EuroVolley 2019 : la France sur orbite

Ngapeth sert le point, les Bleus sont "on fire" (en feu). CP : CEV Euro Volley 2019

Les Bleus ont pulvérisé l’Italie lors du quart de finale de l’Euro, 3 sets à 0. Dans une salle nantaise en fusion, la France a pratiqué son meilleur volley. Celui qui l’avait emmené jusqu’au sommet de la Ligue mondiale en 2017. Cette fois-ci, cela pourrait bien les porter jusqu’au titre européen.

Une force collective inébranlable

Une équipe qui joue comme un seul homme. Voilà comment l’on pourrait qualifier la France. Des joueurs qui se soutiennent les uns les autres : tant que le ballon n’est pas au sol, ils donneront corps et âme pour continuer à le faire vivre. C’est ce qu’a fait Kevin Tillie et qui l’a forcé à rejoindre le banc prématurément, touché à la cuisse droite après un énième sauvetage acrobatique. Et s’il y en a bien un qui représente à merveille cette solidarité collective, c’est bien Jenia Grebennikov. Le meilleur libéro du monde a encore prouvé qu’il n’était pas prêt de se faire détrôner. Sa présence est une des clés de la confiance des Bleus. Dès qu’il le peut, il se met en soutien de celui qui attaque, au cas où il se ferait contrer par le bloc. Imaginez-vous attaquer le ballon avec le meilleur libéro en soutien, vous ne pouvez que réussir !

L’autre force des Bleus est leur capacité à dépasser leur fonction, à l’image de Ngapeth qui s’est mué plusieurs fois en passeur pour ses camardes, et notamment Julien Lyneel dans le dernier set. Normal pour des joueurs qui se mettent sans cesse au service de leurs coéquipiers. Et même quand ils font des erreurs (et oui ça leurs arrive parfois), il y en a toujours un pour rassurer les autres et calmer le jeu. Contrairement aux Italiens, qui ont montré plusieurs fois des signes d’agacement.

Niveau statistiques, les Bleus sont au coude à coude avec les champions du monde polonais : 22 sets joués, 41 aces, une efficacité de réception de 29% (meilleur ratio parmi les équipes du dernier carré) et une efficacité d’attaque de 41%.

Des individualités à leur meilleur niveau

Dans ce match d’un niveau exceptionnel, la performance individuelle s’efface un peu face au travail réalisé collectivement. Pourtant, lors de ce match contre l’Italie, certains joueurs ont eu un rôle essentiel pour porter à eux seuls cette équipe de France. Et comment ne pas commencer par parler de celui qui a détruit la réception italienne, Stephen Boyer. Le joueur de Chaumont a inscrit hier un total de 25 points dont 9 aces ! Dans le troisième set, il a notamment réalisé une incroyable série de 6 aces consécutifs en visant continuellement le récepteur italien Juantorena qui a passé une très mauvaise soirée hier (35% de réussite en réception). Dans le jeu, Stephen Boyer a aussi pesé en inscrivant 16 points. Il a été mis sur orbite surtout durant le premier set où il a très peu manqué d’attaque.

CP: Loic Venance / AFP

Comme dans chaque grande équipe, il y a plusieurs joueurs qui brillent en même temps. Et celui qui a l’habitude de briller depuis quelques années déjà, c’est Earvin Ngapeth. Malgré une blessure qui lui a fait manqué les trois premiers matchs de l’Euro, il est revenu avec le niveau qu’on lui connait. Et hier, dans les moments chauds et décisifs, c’est sur lui que le jeu a été orienté et avec succès. Il a inscrit 13 points dont 2 aces. Avec Boyer et Ngapeth, l’équipe de France a suffisamment de bras armés pour asséner quelques coups de fusil à la défense serbe vendredi.

Mais elle a aussi besoin d’avoir des hommes pour recevoir les balles adverses et hier soir, la défense a été aussi au rendez-vous notamment avec la doublette Kevin Tillie – Julien Lyneel. Tillie a commencé le match et Lyneel l’a remplacé lorsque le fils de l’entraîneur, Laurent Tillie, s’est plaint d’une douleur à la cuisse. Le travail réalisé par les deux hommes au filet a été impressionnant et a fait déjoué le joueur italien Zaytsev, totalement hors du coup hier soir. Aussi bien au bloc que pour savoir pousser le ballon dans les mains du contre italien, les deux hommes ont été tour à tour la première muraille de l’équipe de France. Ils comptabilisent la moitié des blocs français.

Un parcours sans faute

Leur parcours a débuté par un 3 – 0 face à la Roumanie (25-19 ; 25-14 ; 25-16). Même sentence face à la Grèce (14-25 ; 18-25 ; 24-26), au Portugal (11-25 ; 20-25 ; 23-25) et enfin contre la Bulgarie (25-19 ; 25-21 ; 25-14). Seule l’Italie arrive à leur prendre un set durant les phases de groupes (25-22 ; 22-25 ; 25-21 ; 25-22). Arrivés en 8e de finale, les Bleus ne baissent pas de régime, et plantent un 3 sets à 0 face à la Finlande (25-16 ; 25-23 ; 25-21). Alors que l’on s’attendait à un match beaucoup plus serré pour leur deuxième confrontation contre l’Italie, les Bleus ne laissent de nouveau pas une miette à l’adversaire, malgré un deuxième set disputé (25-16 ; 27-25 ; 25-14).

Les Serbes hier avant leur match contre l’Ukraine à Anvers
CP: CEV

Les Serbes, dernière marche avant la finale

Dans l’autre quart de finale disputé hier soir, les Serbes se sont difficilement défaits de l’équipe ukrainienne puisqu’il a fallu aller jusqu’au tie-break pour départager les deux équipes. Médaille de bronze lors du dernier championnat d’Europe, la Serbie est une habituée des podiums européens et mondiaux depuis quelques années. Comme la France, elle est invaincue jusqu’à présent et a notamment battu l’Allemagne en phase de poules. La star de cette équipe est Aleksandar Atanasijevic, joueur de 28 ans évoluant à Pérouse en Italie. Il tourne à 13.4 points de moyenne depuis le début de la compétition et sera donc le principal danger de l’équiper serbe. Rendez-vous donc vendredi soir à 20h45 pour une nouvelle dose de folie et, on l’espère, de victoire avec les Bleus du volley !

Aurore Dessaigne & Julien Cokelaer

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