[TOUR DES STADES] Anfield, le plus mythique stade d’Europe

Photo : Anfield est le stade de toujours des Reds de Liverpool FC (source : liverpoolfc.com)

Direction l’Angleterre pour la suite du tour d’Europe des stades. Nous rejoignons Liverpool sur les bords de la Mersey à la rencontre du stade le plus mythique du continent : Anfield. Véritable lieu de culte du football anglais, il caractérise tout ce qu’un passionné du ballon rond peut admirer : traditions anglaises, histoires de légende, ambiance bouillonnante, football total et l’écho de You’ll Never Walk Alone. Saison 2, Episode 3.

 

Antre d’Everton à ses débuts

Si Anfield est connu pour être l’hôte du club de Liverpool FC, c’est bel et bien Everton, l’autre équipe de la ville, qui a marqué l’enceinte au 19ème siècle. En effet, à partir de 1884, année d’inauguration du stade, le club aux couleurs bleue et blanche a pris possession des lieux. C’est en 1891 qu’Everton décide de quitter Anfield pour le nouveau Goodison Park à cause de l’augmentation du prix de la location du stade, n’ayant pas plu aux Toffees. Dès l’année 1892, Le club de Liverpool FC est fondé et s’installe dans le quartier d’Anfield Road.

Des tribunes légendaires dont le KOP

Quatre tribunes distinctes composent Anfield : The Spion Kop (ou The Kop), The Centenary Stand, Anfield Road End et Main Stand.

Spion Kop est certainement la plus connue. Fondée en 1906 suite au deuxième titre en Premier League des Reds, elle pouvait contenir pas moins de 25 000 personnes derrière le but. En raison du désastre de Hillsborough (grosse bousculade en tribunes faisant 96 victimes à Sheffield), toute structure de ce type a dû être modifiée. En 1994, la capacité de la tribune passe à 12 049 places. Et si elle est célèbre, c’est qu’elle a donné son nom à tous les « kops » de supporters que vous connaissez. Le nom « Spion Kop » provient d’une colline sud-africaine où des soldats anglais, dont la plupart provenaient de Liverpool, ont péri au début du XXème siècle. Un sacré hommage qui est resté ici à Liverpool et dans le monde entier sous le nom de « kop ».

Spion Kop

Centenary Stand est donc la tribune du centenaire. Si le club a été créé en 1892, la tribune latérale a été renommée ainsi en 1992 à cette occasion. Elle peut contenir 11 762 spectateurs répartis sur deux étages et accueille loges et salons. En face du Kop se tient Anfield Road End. Elle reçoit notamment des supporters visiteurs dans la partie basse du virage. Enfin, Main Stand est la plus volumineuse et ancienne tribune (presque 21 000 sièges). C’est celle-ci qui a été rénovée récemment, ajoutant 8 500 sièges grâce à un troisième étage.

Quatre tribunes toujours bondées que l’on surnomme communément les jours de match « 12ème homme » tant l’ambiance est folle.

“You’ll never walk alone”

Un chant de supporter ? Non, pas simplement ! Lorsqu’Anfield le crie comme un seul homme a capella, ça vous prend aux tripes à vous en donner des frissons. Avouez, rien que pour ces deux minutes à scander « You’ll never walk alone » vous traverseriez l’Europe.

D’où vient ce mythe ? L’hymne du peuple rouge est originaire d’outre Atlantique. C’est le groupe de rock britannique, originaire de Liverpool, Gerry and the Pacemakers qui a repris la célèbre tube américain en 1963. A cette époque, avant chaque match, Anfield chantonnait les grands tubes du moment et celui-ci, très longtemps numéro un des ventes, a été adopté par les fans des Reds.

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You’ll Never Walk Alone est
devenu un emblème du club, comme le montre
sa présence sur l’écusson

Départ à Stanley Park : pas question !

En 2007, Liverpool a bien failli voir ses actionnaires américains tourner la page Anfield… Le plan : construire un stade tout neuf 60 000 à 70 000 places dans le fameux Stanley Park de 45 hectares. L’hypothèse d’un départ est presque devenue une certitude, le permis de construire ayant été autorisé. Evidemment, les fortes réticences des fans des Reds ont pesé lourd et ont inversé la tendance. Les dirigeants ont rapidement revu leurs plans et se sont rabattus sur une des premières idées : rénover petit-à-petit les tribunes vieillissantes, à commencer par Main Stand. Le stade contenant au début des années 2010 seulement 45 000 places s’est vu s’agrandir à hauteur de 54 074 pour la saison 2016-2017. Un projet de rénovation des autres tribunes ainsi que l’ajout d’un troisième niveau sur la Centenary Stand pourrait pousser la capacité plus près des 60 000 places. On ne se débarrasse pas comme ça du stade le plus emblématique d’Angleterre.

Le stade en 2016 après la rénovation (source : liverpoolfc.com)

LE MATCH : Demi-finale de l’Europa League 2015-2016, Liverpool FC – Borussia Dortmund (4-3) : Un scénario titanesque

Nous sommes le 14 avril 2016 à Anfield, à l’occasion de la demi-finale retour entre le LFC et le BVB, en Europa League. Le match aller s’était soldé par un match nul 1-1, Hummels répondant à un but d’Origi. Les deux équipes n’ont pas vraiment le choix, il faudra gagner à Anfield.

Tout commence sur les chapeaux de roues pour les visiteurs. Sur un premier contre mené à 100 à l’heure par Mkhitaryan et Kagawa, Castro pique son ballon vers Aubameyang. La reprise du gabonais est repoussée par Mignolet vers Mkhitaryan qui marque de près : 0-1 (5ème). Moins de cinq minutes plus tard, Reus récupère la balle dans son camp et dribble trois joueurs avant de servir un caviar pour Aubameyang dans le dos de la défense. L’attaquant résiste au retour de Sakho et allume Mignolet sous la barre : 0-2 (9ème). C’est la stupeur à Anfield, Liverpool n’y est pas du tout et le BVB est ultra-réaliste. Qualifiés à 0-0 au coup d’envoi, les Reds doivent au bout de 10 minutes de jeu marquer par trois fois afin de disputer la finale… Le score n’évolue plus avant la mi-temps malgré les premières occasions de Liverpool et la grosse activité de Milner au milieu.

Au retour des vestiaires, Liverpool réagit. Origi, l’ex-lillois, lancé plein axe par Çan après un bon mouvement collectif, glisse un pointu sous Weidenfeller : 1-2 (48ème). La joie est de courte durée pour les supporters des Reds. Dix minutes plus tard, Reus parfaitement servi par Hummels sur la gauche fixe Mignolet et ajuste un plat du pied droit dans le petit filet opposé : 1-3 (57ème). Le stade est sans voix. En moins de 30 minutes, il faudra faire trembler les filets de nouveau par trois fois pour les Reds. Klopp organise le coaching et lance Sturridge et Allen, à la place de Firmino et Lallana. Mais c’est le brésilien Coutinho, très en jambe, qui lance la révolte de fort belle manière. Après un une-deux avec Milner, il décoche un tir puissant à ras de terre. Weidenfeller est battu et Anfield peut de nouveau y croire : 2-3 (66ème). Liverpool pousse. Sur un énième corner, frappé rentrant par Coutinho, le ballon rebondit et Sakho surgit au cœur de la surface pour smasher sa tête : 3-3 (78ème) ! Les Reds, poussés par tout un stade, semblent avoir les ressources physiques pour marquer ce quatrième but synonyme de qualification. Portés par Milner, présent aux quatre coins du terrain, les Reds enchaînent les longs ballons vers la surface du Borussia. Sur un coup franc lointain, Milner, encore lui, s’appuie à droite sur Sturridge qui manque son contrôle. Il parvient tout de même à trouver… Milner lancé dans la surface. Le capitaine centre au-dessus du gardien vers le second poteau et trouve la tête de Lovren qui conclut en force : 4-3 (90ème +1) ! Un dernier coup-franc bien placé de Gündogan frôle le montant de Mignolet. C’est fini ! Liverpool rejoint la finale après le plus beau retournement de situation jamais vu à Anfield.

Les deux défenseurs centraux des Reds sont les héros du soir (source : AFP / Oli Scarff)

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