[DOSSIER] À la découverte du trail : les grands coureurs qui font le trail (3/3)

Podium UTMB 2017 : Jim Walmsley, Kilian Jornet, François d'Haene, Tim Tollesfon, Xavier Thevenard et Pau Capell. Photo: iRunFar/Bryon Powell

Après avoir découvert le trail running à travers la diversité de la discipline, son état d’esprit et la majestuosité des courses qu’il propose, nous allons maintenant présenter les grands coureurs de trail. Qui sont les plus grands traileurs, ces hommes et femmes qui portent l’engouement grandissant autour du trail avec des performances extraordinaires ? Présentation des grands noms de la discipline.

L’ultra-terrestre Kilian Jornet

Le trail doit beaucoup à l’espagnol, icône d’une discipline qu’il a fait grandir. Lorsqu’il prend le départ de son premier UTMB à seulement vingt ans en 2008, on pensait la discipline réservée à des sportifs d’expérience, des roques qui, à l’image de Marco Olmo (56 ans lors de son dernier podium à l’UTMB) gagnaient grâce à leur solidité plus que leur qualité de vitesse. Et pourtant, Kilian Jornet écrase la course cette année là et arrive à Chamonix en héros, une révolution pour la discipline. Cette victoire marque le début de l’engouement autour du trail, dans le sillage du Catalan à la personnalité attachante et au physique hors du commun.

Kilian Jornet est bien plus qu’un grand traileur, il se distingue également au travers de performances époustouflantes en alpinisme. Sa pratique et sa philosophie de l’alpinisme détonnent d’ailleurs dans le milieu de la montagne. L’espagnol est libre, monte haute, vite et souvent avec un minimum de matériel.  À l’image de son projet retentissant “Summits of my life” qui l’a vu battre les records d’ascension du Mont Blanc, du Cervin, du Denali et même de l’Aconcagua et l’Everest, le Catalan bat tous les records d’ascensions.

Plus qu’un grand traileur, une icône des montagnes

L’icône de la discipline sort d’ailleurs d’une saison 2017 extraordinaire, qui l’a fait entrer encore dans une nouvelle dimension. Après une saison hivernale de ski alpinisme très dense comme il en a l’habitude, il a enchaîné exploits sur exploits. En mai, il devenait le premier homme à gravir l’Everest deux fois en une semaine sans assistance respiratoire. Kilian Jornet ne s’arrêtait pas là et enchaînait immédiatement sur une saison pleine de succès en trail running. On retient ses victoires sur des formats courts (marathon du mont blanc seulement trois semaines après l’Everest, Sierre-Zinal…) mais également son épique succès sur la Hardrock 100 après s’être démis l’épaule et avoir couru plus de 100km le bras en écharpe. En septembre, il termine cette fois ci deuxième d’un UTMB très relevé après un duel magnifique avec le français François d’Haene.

Francois d’Haene, simple comme le meilleur ultra traileur

Ces dernières années, le français François d’Haene s’est affirmé comme la référence de l’ultra-trail. Celui qui a commencé par la piste et le 3000m steeple s’est découvert des qualités extraordinaires d’endurance en sortant des sentiers battus. Né à Lille, cet amoureux de la montagne se tourne tout naturellement vers la course nature lorsqu’il déménage à Chambéry. Le monde du trail le découvre à l’été 2006 lorsqu’il sort vainqueur des 72km du Tour des Glaciers de la Vanoise à la surprise génrale. Il n’a cessé de progresser depuis, développant ses qualités de résistance mais aussi techniques de manière logique et linéaire.

Le roi de l’ultra exulte, il franchit en tête la ligne d’arrivée de l’UTMB 2017 (Petzl / Rémi Faregue/D.R)

C’est au début des années 2010 qu’il explose réellement au plus haut niveau. Il est alors recruté par le Team Salomon, reconnu comme étant l’équipe la plus structurée du monde du trail. Cette nouvelle collaboration porte rapidement ses fruits et François d’Haene devient le patron de l’ultra mondial. Si la discipline est à cette période quelque peu délaissée par Kilian Jornet au profit de ses grandes ascensions en alpinisme, on ne peut que constater la suprématie de François D’Haene. On ne compte plus ses grands succès, il semble invincible sur des courses de plus de 100km. On note ses trois victoires sur le Grand Raid de la Réunion et ses succès sur le classement général de l’Ultra-Trail World Tour acquis en écrasant la concurrence.

L’année 2017 est d’ailleurs la consécration pour lui. Il remporte un UTMB jamais aussi relevé, qui l’a vu prendre enfin un départ face à Kilian Jornet et à toute l’élite de l’ultra mondial (Jim Walmsley, Tim Tollefson, Xavier Thevenard…). Il sortira vainqueur de ce duel avec vingt minutes d’avance sur l’espagnol, s’affirmant ainsi comme le meilleur ultra-traileur du monde, sans aucune contestation possible.

En parallèle de son activité sportive, le français s’est installé sur un domaine viticole dans le Beaujolais où il produit chaque année quelques milliers de bouteilles de vin rouge. Passionné et perfectionniste, le viticulteur s’investit avec beaucoup d’énergie pour la production de son vin et semble trouver un équilibre avec sa prenante pratique de l’utra-trail. Un homme au physique d’hyperactif qui tranche avec sa personnalité simple et humble.

Jim Walmsley, le fantasque Américain

Jim Walmsley, 28 ans, pourrait bien devenir le nouveau leader de la discipline dans les années à venir. Si l’on se réfère au classement ITRA (International Trail Running Association) qui convertit les performances des athlètes sur leurs différentes courses en un score sur 1000, le prodige américain est le n°1 mondial devant le maître Kilian Jornet et le grand François D’haene. Alors bien sûr, cette cote est à relativiser surtout après les relatifs échecs de l’américain l’an dernier et son incapacité à battre ses rivaux européens sur leur terre. Cependant, ce score demeure la résultante de performances exceptionnelles de l’américain sur des parcours plus roulants. On retient notamment sa victoire sur le Tawarera UltraMarathon en Nouvelle-Zélande : 102 km et 2600m de dénivelé positif bouclés en 7h23, un record battu de 21 minutes à une vitesse moyenne affolante de presque 14km/h.

Jim Walmsley s’envole en ce début de Grand Raid 2017, avant de se brûler les ailes dans la chaleur des cirques réunionnais (photo : Stephan Laï Yu)

Le longiligne américain a un profil atypique. Doté de qualités de vitesse et vélocité exceptionnelles, il est à la fois capable de courir le 5000m en 13 minutes et d’être un des meilleurs coureurs d’ultra au monde. Sa manière de courir est très particulière et explique en partie l’engouement qu’il suscite. Jim Walmsley est aérien, il court sans retenue, toujours à l’attaque avec une foulée immense. Quitte à connaître des passages à vide, il donne tout et dynamite les courses avec des attaques portées dès les premiers kilomètres.

Fort de sa domination sur le monde du trail américain en 2016, Jim Walsmley part à la conquête des courses européennes l’année suivante. Il affiche clairement ses ambitions, au risque de paraître arrogant : il veut gagner l’UTMB dès 2017. C’est d’ailleurs en partie l’annonce de sa participation qui motivera le retour de Kilian Jornet sur la course de Chamonix.

Vous connaissez la suite, sous une pluie torrentielle et un froid glacial, l’américain domine les débats lors de la première moitié de course. Impressionnant, presque insolent de facilité, il ne veut pas passer la nuit alpine seul et fait le choix d’attendre patiemment ses rivaux à chaque ravitaillement.  La deuxième partie de course est plus compliquée pour l’américain victime de grosses défaillances et de problèmes d’estomac qui le poussent à s’assoupir quelques minutes au ravitaillement de Champex Lac au kilomètre 120. On le pensait alors perdu, Walmsley allait abandonner ou glisser hors du top 10 c’était une évidence. C’était sans compter sur le mental de l’américain qui se refesait une santé dans la descente sur Vallorcine et finissait la course à une très honorable 5ème place.

Suite à cette course épique, l’américain décide de s’aligner sur la Diagonale des fous en fin de saison. Un échec puisqu’il est rapidement contraint à l’abandon sur le parcours cassant du Grand Raid. Après cette première expérience riche d’enseignements pour l’américain, nous avons maintenant qu’une hâte, le voir, fort de ses récentes expériences, de nouveau confronté à l’élite mondiale sur une grande course européenne.

Mais aussi Caroline Chaverot, Nuria Picas, Andrea Huser, Xavier Thevenard, Tim Tollefson, Pau Capell, Ludovic Pommeret, Luis Alberto Hernando, Zach Miller, Gediminas Grinius, Hayden Hawks, Megan Kimmel, Camille Herron, Ida Nilson, Emelie Forsberg, Anna Frost, Ruth Croft, Martina Strahl, Sylvain Court, Rob Krar, Iker Karrera, Miguel Heras…

[DOSSIER] À la découverte du trail running (1/3)

[DOSSIER] À la découverte du trail : les grandes courses qui font le trail (2/3)

A propos de Paul Mathonnat 4 Articles
Etudiant en Licence de gestion, je suis passionné de sport en général mais plus particulièrement des sports d'endurance : trail, course à pieds, vélo, triathlon... J'aime écrire et surtout j'aime le débat, donner mon opinion et recevoir celle des autres. Agora Sports est la plateforme idéale, j'y partage mes idées avec passion.

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