Bien plus qu’un match de football

Les Champs-Elysées le 10 juillet 2018 après la victoire de la France sur la Belgique lors de la demi-finale (1-0). Crédits : LUCAS BARIOULET / AFP

Dimanche, à 17h, c’est tout un pays qui vibrera à l’unisson. Pour une finale de Coupe du Monde. Pour des joueurs de football. Pour une étoile en plus sur le maillot. Oui, mais pas que …

Les rabat-joies mettront en avant un désir d’extrapolation. Les sceptiques diront que c’est loin d’être gagné. Et les cyniques critiqueront le caractère éphémère de la chose. Mais d’aucun ne peut nier la force d’un tel événement sur tout un pays et surtout sa population. Car rarement vous serez amenés à crier au milieu de la rue, dans un accoutrement loin d’être orthodoxe, et à embrasser toutes les personnes que vous croiserez. Certains vont même pleurer. Pourquoi ? Juste pour un match de football ? Cela paraît stupide quand on y pense. Et pourtant…

Paul Pogba, Blaise Matuidi et Antoine Griezmann l’ont évoqué, consciemment ou non, en conférence de presse. Le premier a mis en avant la diversité culturelle de la France, célébrait un pays aux multiples origines et vantait sa « belle couleur ». Il rappelait son amour du maillot et son bonheur d’avoir grandi en France, malgré qu’il l’ait quitté très tôt. Enfin, il concluait d’une phrase remplie de sens « et c’est comme cela qu’on l’aimera toujours [la France] ». Difficile d’imaginer un tel discours à l’heure actuelle, dans une atmosphère de crise identitaire qui prône plus le repli sur soi que la diversité culturelle…

« Grizi », lui, vantait un pays où l’on mange bien, où l’on vit bien et dont on se doit d’être fière. Il insistait sur son désir de « rendre les français heureux ». Bien sûr, ce sont des discours avant tout communicationnels qui doivent donner une bonne image de ces joueurs. Mais encore une fois, dans quel autre contexte que le cadre sportif pourrait-on entendre ce genre de paroles ? Car ces compétitions, barbantes pour certains, inutiles pour d’autres, ont un but bien supérieur que seulement celui de remporter un trophée.

Que serait une Coupe du Monde sans supporters, sans foules en délire, sans des Champs-Elysées noirs de monde et sans des voitures qui klaxonnent toute la nuit ? Alors n’ayons pas peur des mots et des sentiments : oui c’est bien plus que du football. C’est l’union d’un peuple, l’insolence du bonheur, la simplicité du moment et l’euphorie de l’instant ! Car plus rien ne compte. On oublie tout et on est juste heureux ensemble. Naïf, oui, mais indispensable, sans aucun doute.

Aurore Dessaigne

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