[ATP NEXT GEN] Frances Tiafoe, la relève américaine, c’est par ici

Frances Tiafoe est un des futurs prodiges américains du tennis mondial. (source : Tennis Tourtalk)

Le duo destructeur Williams octroie au tennis féminin un cachet d’un genre unique. Etre sacré en majeur, rime régulièrement avec : se débarrasser, à un moment ou un autre de Serena ou Venus. Avant elles, Chris Evert, Martina Navratilova, Lindsay Davenport, et autant d’autres célèbres joueuses, ont fait les beaux jours des simples et doubles dames étasuniens. La Paire ne constitue, c’est presque une évidence, pas l’aboutissement d’une ère pour les championnes américaines, loin s’en faut. La relève est assurée. Début septembre, à Flushing, avec Madison Keys, Venus Williams, Colleen « Coco » Vandeweghe et Sloane Stephens au dernier carré, le tennis US ne pouvait rêver mieux.

En revanche, si l’on s’arrête quelques instants du coté des messieurs, le paysage est inversement moins optimiste. Alors oui, il y a bien Querrey, auteur, c’est incontestable, de sa meilleure saison en carrière; John Isner, en très bonne forme également ou même Jack Sock vainqueur à Auckland et Delray Beach en début d’année. Mais ils ont respectivement 30, 32 et 25 ans. Alors que les deux premiers ne se situent pas « loin » de la fin de leurs carrières avec peu de résultats solides, le dernier, lui, doit confirmer. Rien ne présage un potentiel coup d’éclat de la part du trio. Mais il se peut que la solution réside dans le Maryland, au sein d’une « petite » bourgade, Hyattsville, de 17 557 habitants…

 

CARTE D’IDENTITE

Nom : Frances Tiafoe Jr.Résultat de recherche d'images pour "frances tiafoe atp"
Date de naissance : 20 janvier 1998
Nationalité : Américaine
Classement (au 23.10.17) : 76e
Taille : 188cm / Poids : 77 kg
Pro depuis : 2015
Coach : Robby Ginepry
Style : Droitier, revers à deux mains
ATP Comparaison : Kei Nishikori
Idole : Roger Federer
Surface favorite : Terre Battue
Objectif : « Je veux devenir numéro un mondial »
Meilleur souvenir tennistique :

 

Une immersion naturelle dans le tennis

Ses parents sont des immigrés du Sierra Leone. Après avoir fuis la guerre, Frances Senior devient ouvrier pour le Junior Tennis Champions Center, une terre fertile aux futurs pépites située non loin de Washington, crée en 1999 et désignée par la Fédération de Tennis des États-Unis (USTA), comme premier centre régional d’entrainement. Le petit Tiafoe grandit entre les murs de cette institution, et y réside même. Ainsi, il joue au tennis, mange tennis, parle tennis, vit tennis. Et il ne tarde pas à étonner ses pairs.

Après avoir remporté le fameux tournoi des Petits As, c’est à l’âge de 15 ans seulement, qu’il devient le plus jeune vainqueur de l’Orange Bowl, cette compétition qui a signé les départs en trombe de monuments du jeu. De John McEnroe à Ivan Lendl en passant par Bjorn Borg, Andy Roddick, Jim Courier ou même Roger Federer, tous ont fait leurs armes là-bas. Au milieu de l’année 2014, il atteint tout bêtement la place de numéro 2 mondial chez les juniors.

 

Un parcours en constante progression

À l’instar de nombreux joueurs, il entame sa carrière professionnelle par quelques Challengers. C’est ainsi qu’il parvient à réaliser sa poussée au classement. En effet, 2016 est l’année de son passage dans le top 100. À Indian Wells, il rencontre au premier tour, son alter-ego, Taylor Fritz, avec une victoire à la clé pour le premier. Après avoir échoué par 3 fois en finale de Challenger (Tallahassee, Winnetka, Lexington), il décoche finalement un premier titre de cette catégorie à Grandby, au Quebec. Et pour sa première apparition en Majeur de cette année la, s’il ne l’emporte pas, il parvient tout du moins à embêter son compatriote John Isner dans une extraordinaire joute de 5 sets.

2017, Melbourne sourit à Tiafoe puisqu’il passe pour l’unique fois de sa carrière le premier tour. On ne lui en voudra pas de s’être incliné à la suite, son bourreau n’était autre que Roger Federer, en furie on le sait bien à ce moment la… Mais la progression continue, sa saison sur terre battue va lui permettre d’atteindre le top 70 après des succès non négligeables sur Dustin Brown et Jurgen Melzer. À Wimbledon, il réitère sa performance de début d’année en prenant le dessus sur Robin Haase. Mais l’exploit, le vrai, lui, a lieu à Cincinnati quelques semaines plus tard alors qu’il affronte un autre jeune homme au sommet de sa forme, Alexander Zverev. C’est sa première victoire sur un top 10, et on a clairement l’impression qu’après a, la carrière du petit Tiafoe devenu grand, est lancée. Ce qu’il ne confirme qu’à demis-mots à l’US Open en mettant en grand danger un Fedex quelque peu diminué physiquement.

 

Une Laver Cup salvatrice

Comme un hasard, coup du sort pour Juan Martin Del Potro devient sort favorable pour Frances Tiafoe. L’argentin, après un Flushing ou il aura laissé beaucoup de forces, déclare forfait pour le nouvel événement qui secoue la planète tennis, les plus perspicace l’auront deviné, il s’agit effectivement de la Laver Cup. Entre les 22 et 24 septembre 2017, à Prague, 2 équipes de six joueurs chacune se sont affrontés dans certains duels rocambolesques. Si l’on se souviendra naturellement de ce double historique qui a vu sur la même partie de terrain probablement la meilleure amitié du tennis moderne (Federer et Nadal ayant joué ensemble), l’on se rappelera peut-être moins aisément que Frances Tiafoe y a participé.

Dans l’équipe « Monde », ses partenaires étaient Querrey, Isner, Kyrgios, Sock et Shapovalov. Face à lui, pour le tout premier match de cette édition, Marin Cilic, n’a eu aucun mal à se défaire du jeune américain (7-6, 7-6). L’année prochaine, la Laver Cup aura lieu à Chicago, aux États-Unis. L’année prochaine, Frances Tiafoe aura 20 ans. L’année prochaine, Frances Tiafoe, si il n’aura peut-être pas encore confirmer par des titres en Grand Chelem, demeurera un adversaire en pleine mutation, dangereux, et avec il faudra, qu’on le veuille ou non, compter.

 

“Tu fais une bonne année. Tu ne fais que devenir meilleur avec le temps. Continue ainsi, tu vas devenir un sacré joueur à l’avenir »

Si l’on devait revenir, refaire, revivre, un moment de la carrière que Tiafoe a mené jusqu’ici, ce serait très certainement cette nuit dantesque du mardi 29 août. Nuit au terme de laquelle, Roger a eu ces mots pour l’étoile montante, d’après Orange Sports : « Tu fais une bonne année. Tu ne fais que devenir meilleur avec le temps. Continue ainsi, tu vas devenir un sacré joueur à l’avenir ». Et lorsque le détenteur de 19 GC vous encense ainsi, prenez le tel un adoubement par le saint des saints.  Des paroles qui évidemment n’ont pu être que plus réciproque : « C’est le plus grand. Je n’ai pas pu lire son service. Il bondit sur le retour de service bien mieux que n’importe qui, il n’abandonne jamais sa ligne de fond. Il voit de manière totalement différente le jeu. Il est incroyable »

Preuve qu’il a l’oeil, qu’il regarde, qu’il observe ses adversaires. Et du haut de son mètre quatre-vingt-huit, il est clair qu’il a encore une marge de progression énorme. Son entraineur, Robby Ginepri, ex demi-finaliste malheureux à l’US 2005, qui l’entraine dans le cadre du programme de développement de l’USTA, ne le cache pas : « On est entrain d’essayer de se concentrer sur la manière dont son jeu, qui s’améliore chaque jour, peut progresser ». En tout cas, Agora Sports vous conseil vivement de vous poster rapidement face à vos écrans Youtube. Pourquoi ? Pour gouter à ce coup droit lifté, qui fera des ravages à l’avenir, aucun doute là-dessus.

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