EuroVolley 2019 : un bras de fer époustouflant

Victoire Serbe dans un match à haute tension. CP : facebook Eurovolley 2019

Les Bleus ont dit en revoir à leur rêve de finale vendredi soir à Bercy. Au terme d’un match suffoquant, l’équipe de Laurent Tillie s’est inclinée 3 sets à 2. La Serbie a pris le meilleur sur la France, qui aurait pu très bien remporter le match tellement ce fut serré. Les Français ont craqué dans le tie break. Retour sur ce très grand match de volley.

Un premier set disputé mais maîtrisé

Dès le début du match, le décor est planté. Les deux équipes ont décidé de prendre tous les risques pour déstabiliser l’adversaire et notamment dans les services. Quatre fautes directes partout. Les points se remportent sur des feintes, des changements de jeu et un peu de malice. Chaque erreur peut être fatale, car chaque point compte. La pression est palpable, et à ce jeu là, la France est plus forte. Grâce à son duo magique Lyneel – Ngapeth, les Bleus mènent le set de bout en bout (5-8 ; 12-16 ; 17-21 ; 23-25). Néanmoins, Le Goff et Boyer semblent moins bien qu’au match précédent. Ce dernier tourne à 50% d’efficacité en attaque, quand Ngapeth et Lyneel tournent respectivement à 75% et 60%.

Un trou d’air dans le deuxième set

Le deuxième set est très compliqué pour les Bleus : une réception inefficace et des attaques trop téléphonées. Les Serbes commencent à parfaitement lire le jeu des Français sans que ces derniers n’arrivent à les surprendre. Stephen Boyer, en difficulté, est sorti quelques minutes. Les Bleus sont menés pendant tout le set (8-6 ; 16-10 ; 21-16 ; 25-23). L’attaque serbe est terrible (56% d’efficacité) notamment grâce aux puissants Atanasijevic et Kovacevic, tous les deux à 63% d’efficacité. Mais sur la fin du set, les Bleus remontent, notamment grâce à l’inévitable Julien Lyneel, à 67% d’efficacité en attaque et deux aces. Malheureusement, Lyneel mord son dernier service et donne le point du set aux Serbes. Les Bleus montrent néanmoins de la révolte et tiennent mentalement.

Jeu de dupes pendant le troisième set

Le début du troisième set est d’une tension extrême. Les Serbes parlent beaucoup aux arbitres, contestent chaque point et demandent les challenges vidéos. Ils se jouent des nerfs des Français, et ça marche. Lyneel, qui commence à s’agacer, sort pour Trévor Clevenot. Les Bleus semblent donc un peu moins concentrés, et ils le payent. Malgré un début de set à leur avantage, ils craquent par la suite (4-8 ; 15-16 ; 21-18 ; 25-21). La chance est également de la partie et sourit plutôt aux Serbes : les points se jouent au millimètre près. Laurent Tillie fait tourner pour essayer de varier le jeu : Brizard, Clevenot, Chinenyeze et Rossard font leur apparition durant ce set. L’efficacité en attaque descend à 33%, quand elle est à 43% côté Serbe.

Un retour tonitruant dans le quatrième set

Alors que l’on pensait les Bleus dépassés, ils se révoltent, et de quelle manière ! Le score est sans appel : 5-8 ; 9-16 ; 13-21 ; 17-25. Les Bleus font la course en tête avec une avance plus que confortable. Les services sont plus forts et les attaques plus incisives. Ils prennent également plus de temps à construire leur jeu pour faire jouer les Serbes. Les Bleus sont à 59% d’efficacité en attaque, notamment grâce à un “magic Ngapeth” qui tourne à 67% d’efficacité. Les Serbes doutent et font des erreurs : cinq au service, quatre en réception et deux en attaque. Le niveau de jeu est à son paroxysme et l’on sent le tie break arriver. Pas très surprenant, tant les équipes sont au coude à coude. La victoire se jouera à pas grand chose.

Des Bleus à bout de souffle laissent filer la victoire

Ce tie break est un calvaire pour les Bleus. Ils semblent cuits physiquement, à l’image de Julien Lyneel qui sort pour des crampes. Menés 5 – 0 d’entrée, les Bleus n’arriveront jamais à rivaliser dans ce dernier set. 73% d’efficacité en attaque pour les Serbes, avec un Atanasijevic à 100% de réussite sur ses cinq attaques. La France s’incline dans un match qu’elle aurait très bien pu gagner. Pour preuve, Earvin Ngapeth finit meilleur joueur avec 29 points, devant Atanasijevic (27). Il est également le meilleur serveur avec quatre aces. Julien Lyneel finit meilleur réceptioneur à 36% d’efficacité. Ces chiffres sont à l’image de ce tournoi : le duo Lyneel – Ngapeth sort du lot, tellement ils ont été constants et puissants. Les Serbes connaissaient exactement les forces et faiblesses des Bleus, et ça s’est vu. Ils joueront la finale face à la Slovénie dimanche à 17h30. On retrouvera la France dans une petite finale contre la Pologne ce samedi à 18h.

Aurore Dessaigne

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