Et les démons s’envolèrent… Retour sur France -Angleterre

Victorieux des Anglais (24-17), les Bleus ont assuré pour leur début dans ce tournoi 2020 et pour leur première rencontre sous les ordres de Fabien Galthié. Entre réussite offensive et solidité défensive, la France, portée par une troisième ligne aux crocs acérés et un Antoine Dupont aux jambes de feu, a surtout su conserver une avance large, ce dont on l’a croyait plus capable de faire.

Pour certains cela ne restera qu’un hasard de calendrier, pour d’autres cela est un signe du destin. Dans tous les cas, ce qui est certain, c’est que les démons des Bleus se sont, semble-t-il, volatilisé. Ce regain sera bien évidemment à confirmer dimanche prochain, de nouveau au Stade de France, face à des Italiens sèchement battus par le Pays de Galles (42-0), mais il a déjà permis au XV de France de se défaire d’Anglais, vice champions du monde et surtout d’enclencher une nouvelle dynamique.

La France tient sa défense de fer

L’an passé donc, et il y a presque un an jour pour jour, la France mène 16 à 0 à la mi-temps contre les Gallois. La suite, nous la connaissons et une glissade d’Huget plus tard, le Pays de Galles s’impose 24 à 19. Dimanche, à Saint Denis, l’histoire semble se répéter. Les Bleus mènent 17 à 0 au retour aux vestiaires au terme d’une première période menée de mains de maîtres. Mais, les Anglais connaissent le refrain et veulent sectionner le verrou bleu dès le retour sur le pré. A la 43e minute, Ford trouve une touche à cinq mètres de la ligne de l’en but français, Itoje récupère le ballon et s’en suit un pilonnage de la ligne française de onze phases. Pénalisés pour un hors-jeu, les Bleus doivent ensuite défendre face à la mêlée anglaise à cinq mètres de la ligne. Pendant trois minutes, le ballon est resté dans une zone dangereuse pour les Français, mais jamais les Anglais n’ont su (pu) marquer un point. Finalement, Joseph perd le ballon et les Bleus se dégagent. La défense a tenu, le rideau de fer ne s’est pas brisé et quelques minutes plus tard, la France enfonce l’Angleterre par un essai d’Ollivon (son deuxième) transformé par Ntamack. Le score est alors de 24 à 0.

La suite a comme une impression de déjà-vu. Avec Johnny May dans le rôle principal, les anglais reviennent au score petit à petit. Deux essais de l’ailier (58è, 65è) remettent les adversaires des bleus dans la partie. Mais les 5,5 millions de spectateurs de ce match ont vu une fin inédite à cette incroyable film. Les Bleus ont tenu et de quelle manière ! Alors que la panique gagnait souvent les rangs français quand leurs adversaires leur soufflaient dans le coup, nos coqs ont dressé leur crête et ont montré que la peur avait changé de camp. Deux actions de Dupont dans les dix dernières minutes montrent cela. Tout d’abord, il ose et réussit un passe pour Bouthier dans l’en-but français. Ensuite, à la 89ème minute, il réussit un plaquage offensif de haute volée sur Stein qui perd le ballon au contact. C’est par cette omniprésence défensive que les Bleus ont gagné ce match plus que grâce à l’attaque.

Une efficacité diabolique

En effet, les statistiques peuvent être trompeuses. Les français ont parcourus 150 mètres de plus que les anglais et 26 défenseurs blancs ont été battus. Pourtant la France n’a pas une multitude d’occasions pour scorer. Elle a été d’une rare efficacité. Et a eu quelque peu la chance de son côté, avec un soupçon de talent. Seul le premier essai vient d’une vraie séquence de jeu construite et travaillé. La conquête n’a pas été facile non plus. La touche française a perdu trois ballons et la mêlée n’a pas été à son avantage notamment en deuxième mi-temps. Ses points seront donc à améliorer pour les prochains chocs à venir.

La France est toujours en lice pour un Grand Chelem, vous ne rêvez pas. Nos jeunes coqs ont parfaitement lancé l’aventure Galthié en s’offrant les vice champions du monde. Maintenant, comme l’ont souligné ironiquement nos confrères anglais, les Bleus ont une spécialité: faire l’exploit avant une désillusion… L’Italie se profile dimanche prochain alors attention, les démons doivent rester dans les airs si les Bleus veulent continuer à rêver.

Louis Lesueur et Julien Cokelaer

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