[TES] Etape 19 : L’Olympiastadion Berlin, des Jeux de 1936 au record d’Usain Bolt

(Source : olympiastadion.berlin.com)

Le tour d’Europe des stades se dirige vers un stade aussi bien historique qu’à la page, l’Olympiastadion Berlin. Arène des célèbres JO 1936 puis de deux Coupes du Monde, son historique est hors du commun. Aujourd’hui, l’Olympiastadion accueille la Männschaft, le Hertha BSC mais aussi de nombreuses compétitions d’athlétisme. Il compte 74 475 places les soirs de match et attire près de 300 000 visiteurs chaque année hors-évènement.

Construit sous le régime nazi pour les JO 1936

Vus comme un immense outil de propagande, les Jeux Olympiques sont un événement international idéal pour afficher la toute-puissance du Troisième Reich. Construire un stade olympique des plus épatants est alors une nécessité. Pour cela, Adolf Hitler modifie lui-même les premières décisions qui visaient à réhabiliter le Deutsches Stadion déjà en place. Il engage les frères March pour établir l’architecture d’un nouvel écrin parfaitement adapté aux ambitions du Führer : l’Olympiastadion. Le projet final comprend le grand stade ainsi qu’un grand parc olympique, comprenant le Schwimmstadion (piscine olympique, toujours présente aujourd’hui) ou encore le Glockenturm (le célèbre clocher).

Le 1er août 1936, les onzième JO sont ouverts. Bien que largement boycottés par de nombreux pays, 49 nations participent. L’Olympiastadion accueille tous les jours près de 110 000 spectateurs. L’américain Jesse Owens est l’athlète le plus titré des Jeux en remportant 4 médailles d’or, dont celle du saut au longueur marqué par l’improbable rencontre entre Jesse et l’allemand Luz Long. La légende du sprint a même vu son nom donné à une loge ainsi qu’à une allée du stade.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, l’arène est réquisitionnée pour l’entraînement des troupes allemandes puis les sous-terrains sont utilisés pour produire des armes anti-aériennes. Le stade, alors nommé “Reichssportfeld” est récupéré par l’armée britannique à l’issue de la guerre. Ce n’est qu’en 1949, qu’il revient aux autorités allemandes. L’année suivante, il est renommé Olympiastadion.

Un stade de JO… Et de Coupes du Monde

À l’occasion de la dixième édition de la Coupe du Monde organisée en 1974 par l’Allemagne de l’Ouest, l’Olympiastadion se refait une beauté, en acquérant notamment un toit sur les tribunes latérales (nord / sud). Modernisé et capable d’accueillir 87 500 spectateurs, le stade n’est cependant pas choisi pour organiser la finale qui se tiendra à l’autre Olympiastadion allemand, celui de Munich. L’Allemagne de l’Ouest de Gerd Müller l’emporte 2-1 face aux Pays-Bas de Johan Cruyff.

En 2006, l’Allemagne réunifiée obtient la Coupe du Monde pour la première fois de son histoire. Tout comme le Signal Iduna Park, l’Olympiastadion est l’un des stades principaux. Entre 2000 et 2004, pour être à la hauteur, l’enceinte subit une rénovation sans précédent, avec des reconstructions totales sur certains secteurs (tribunes basses). Le nouveau toit recouvre toutes les tribunes du stade qui devient classé dans la catégorie des meilleurs stades par l’UEFA. L’Olympiastadion, doté de 72 000 sièges pour le tournoi accueille quatre matchs de poules, un quart de finale et la (triste) finale France – Italie (1-1, 4-5 t.a.b).

“La foudre” Bolt marque l’histoire à l’Olympiastadion

L’Olympiastadion est bien plus qu’un stade de football. Il organise des concerts de grande ampleur, mais aussi d’autres compétitions sportives et surtout d’athlétisme. Sa piste bleue est l’une des plus performantes du monde. En 2009, les championnats du monde se tiennent à Berlin. Usain Bolt réussit les courses les plus rapides de l’histoire sur 100m (9”58 !) et 200m (19”19) ! Il emporte aussi l’or en relais 4x100m pour obtenir sa troisième médaille d’or en autant d’épreuves.

Le Hertha BSC, hôte principal de l’Olympiastadion, plus pour longtemps ?

Le Hertha Berlin Sport-Club, plus grand club de la capitale joue dans l’enceinte depuis 1963. Toutefois, le Hertha souhaiterait évoluer dans une enceinte plus adaptée au football et à la réalité… Le club berlinois ne parvient pas à attirer plus de 50 000 spectateurs en moyenne. La première solution envisagée est une complète rénovation de l’Olympiastadion en supprimant la piste d’athlétisme et en diminuant la capacité, tout en rapprochant les tribunes du terrain. La deuxième solution est de construire un nouveau stade plus moderne, non loin de l’Olympiastadion. La piste d’athlétisme ne souhaitant pas être retirée par le Sénat, il se pourrait bien que le Hertha Berlin quitte le stade olympique pour une nouvelle arène, si le club possède un permis de construire et les liquidités suffisantes. Affaire à suivre.

Le MATCH : Finale de la Coupe du Monde 2006 : France – Italie (1-1, 4-5 t.a.b) : Un mythique dénouement à l’Olympiastadion

La France, sous-estimée à cause de sa moyenne d’âge élevée retrouve en finale l’Italie après avoir éliminé les espagnols, brésiliens et portugais ! La Squadra Azzura, avec un tableau plus favorable a sorti l’Australie, l’Ukraine et l’Allemagne, le tout sans encaisser le moindre but.

La fabuleuse panenka de Zizou

La finale débute bien. Les duels sont intenses et lorsque Malouda s’engouffre dans la profondeur, il est accroché par Materazzi dans la surface. L’arbitre désigne le point de pénalty. Zidane, le capitaine des Bleus, prend ses responsabilités. La légende du Réal ajuste Buffon d’un bijou de panenka convertie  l’aide de la barre transversale (1-0, 7ème). C’est le troisième but de Zizou dans cette CDM et le troisième but de sa carrière en finale de CDM. L’Italie veut refaire son retard et c’est Materazzi, fautif sur le pénalty concédé, qui place sa tête sur un corner de Pirlo. Barthez est battu (1-1, 19ème). Les italiens, très à l’aise sur coup de pied arrêté avec Pirlo, sont tout près de prendre l’avantage sur un nouveau corner. La tête de Toni heurte la barre et sort (1-1, 38ème). À la mi-temps, les équipes sont à égalité. Malgré un mauvais départ, la Nazionale est revenue et impose un rythme soutenu.

Vers les prolongations

La début de seconde période est fou. Les occasions s’enchaînent de part et d’autre. Toni se voit refuser un but pour une position de hors-jeu sur un énième caviar de Pirlo tandis que Buffon est à la parade face à Henry. Côté français, Vieira, qui semble s’être claqué est remplacé par Alou Diarra (56ème). La fin du temps règlementaire est plus calme. Les deux équipes vont disputer trente minutes supplémentaires, pour le plus grand plaisir des 69 000 spectateurs du soir.

(Source : fr.fifa.com)

Les Bleus sont à fond. Ribéry manque de peu le cadre après avoir transpercé la défense. Juste après c’est Zidane, suite à un centre parfait de Sagnol smashe sa tête. Buffon sort une claquette somptueuse (103ème, 1-1). À la 108ème minute, Materazzi se tord de douleur dans l’incompréhension totale. Personne ne semble avoir vu ce qu’il venait de se passer, particulièrement les arbitres. Un subtil visionnage d’un ralenti du quatrième arbitre dans le couloir du stade montre la faute grossière de Zidane. “Oh non pas ça Zinédine, pas aujourd’hui, pas maintenant après tout ce que tu as fait”. Les brillants commentaires à chaud de Gilardi sont sans équivoque. Zidane quitte les terrains de football d’une triste manière. Le match n’est pour autant pas fini. La fin de partie en supériorité numérique ne profite pas à la Nazionale. Les tirs-au-but scelleront le sort de la rencontre.

L’Italie au bout de la nuit

Les italiens commencent la séance. Pirlo transforme son pénalty, Wiltord lui répond (1-1). Materazzi, trouve les filets pour la deuxième fois de la partie. Trezeguet frappe en force et trouve la barre transversale (2-1). Les tirs-au-but qui suivent sont réussis par De Rossi, Abidal, De Rossi et Sagnol. La balle de match est pour Grosso. Il prend Barthez à contrepied et offre à l’Italie sa quatrième CDM. La lucidité des italiens aura fait la différence.

L’Italie du capitaine Cannavaro n’a encaissé que deux buts dans toute la compétition (Source : fr.fifa.com)

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