétablir au plus vite. Il administre à Babe Ruth un traitement à base de nitrate d’argent. Mais celui-ci provoque chez le joueur des convulsions très fortes, le contraignant à se rendre en urgence au Massachusetts General Hospital.

La finale des World Series accélère la propagation du virus

« Le nitrate d’argent pourrait être efficace, mais il fallait être très prudent car si vous le faisiez trop généreusement et qu’il coulait dans la gorge d’un patient, cela pouvait le tuer, explique le professeur d’histoire de Purdue, Randy Roberts. C’est ce qui est arrivé à Ruth. Ce n’est finalement pas tant la grippe qui l’a touché, c’est ce traitement au nitrate d’argent ».

Finalement, le Bambino se remet sur pied. Quelques mois plus tard, il aide ses coéquipiers à remporter la finale des Worlds Series contre les Chicago Cubs (4-2). En plein mois de septembre, la finale s’était d’ailleurs tenue devant plus de 20 000 supporters de moyenne, dont de nombreux soldats revenus de la Première Guerre Mondiale et touchés par la pandémie. Provoquant un accélérateur rapide de la pandémie lors d’une deuxième puis d’une troisième vague de virus à l’automne 1918.

Si quelques sportifs célèbres sont morts à cette occasion, l’effectif des Red Sox de Boston en sort finalement indemne. L’année suivante, Babe Ruth rejoint les Yankees de New York. Il se passera alors 86 ans après le départ de Ruth avant que les Red Sox de Boston soient de nouveau sacrés champions des World Series. C’est pourquoi l’on parle encore aujourd’hui de « malédiction du Bambino ».

A propos de Clément Carton 164 Articles
- Fondateur d'Agora Sports depuis septembre 2016 - 21 ans, Lyonnais, M2 Journalisme Sportif à l'EDJ Nice. Envie de partager ma vision du sport. Suivez-moi sur Twitter : @clementcarton

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