Euro 2019 : L’Allemagne et la Roumanie conservent leur titre, le Portugal raflent deux médailles, les Bleus en bronze (9/9)

Auréolés d'un nouveau titre européen, Ruwen Filus, Benedikt Duda, Patrick Franziska, Jörg Rosskopf (entraîneur) et Dimitrij Ovtcharov (de g. à d.) étaient ravis de leur semaine nantaise. (photo: Constantin Kauffmann).

Au terme d’une semaine où le gratin du ping européen était réuni à Nantes, les favoris n’ont pas manqué de faire respecter la hiérarchie. Les Allemands et les Roumaines repartent avec l’or autour du cou tandis que l’argent a fait le bonheur des Portugais (messieurs et dames), inattendus à ce stade de la compétition. Côté français, les garçons ont enchaîné avec un troisième podium consécutif. Neuvième et dernier épisode, le bilan de ces 35èmes championnats d’Europe par équipes.

On prend les mêmes et on recommence. Il y a deux ans déjà, la Roumanie chez les dames et l’Allemagne chez les hommes régnaient sur l’Europe du ping. Désormais doubles tenantes du titre, les deux nations fortes du tennis de table sur le Vieux Continent s’affirment de plus en plus comme deux mastodontes indéboulonnables

Les Allemands sans concurrence

Lorsque la sélection allemande a été dévoilée quelques jours avant le rendez-vous nantais, peu de monde voyait une équipe capable de contrecarrer les plans de la Mannschaft. Avec trois joueurs du top 15 mondial, rares ont été les spectateurs sceptiques quant au niveau de jeu affiché par Timo Boll, Dimitrij Ovtcharov et Patrick Franziska. Dominateurs tout au long de la compétition, les joueurs d’outre-Rhin ont conquis leur huitième couronne continentale sans perdre le moindre match.

Vainqueurs de toutes leurs rencontres sur le score de 3 points à 0, ils n’ont jamais donné l’impression de trembler, même avec un public totalement acquis à la cause de leurs adversaires en demi-finale. Face aux Bleus, ils ont parfaitement fait abstraction de l’ambiance de Coupe Davis qui enflammait la salle de la Trocardière. Pleins de maîtrise et de sang-froid, les joueurs de l’entraîneur Jörg Rosskopf n’avaient pas de rivaux à leur taille. Malgré les intermèdes portugais (2014) et autrichien (2015), l’Allemagne est désormais octuple championne d’Europe sur les dix dernières éditions. Mastodonte, on vous dit.

Parcours complet de l’Allemagne

1er match de poule : Allemagne 3-0 République Tchèque

2ème match de poule : Allemagne 3-0 Russie

Quart de finale : Allemagne 3-0 Slovénie

Demi-finale : Allemagne 3-0 France

Finale : Allemagne 3-0 Portugal

Le n°1 allemand Timo Boll, ici au service, a conquis son dix-huitième titre européen toutes compétitions confondues. (photo: Constantin Kauffmann).

Les Roumaines réalisent aussi un sans-faute

Elles avaient créé la surprise à Luxembourg en 2017 en battant l’Allemagne à l’issue d’une finale disputée (victoire 3-2). Cette année, les Roumaines étaient les grandes favorites à leur propre succession. Têtes de série n°1, elles ont bâti le cinquième succès continental de leur histoire grâce aux performances de Bernadette Szocs et Elizabeta Samara, invaincues tout au long de la compétition. Seule Daniela Monteiro Dodean a lâché un match en dem-finale contre la Pologne.

En dominant le Portugal en finale sur le score de 3 points à 0, les Roumaines confortent ainsi leur place de première nation européenne. Bénéficiant de l’élimination de l’Allemagne par les Lusitaniennes en quart, elles ont montré leur régularité dans les grands rendez-vous continentaux. Les prochains championnats d’Europe par équipes, chez elles, à Cluj, seront l’occasion de faire la passe de trois pour le trio gagnant Szocs-Samara-Dodean.

Parcours complet de la Roumanie

1er match de poule : Roumanie 3-0 Slovaquie

2ème match de poule : Roumanie 3-0 Espagne

Quart de finale : Roumanie 3-0 France

Demi-finale : Roumanie 3-1 Pologne

Finale : Roumanie 3-0 Portugal

Bernadette Szocs a terminé les championnats d’Europe invaincue en cinq matches. (photo: Constantin Kauffmann).
Elizabeta Samara et Bernadette Szocs (au centre le poing levé) ainsi que Daniela Monteiro Dodean (avec le drapeau roumain) ont conquis leur deuxième titre européen consécutif. (photo: Constantin Kauffmann).

La double surprise portugaise

On ne les attendait pas à pareil fête. Portugaises et Portugais sont les grandes surprises de cet Euro avec deux médailles d’argent glanées au prix d’exploits extraordinaires. Les dames, d’abord, sont passées tout près de la sortie en quart de finale face aux Allemandes. Menée deux sets à zéro par la 21ème joueuse mondiale, Petrissa Solja, lors du match décisif, la Lusitanienne d’origine chinoise Shao Jieni a renversé la vapeur pour offrir à son pays d’adoption une première médaille européenne. Restait à savoir de quel métal elle serait faite. Après une demie globalement aboutie contre la Hongrie (victoire 3-1), elles ont rallié la finale pour défier la Roumanie. Sans démériter, elles repartent avec une breloque, faisant d’elles les nouvelles vice-championnes d’Europe.

Après les Portugaises, ce sont leurs compatriotes masculins qui sont allés investir la deuxième marche du podium. Car malgré la grosse domination des Allemands face aux coéquipiers de Marcos Freitas, le récit de leur exploit s’est déroulé en demi-finale contre la Suède. Médaillée de bronze des derniers Mondiaux par équipes, elle partait logiquement favorite avec le vice-champion du monde, Mattias Falck, dans ses rangs. Au terme d’une rencontre d’un très haut-niveau, le Portugal s’est finalement imposé 3 points à 2, dont deux victoires de Freitas et Tiago Apolonia sur le leader suédois. Les champions d’Europe 2014 retrouvent la médaille d’argent glanée il y a deux ans déjà. Mais celle-ci semble encore plus belle.

Le Portugais Tiago Apolonia, ici au service, a marqué deux points précieux face à la Suède en demie pour permettre à son équipe de rallier la finale. (photo: Constantin Kauffmann).

Des Bleus à leur place

Attendue comme une alternative à la domination allemande, l’équipe de France masculine a rempli l’objectif. Une troisième médaille de bronze européenne en trois éditions et là voilà désormais comme l’une des nations les plus régulières au niveau continental. Simon Gauzy et sa bande ont toutefois semblé trop tendres pour pouvoir prétendre bousculer la grande Allemagne et ses deux anciens n°1 mondiaux.

Can Akkuzu, au service, a remis les Bleus sur les bons rails en quart de finale contre le Polonais Jan Kubik. (photo: Constantin Kauffmann).

Soutenus par un public totalement acquis à leur cause tout au long de la compétition (près de 3200 spectateurs pour la demi-finale France-Allemagne), les Bleus ont néanmoins failli passer à la trappe dès les quarts face à la Pologne. Surpris d’entrée de jeu par de séduisants Polonais, les Français, menés deux points à zéro, ont su faire basculer la rencontre de leur côté en haussant leur niveau et retrouver le dernier carré.

La difficulté entrevue en quart de finale s’est transformée en énorme faille face à l’Allemagne. Après les victoires de Timo Boll sur Simon Gauzy et de Dimitrij Ovtcharov, Patrick Franziska a éliminé les Bleus en battant Can Akkuzu en quatre sets. Les Tricolores sont finalement à leur place, bien installés dans le top 4 européen.

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