Cyclo-Cross : un vélo, de la boue, et des bottes en caoutchouc

Van Der Poel prend le leadership lors des mondiaux.

La saison de cyclo-cross bat son plein chaque année, d’octobre à février. Alors que vous serez confortablement attablé lors de ces repas de dimanche pluvieux qui n’en finissent pas, quelque part en Flandre, de courageux cyclistes braveront le froid. Assis au coin de la cheminée, vous pourrez alors digérer en suivant les prouesses des cyclo-crossmen.

Le public s’est amassé autour du circuit de Zonhoven, en Belgique.

Mais au fait, c’est quoi le cyclo-cross ?

L’histoire de cette discipline remonte au début du XXème siècle. Les routes ne sont pas encore bien asphaltées, ce qui pose des problèmes aux cyclistes “routiers”. Comment s’entraîner sous la pluie et dans la boue pendant l’hiver ? Quitte à se mouiller et se salir, autant le faire de bon cœur. Géo Lefèvre, co-créateur du Tour de France, décide alors d’inventer un nouveau format de course : le cyclo-cross.

À l’image des soldats de la guerre franco-prussienne de 1870, traversant les champs sur leur bicyclette, le cyclo-cross propose une course sur un circuit champêtre. Longs d’environ 2 kilomètres, ils sont parsemés d’embûches que les coureurs doivent franchir sur ou à côté de leur machine. Planche en bois, escaliers, racines, dunes de sable, boue etc… il faut de sacrées qualités physiques pour pouvoir s’imposer dans cette discipline.

Le flamand comme langue officielle

Inventée en France, la discipline prend son envol en Belgique. La région flandrienne devient le coeur de ce sport. Dans les années 1950, le cyclo-cross devient une véritable institution. Du mois d’octobre au mois de février les fans se déplacent à travers le Benelux par milliers. Vous les reconnaîtrez par leur tenue : bottes en caoutchouc pour braver la boue, grosse doudoune et bonnet pour affronter le froid, une bière belge à la main et un fort accent flandrien. Pas de doute, vous êtes aux abords d’un circuit de cyclo-cross.

Le calendrier “mondial” de la discipline étant composé à 85% de courses flandriennes, le cyclo-cross a du mal à s’exporter à l’international, ce qui explique son manque de médiatisation. La France se positionne comme la troisième nation de ce sport derrière la Belgique et la Hollande. Depuis quelques petites années, les Etats-Unis accueillent à leur tour deux manches de la coupe du monde. Les dirigeants de l’UCI, Union Cycliste Internationale, souhaitent de développer ce sport par le biais d’une meilleure médiatisation.

Une discipline dynamique

Duel entre Van der Poel (à gauche) et Van Aert (à droite).

Agglutinés par milliers autour des circuits, les fanas de cyclo-cross déboursent leur argent en bière et en frite. Le prix d’une entrée varie selon les courses (15 euros par exemple à Namur pour la manche de coupe du monde)mais reste abordable pour tous les passionnés. Le modèle économique du cyclo-cross professionnel repose sur le sponsoring. Le Hollandais numéro un mondial, Mathieu Van der Poel, est sous contrat avec l’équipe Coredon-Circus, une agence de voyages par avion implantée aux Pays-Bas.

Son adversaire le plus redoutable, le Belge Wout Van Aert court pour l’équipe Cibel-Cébon, société de composants électroniques. Ces deux coureurs se livrent des batailles épiques depuis 2015. Ces jeunes talents ont médiatisé ce sport durant des courses retransmises en direct à la télévision, en Belgique et aux Pays-Bas évidemment, mais aussi en France (les manches de la coupe du monde sont à suivre sur La Chaîne l’Equipe). Avec des stars comme Van der Poel et Van Aert, la discipline séduit de plus en plus et acquiert une renommée internationale. Les combats qu’ils se livrent vous tiendront en haleine de bout en bout. Amateurs de vélo, de sous-bois et de bottes en caoutchouc, régalez-vous !

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