Gp d’Azerbaïdjan 2018 : La chance du champion

Lewis Hamilton, vainqueur chanceux (© Tous droits réservés)

C’est le retour en Europe pour le grand cirque de la Formule 1. Sur un circuit propice aux péripéties, Lewis Hamilton se doit de réagir tandis que Ferrari veut creuser l’écart. Avec le vent comme perturbateur, est-ce que le spectacle fut au rendez-vous ?

Sebastien Vettel confirme qu’il est le pilote de ce début de saison. Nouvelle pôle pour l’Allemand, qui peut remercier son coéquipier d’avoir commis une erreur au virage 16. Raikkonen était parti pour avoir le meilleur temps, il ne sera que 6e. A côté de Vettel, on retrouve son ennemi Anglais : Lewis Hamilton. 3e, Bottas, devant les deux Red Bull. Meilleur Français, Esteban Ocon 7e, juste devant son coéquipier Mexicain. Une piste qui réussit bien aux Force India. Pierre Gasly part 17e, Romain Grosjean, pas aidé par sa voiture, part dernier.

Le tour 1 va être le théâtre de multiples accrochements. Perez heurte légèrement Ocon. Ce dernier qui sera harponné par Kimi Raikkonen au virage 3. Le Français n’ayant pas vu le Finlandais se trouvant à l’intérieur de la trajectoire, il doit abandonner suite au choc. Juste avant cela, Sergey Sirotkin percute Sergio Perez au virage 2. Sur la ligne droite qui suit, le Russe se retrouve en sandwich entre Alonso et Hulkenberg. Crevaison pour le Russe, double pour l’Espagnol qui ramènera sa McLaren au ralenti aux stands. Safety Car pour enlever les débris et la Force India d’Ocon.

Sur le restart, Sebastien Vettel réalise une très belle stratégie pour conserver sa première place. Sur l’interminable ligne droite des stands, il attend le franchissement de la ligne de safety car pour accélérer et distancer ses poursuivants. Manœuvre réussie. Derrière, débute le show Red Bull. Verstappen & Ricciardo ne vont cesser de s’attaquer et de se dépasser pendant 30 tours. Jusqu’à se toucher plusieurs fois, sans gravité. Lors de la fenêtre d’arrêts au stand, l’Australien, devant son coéquipier, se stoppe en premier. Sa stratégie ne paye pas puisqu’après l’arrêt du Néerlandais, il se retrouve derrière. Jusqu’au tour 40.

Nous sommes dans la ligne droite des stands, à plus de 330 km/h. Verstappen zigzague devant Ricciardo pour conserver sa place. L’Australien se décale un peu tard sur la gauche de son coéquipier qui se déporte. Le freinage est tardif, l’accident inévitable. Alors sur une stratégie décalée par rapport aux pilotes du podium, les deux Red Bull sont hors course. Le début de saison de la firme autrichienne, et plus particulièrement Max Verstappen, est calamiteux. Le Néerlandais, que l’on croyait enfin mature après sa fin de saison 2017, retombe dans ses travers de 2016. Il coûte beaucoup trop de points à son équipe. Du coup, Safety Car.

Celui qui se retrouve tout heureux de cette situation c’est Valtteri Bottas. Leader après l’arrêt de Sebastian Vettel, il faisait durer au maximum son train de super tendres avant de passer à des ultra tendres en fin de course. L’intervention de la voiture de sécurité lui permet de faire son arrêt au stand et de conserver la tête. Derrière lui, tout le monde s’arrête pour mettre des pneus frais. Et puis arrive le tour 43.

Romain Grosjean possède le karma le plus dégueulasse du plateau. Voilà 3 ans qu’il est dans une écurie novice. Qu’il aide à faire progresser. Qu’il passe des courses affreuses à être largué même pour la lutte aux points. Alors que cette saison semblait enfin être celle de la progression, ses mécaniciens se loupent en Australie. A Bahrein & en Chine, sa voiture est larguée. Ici, en Azerbaïdjan, il part dernier. Il réalise une course superbe pour se classer 6e. Alors qu’il faisait chauffer sa gomme, il perd l’adhérence sur l’arrière et va percuter un mur. Abandon. Ceux qui ne suivent que de loin vont pouvoir se moquer. C’est cruel.

Quand la Safety Car rentre, il reste 4 tours. Bottas est leader et redémarre assez tôt, surprenant un Vettel un peu endormi. Ce dernier est sous la pression d’Hamilton & de Raikkonen. Au virage 1, l’Allemand freine tard, trop, abîmant ses gommes et permettant à ses rivaux de le passer. Voilà Hamilton 2e & Vettel 4. Et puis, la bonne étoile de Lewis Hamilton est apparue. Sous la forme d’un débris de carbone. Bottas roule dessus, provoquant une crevaison sur sa roue arrière droite. Abandon du Finlandais, décidément bien malchanceux. Vettel, en perdition avec ses gommes, ne pourra rien contre Sergio Perez, tout heureux de finir sur le podium, 2 ans après cette même position lors du même grand-prix.

Les belles performances

D’abord, saluons Charles Leclerc. Course parfaite du Monégasque sur sa Sauber. 6e position à l’arrivée et deuxième arrivée dans les points pour cette écurie qui revient de loin. L’arrivée de Frédéric Vasseur en chef, et d’Alfa-Roméo en sponsor, a permis un développement conséquent de cette monoplace. Il n’y a plus d’écurie larguée maintenant. Pour Leclerc, 4e course, déjà des points. Il est le premier Monégasque à en inscrire depuis 1950 et Louis Chiron. Historique.

Ensuite, Kimi Raikkonen. Premier tour chaotique, changement d’aileron et de gommes, on pensait la course terminée pour le Finlandais. Mais, comme à chaque fois à Bakou, tout est possible. Au prix d’une superbe course, il termine à nouveau devant son coéquipier. Il passe 3e au classement des pilotes.

Enfin, Fernando Alonso. Double crevaison, aileron avant touché, fond plat endommagé. Pas de soucis. L’Espagnol a encore montré pourquoi c’est un des meilleurs pilote du monde, et même de l’histoire, de la Formule 1. 7e place finale pour Alonso, et double point pour McLaren, puisque Stoffel Vandoorne termine 9e.

La contre-performance

Red Bull. Evidemment. D’une course ou tu pouvais viser le podium, tu repars bredouille. La faute à qui ? Aux deux selon Adrian Newey & la FIA. Même si, on aurait tendance à dire que Max Verstappen est un peu plus fautif sur ce coup. Pour le moment, cette saison est synonyme d’auto-destruction pour le Néerlandais. Espérons que l’air Catalan lui fera du bien. C’est sur le circuit de Barcelone que Verstappen avait remporté son premier grand-prix en 2016.

4

Lewis Hamilton est en danger. Crise à Mercedes. Bla, bla, bla. Sur un début de saison compliqué, l’Anglais vire en tête au classement des pilotes. Il possède 4 points d’avance sur Sebastian Vettel. On le sait, Barcelone est un point clé de la saison, puisque les écuries apportent des améliorations à leurs voitures. Nul doute que Mercedes aura planché pour rendre sa monoplace encore plus compétitive, et capable d’embêter les Ferrari. N’enterrez jamais Lewis Hamilton. Puisqu’il vous enterrera avant.

 

Image
Classement final du Gp d’Azerbaïdjan

 

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*