[TOUR DES STADES] Groupama Stadium : un stade pas comme les autres

Le Groupama Stadium a été inauguré sous le nom du "Parc OL", ou encore "Stade des Lumières". Il porte bien son nom... (source : Le Progrès)

Nous poursuivons notre tour d’Europe des stades en France du côté du « Grand stade » de Décines-Charpieu dans l’agglomération lyonnaise. Renommé Groupama Stadium à l’été 2017, ce stade “nouvelle génération” a été conçu pour accueillir de grands événements, tant sportifs que culturels. Inauguré en 2016, il présente une particularité rare dans l’hexagone : il appartient à son club, l’Olympique Lyonnais. Saison 2, Episode 2.

Une genèse impulsée par l’Euro 2016

Dès 2007 et certainement avant dans les têtes des dirigeants lyonnais, est apparue l’idée de construire un nouveau stade, plus moderne, plus grand, plus fou que Gerland. L’OL, durant une longue période de tractations, a pu compter sur l’appui précieux de la Fédération Française de Football (FFF) souhaitant faire du futur « Stade des Lumières », un atout majeur de la candidature pour l’organisation de l’Euro 2016. Fin 2012, le chantier a pu commencer et même s’accélérer grâce à l’Etat, craignant que les travaux ne s’achèvent pas à temps pour la compétition. Le troisième plus grand stade de France par la capacité est baptisé le samedi 9 janvier 2016, lors de la rencontre de Ligue 1 OL-ESTAC, remportée 4-1 par les Gones. L’histoire retiendra qu’Alexandre Lacazette, perle du centre de formation née à Lyon, a inscrit le premier but de l’histoire de ce bijou de 59 186 places.

« LE » stade de l’Euro

Le Parc OL est donc l’un des trois nouveaux stades érigés pour recevoir la compétition, avec le Matmut Atlantique de Bordeaux et l’Allianz Riviera de Nice. Il est aussi le plus grand des trois et celui choisi pour organiser quatre matches de poules (dont Belgique-Italie, 0-2 et le sublime Hongrie-Portugal, 3-3), un huitième de finale (France-Irlande, 2-1) et la demi-finale Portugal-Pays de Galles (2-0). Le stade a même été élu « plus beau stade de l’Euro 2016 » : une réussite totale.

Posséder son stade… Un tour de magie pour entrer dans la cour des grands ?

Contrairement à nos voisins du championnat anglais, dans lequel presque chaque club possède son stade, aucune équipe de l’élite française ne joue à domicile chez lui… En effet, c’est le plus souvent la ville du club résident qui possède l’enceinte, comme c’était le cas du stade de Gerland auparavant. L’OL louait alors son terrain de jeu comme le fait actuellement l’OM avec l’Orange Vélodrome ou le FC Nantes avec la Beaujoire.
Aucune équipe en Ligue 1, sauf l’OL désormais ! Pour faire naître sa propre arène, l’OL a quasi exclusivement eu recours à des investissements privés et a dû se serrer la ceinture en ne réinjectant pas toutes les recettes engrangées sur le marché des transferts. Un investissement sur le long terme motivé par les très hautes ambitions affichées par Jean-Michel Aulas : « il y a une corrélation directe entre le fait d’être propriétaire et le fait d’être dans les 15 premiers du classement à l’indice UEFA. On a bâti un plan sur dix ans qui va nous faire passer progressivement de 20 millions d’euros par an de revenus supplémentaires à 80 millions d’euros » (France Football, novembre 2014). Deux ans après l’inauguration, l’OL Groupe a enregistré des recettes record sur les deux derniers exercice, principalement grâce à son stade, et affiche des résultats au niveau espéré. De quoi laisser présager un avenir radieux dans la capitale des Gaules ? Une chose est sûre, si le Groupama Stadium est attractif, il faudra que l’historique président trouve des arguments supplémentaires pour conserver les jeunes pépites du club et ainsi espérer (re)devenir une grande équipe.

Aulas est fier de son stade (source : maxppp)

Une enceinte visible et attrayante sur la scène européenne

Le Winter Game au Parc OL, le 30 décembre 2016 (source : Le Progrès)

A l’image des jeunes stades, il a été conçu pour être un maximum rentable et multifonction. Ainsi, en moins de deux ans, il a déjà accueilli de nombreux événements sportifs et culturels, en plus du championnat de France, de la Ligue des Champions et de la Ligue Europa avec l’équipe aux couleurs rouge et bleu. Il organise notamment les concerts de Rihanna, Céline Dion, Coldplay, Bruno Mars ou encore bientôt Ed Sheeran. Et depuis sa création, il a accueilli les finales de la Champions Cup et du Challenge Européen de Rugby puis l’Euro 2016, le Winter Game (hockey sur glace), la première finale de Coupe de la Ligue en province, la rencontre France-All Blacks et les demi-finales du Top 14 en rugby. Et la finale de la Ligue Europa 2018 ! L’OM s’est inclinée contre l’Atlético Madrid (défaite 2-0, doublé de Griezmann), dégradant au passage les infrastructures du rival olympien… Mais qu’importe, le futur s’annonce tout aussi garni et passionnant. Sont déjà prévues en 2019, la coupe du monde de football féminine (match d’ouverture et finale) et en 2024, des rencontres de football des JO. Rien que ça !

Une architecture moderne fidèle au sport spectacle

Brillant la nuit, un peu pâle couleur béton de l’extérieur de jour, le stade est sans aucun doute remarquablement conçu de l’intérieur. Confié aux architectes du groupe Populous et particulièrement à la team de Gary Reeves, l’enceinte poursuit l’inspiration anglo-saxonne et des stades modernes : tribunes proches du terrain, angles fermés, parfaite acoustique, stade connecté… et une ambiance rare en France dont se félicite le président lyonnais aux micros d’Eurosport en janvier dernier : « nous avons largement dépassé nos voisins de Saint-Etienne en termes d’ambiance ». A peine chambreur !

De nuit, le “stade des Lumières” porte bien son nom

Le Naming « Groupama », une source de revenu indispensable ?

Aulas a cédé au Naming pour faire du Parc OL le Groupama Stadium (source : le Progrès)

Après deux ans d’appels d’offres pour le naming de son stade, OL Groupe et Groupama ont trouvé un accord. A la clé, un contrat (renouvelable) de 3 ans pour un total de 18 millions d’euros garantis dans les caisses du club. Une continuité pour le groupe rhodanien qui en octobre 2016 avait déjà adjugé à l’assureur français le nom de son tout nouveau centre d’entraînement, le Groupama OL Training Center. Pour pouvoir rester voire remonter aussi bien en championnat que sur la scène européenne, les gones ne peuvent se permettre de ne pas se soumettre au naming, source de revenu de nombreux concurrents. Un choix purement financier qu’un club en pleine croissance ne peut refuser, même si les fans l’ont décrié. De quoi aider à passer du statut de club avec un grand stade au statut de grand club avec un grand stade.

Nouvelles infrastructures et jeux de lumières

Avec un stade excentré en périphérie lyonnaise, l’OL espère d’ici peu faire des environs un véritable lieu de vie où tout supporter peut venir faire des achats, se divertir sportivement en famille ou entre amis et même se loger à l’hôtel. Les constructions ont bien avancé et le complexe est un nouvel avantage pour le Groupama Stadium. Côté terrain, c’est un show lumineux qui fait son apparition les soirs de match depuis OL – Dijon le 23 septembre dernier. L’enceinte est désormais dotée d’un éclairage scénique flambant neuf avec plus de 300 projecteurs LED pour créer une atmosphère lunaire. Un atout supplémentaire indéniable et une raison de plus de le surnommer Stade des Lumières.

LE MATCH : France – Irlande (2-1), Euro 2016 : Les Bleus ont eu chaud

La France, sortie leader du groupe A sans trop convaincre affronte en huitièmes de finale l’Irlande, troisième du groupe E, se qualifiant in extremis en battant l’Italie à la troisième rencontre. Le Parc OL assiste donc en ce dimanche 26 juin au premier round du tableau final de l’Euro, où une défaite des Bleus serait synonyme d’élimination directe. C’est aussi le tout premier match de l’Equipe de France au Grand Stade de Décines.

Et ça démarre mal pour les Bleus ! Tout juste une minute de jeu au chronomètre et l’Eire obtient un pénalty suite à une faute de Pogba sur Long dans la surface, consécutive d’un mauvais renvoi de la défense. Brady le transforme avec l’aide du montant gauche de Lloris, 1-0 (2ème minute). C’est la stupeur côté français, l’Irlande mène et la France reste peu dangereuse pendant le premier acte : 1-0 à la mi-temps. Il reste 45 minutes aux français pour renverser des « Boys in Green » solides en défense et poursuivre la compétition.
De retour des vestiaires, la France conserve davantage le ballon et s’installe dans la moitié de terrain adverse. Deschamps lance Coman à la place de Kanté et réorganise son attaque. A la 58ème minute, le coup de tête rageur de Griezmann, après un centre ajusté de Sagna, fait mouche : 1-1. Les supporters français, en feu, donnent tout. La France est inarrêtable. Trois minutes plus tard, Griezmann signe un doublé et donne l’avantage aux Bleus après une magnifique remise de la tête de Giroud : 2-1. A la 67ème minute, l’Irlande acculée se retrouve à 10. Duffy auteur d’un tacle assassin sur Griezmann, encore lui, écope d’un carton rouge. La France dominatrice ne fait pas le break, malgré des bonnes occasions de Gignac en fin de rencontre. Le public aux couleurs bleu blanc rouge du Parc OL exulte : la France rejoint les quarts de finale et prend la direction du Stade de France pour affronter l’Islande.

Ca aura chauffé à Lyon pour les Bleus à l’Euro 2016… (source : L’équipe)

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