Boston Celtics : le trèfle de Brad Stevens n’a-t-il que treize feuilles ?

Horford, Tatum, Smart, Brown, Irving (c) USA Today

A l’aube d’accueillir les Warriors, Boston est sur une série de 13 victoire de suite. Le tout sans Gordon Hayward et avec des absences journalières de Horford ou Irving. Cette série inattendue place donc les Celtics au firmament de la ligue avec un bilan de 13-2. De quoi monter un lourd dossier dans la course au coach de l’année pour Brad Stevens. Petite explication des arguments à la base de cette réussite.

Une intersaison rondement menée

On va revenir rapidement dessus mais une des premières réussites des Celtics demeure leur été. Comme évoqué lors de la preview, Danny Ainge a totalement remodelé son effectif. C’est très peu courant pour une équipe qui sort d’une finale de conférence mais de cette équipe ne restent que quatre joueurs (Horford, Brown, Smart, Rozier). Ces changements rendent encore plus impressionnants les résultats de ce début de saison à Boston.

La saison des C’s a même failli tourner à la catastrophe après la blessure de Gordon Hayward. Mais au final cette blessure, autant horrible qu’elle soit, ouvre des opportunités pour des jeunes du roster. Elle a probablement aussi fortifié la cohésion, la synergie du groupe. Certains joueurs comme Isaiah Thomas ou Avery Bradley qui représentaient le cœur de l’équipe sont partis mais au final, l’esprit est resté. La culture persiste.

La défense des Celtics communément appelée le cadenas

Appliquée sur le terrain cette culture transparaît par une équipe qui donne tout pendant 48min. Quelle que soit la situation, Boston joue dur du début à la fin.

Ils ont mis ce mindset au profit de leur défense. Et au bout de 15 matchs, les Celtics sont la meilleure défense de la ligue (avec un defensive rating de 97.2 selon CleaningTheGlass). Le tout en ayant perdu possiblement deux de ses 3 meilleurs défenseurs extérieurs en les personnes de Bradley et Crowder. En comparaison, l’an dernier,  les verts avaient une défense au niveau médian de la ligue (DRtg de 108.4). Après l’an dernier, Boston jouait avec IT qui était essentiel pour eux mais incapable d’être influent en défense.

C’était même le contraire, il était un poids sur ce côté du parquet. En revanche de l’autre côté, il était la clé, la lumière. Pour finir avec ce point, Kyrie lui est un joueur avec un corps capable de défendre et ce la fait toute la différence. La vraie force de Brad Stevens avec Kyrie, c’est qu’il l’a convaincu de la viabilité du système. De mauvais défenseur à Cleveland (ne défendait qu’en Playoffs ou presque), il est devenu décent et impliqué.

Dans un sens la défense des Celtics est dans la continuité de la saison dernière. On a déjà parlé de l’effort, on va voir ses conséquences. Boston est l’équipe qui provoque le pourcentage adverse le plus bas au tir. Ils sont en  l’une des équipes qui contestent le plus de tirs (2ème derrière les Lakers). Le personnel aide également. Avoir un backcourt Irving-Brown permet de contester plus efficacement des tirs que les plus petits Thomas-Bradley. Pareil sur les ailes, Boston a des joueurs grand et longs comme Morris et Tatum. A l’intérieur l’apport de protecteurs d’arceaux est aussi important. Baynes et Theis quand ils jouent effectuent un gros travail, pour contester les pénétrations.

Mais le plan sur lequel les Celtics ont le plus “progressé” c’est le rebond. Les hommes de Brad Stevens ont en effet le deuxième pourcentage au rebond en NBA (53.1% des rebonds dans un match). Défensivement ça se traduit par peu de rebonds offensifs laissés aux adversaires. Où est la progression me direz-vous ? Selon Basketball-Reference c’est une progression de 11.6% par rapport à l’année dernière. Sans rentrer dans les détails, un joueur comme Rozier récupère 19% ds rebonds défensifs qu’il est suceptible de récupérer. Rozier fait seulement 1m88.

Une attaque moyenne mais qui a la saison pour progresser

Cette propention à prendre les rebonds se rapporte également à l’autre moitié du parquet. Boston est 8ème dans la ligue au niveau des rebonds offensifs pris. Grâce à son effort, et son hustle, Marcus Smart est le symbole de cet esprit. On a peu parlé de sa défense individuelle de niveau 1st Team All-Defense dans les progrès de l’équipe, mais sa capacité à créer des possessions à partir de rien le rend tout aussi inestimable offensivement.

Par contre l’attaque de Boston n’est clairement pas d’élite. Elle est médiane mais elle leur suffit pour obtenir le 2ème net rating de la ligue derrière leurs adversaires du soir. Avec sa défense de fer, Boston n’a pas besoin de mettre 110pts tous les soirs pour gagner ds matchs. Cette situation permet donc de responsabiliser Brown et Tatum en les mettant dans les conditions idéales pour impacter en attaque. Kyrie n’a également pas à forcer et à avoir un usage ultra important(31%). Horford lui fait usage de baromètre, prend les bonnes décisions dans l’orientation du jeu.

C’est d’ailleurs l’ex-capitaine des Hawks qui est est le plus efficace offensivement sur ce début de saison. Sa ligne de stats traduit sa polyvalence 15.3 points, 8.8 rebonds, 4.5 assists. C’est également lui qui domine toutes les statistiques avancées de son équipe avec par exemple un rating offensif de 122 (pas mal). Mention spéciale à Tatum qui dénote de vrais instincts de pur scoreur sur ce début de saison. Irving est pour l’instant un peu en retrait niveau efficacité mais Brad Stevens a annoncé vouloir plus l’impliquer. Kyrie se comporte en parfait rouage de la machine du trèfle. Distribue et aide au développement de ses jeunes coéquipiers puis vient prendre en main la fin de match avec Horford.

Le Test Warriors

Si on peut fixer une petite limite à ce qu’on réalisé les Celtics, c’est peut être l’adversité qu’ils ont rencontré jusque là. Loin ici l’idée de reconsidérer ou de dévaluer la série des C’s. Juste d’y apporter un peu de contexte. Non pas sur le système défensif de l’équipe de Brad Stevens qui a prouvé son efficacité déjà l’an dernier. La limite se pose plus sur l’adversité rencontrée jusqu’à présent par les Celtics. Au moment où ils ont rencontré leur adversaires, la meilleure attaque qu’ils ont affronté est celle des Raptors (7ème attaque de la ligue). En ça la réception des Warriors apparaît comme un très bon test concernant le caractère permanent des progrès défensifs de Boston. Une donnée qui sera très importante une fois les Playoffs arrivés.

Ce que fait Boston est admirable mais on ira pas aussi que Paul Pierce en faisant d’eux après 1 mois de compétition les favoris de la conférence Est. Après leur défense, principale raison de leur succès, est amenée à demeurer l’une des 5 meilleurs de la ligue au plus. Avec ses mouvements et sa culture, les Celtics (qui sont la 3ème équipe de la ligue en terme de jeunesse) se placent clairement comme l’un des futurs bastions forts de la conférence.

 


defensive rating : nombre de points encaissés par 100 possessions (les stats de Cleaning The Glass, suppriment tous les garbages time)

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