Euro 2019 : 21 ans après, les Bleus en reconquête à domicile (1/9)

Simon Gauzy (à g.) et Emmanuel Lebesson (à d.) seront les leaders de l'équipe de France à Nantes. (AFP/ Attila Kisbenedek).

Du 3 au 8 septembre prochains, le monde de la petite balle blanche aura les yeux braqués sur Nantes, où 24 pays se disputeront le titre de champion d’Europe par équipes de tennis de table. Peu mise en avant et peu diffusée à une large audience en France, cette discipline olympique (il est bon de le rappeler) est certainement celle qui demande, au paroxysme de l’effort, une totale coordination entre physique, technique, mental et tactique. A l’aube de cette 38ème édition des « Europe », Agora Sports vous présente les favoris pour la médaille d’or, dans les tableaux masculin et féminin. Dans ce premier numéro, présentation de l’Equipe de France masculine.

Trois ans après le doublé historique aux championnats d’Europe de Budapest, la France du ping attend l’Euro 2019 avec impatience. Mettant fin à l’hégémonie allemande, la victoire d’Emmanuel Lebesson sur Simon Gauzy en 2016 avait laissé les suiveurs du circuit international pantois tant les Tricolores avaient impressionné par leur niveau de jeu. Cette génération dorée, la première depuis celle des Jean-Philippe Gatien, champion du monde 1993, et Patrick Chila, actuel sélectionneur des Bleus, va-t-elle concrétiser les espoirs de médailles qu’elle suscite depuis les catégories de jeunes ?

L’Equipe de France, une sélection jeune et homogène

Pour la première fois depuis 1988, la France accueille le gratin du ping européen. Devant son public, la sélection tricolore alignera donc ses meilleurs éléments pour contrecarrer les plans de l’Allemagne, lauréate de sept des dix dernières éditions. Simon Gauzy, Emmanuel Lebesson, Can Akkuzu et Tristan Flore (soit les quatre Français les mieux classés) constitueront ainsi un obstacle de poids pour la Mannschaft. Avec une moyenne d’âge de 25 ans, les Bleus possèdent une génération qui a de l’avenir et qui sera de ce fait candidate à quelques breloques lors des prochains rendez-vous internationaux.

Tristan Flore représente la jeune garde de l’Equipe de France de tennis de table. (AFP/Toru Yamanaka).

Emmenée par le très expérimenté sélectionneur Patrick Chila, l’Equipe de France a ainsi l’un des meilleurs collectifs en Europe. Les quatre convoqués par l’ancien médaillé de bronze des Jeux de Sydney en double (avec Gatien) ont un point commun : ils ont tous été champions de France.

Le champion de France Can Akkuzu (fftt.com)

Gauzy, 24 ans, vainqueur en 2013, sort d’un quart de finale aux Mondiaux avec une victoire sur le n°2 Xu Xin. Lebesson, champion en 2009 et 2017, avait terrassé un à un ses adversaires sur la route le menant vers le plus beau titre de sa carrière en 2016, grâce à un jeu résolument offensif et plein d’audace. Tristan Flore a connu un début de carrière flamboyant en devenant champion de France à seulement 17 ans en 2012, premier junior à s’imposer chez les adultes depuis 1966. Quant à Can Akkuzu (prononcez « Djanne »), il s’est imposé chez les grands cette année et a découvert les Mondiaux en avril dernier.

Le joueur-clé : Simon Gauzy, la star tant attendue

Le n°1 français voudra surfer sur la vague de ses Mondiaux réussis. (Rémy Gros/FFTT).

La star que tout le monde voudra voir à Nantes, c’est lui. Simon Gauzy a tout pour performer lors de ce rendez-vous avec l’Europe. Bénéficiant d’une palette de coups très large, puissant tant en coup droit qu’en revers, il est l’un des seuls joueurs au monde à faire la virgule, en retour de service. Ce geste, extrêmement difficile à réaliser, permet de mettre un effet lifté et un gros effet latéral à la balle dès que celle-ci touche la table. Peu académique, il reste néanmoins très spectaculaire et agaçant pour l’adversaire.

Outre cette maîtrise technique, le n°1 français est revenu plus fort physiquement en cette saison 2019. Rongé par les blessures, l’ancien n°8 mondial a ainsi fait son retour parmi les vingt premiers du classement ITTF après son formidable parcours aux championnats du monde où il avait atteint les quarts de finale. Premier Tricolore à atteindre pareil stade de la compétition depuis près de vingt ans, il sera donc le fer de lance des Bleus pour conquérir le titre de champion d’Europe à la maison.

L’objectif : un premier podium depuis 2015

Emmanuel Lebesson lèvera-t-il à nouveau les bras comme en 2016 lors de son titre en simple aux championnats d’Europe de Budapest ? (AFP/Attila Kisbenedek).

Grâce son statut de tête de série n°3, l’Equipe de France peut légitimement viser le dernier carré. Si la liste des outsiders est longue (Autriche, Angleterre, Portugal), c’est bien que la densité du ping sur le Vieux Continent se renforce. Difficile de viser plus haut que le bronze pour les Bleus tant l’Allemagne de Timo Boll, tenante du titre, et la Suède du vice-champion du monde en titre Mattias Falck semblent être les mieux armées pour se disputer le titre le dimanche après-midi.

Mais l’heure n’est pas aux prononstics pour Emmanuel Lebesson qui reste mesuré : « L’objectif sera d’abord de sortir d’une poule assez homogène pour atteindre les quarts de finale ». Les Slovaques et les Espagnols, adversaires de la France au premier tour, sont donc prévenus. Au pays des petits beurres, la bande à Gauzy se tient prête à croquer sa première breloque par équipes depuis 2015…

Calendrier du groupe de l’Equipe de France (groupe C) :

03/09, 10 h : Slovaquie-Espagne

04/09, 19 h : France-Espagne

05/09, 19 h : France-Slovaquie

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