Gp de Belgique 2019 : Leclerc, comme un symbole

Charles Leclerc, vainqueur, dédiant sa 1e place à Anthoine Hubert © Tous droits réservés

Spa marque le retour des vacances pour le grand cirque de la Formule 1. Alors qu’on devait être excité à l’idée de revoir nos pilotes favoris, la dure réalité du sport est venue nous frapper de plein fouet.

La course automobile nous procure des émotions. De la joie, de la peur, de l’excitation, du déchirement. En tant que fan, on sait que les pilotes misent leurs vies à chaque course pour qu’on puisse profiter du moment. Ce coté superhéros est ce qui fascine. On a tous rêvé un jour de remporter Monaco au volant d’une Formule 1, ou même une simple monoplace. Anthoine Hubert l’avait fait.

Pour sa première saison en Formule 2, le Français avait montré pourquoi Renault gardait un oeil sur lui et l’avait placé dans son académie. Il faut dire que le Lyonnais restait sur un titre en Formule 3, avec l’écurie ART, qui se trompe rarement dans ses choix de pilote. Lui qui courait cette année dans l’équipe fondée par Christian Horner, Arden, avait aussi remporté une autre course dans cette saison de F2 : le Castellet.

Monaco, la France, deux pays liés depuis si longtemps, et qui brillent depuis 2 ans en Formule 1 grâce à 3 des 4 mousquetaires du sport automobile. Pierre Gasly, Esteban Ocon, Charles Leclerc, Anthoine Hubert. Quatre pilotes au talent indéniable ayant fait leurs classes ensembles. Des amis, des frères, qui allaient surement se retrouver d’ici quelques années dans la catégorie reine.

Et puis, le sport automobile a cette faculté de ramener chaque fan sur Terre par son caractère dangereux et impardonnable. Lors de la course du samedi, le Français cherche à éviter Giuliano Alesi, en perdition à cause d’une crevaison. Au sommet du Raidillon, il percute les barrières de pneu et se retrouve perpendiculaire aux autres voitures. L’inévitable se produit quand Juan Manuel Correa le percute à près de 270 km/h. Les images sont violentes, le choc l’est encore plus. En direct, on saisit l’importance du crash par le choix de la FIA de ne pas montrer de ralentis. Un acte qui fait comprendre qu’on a peut être assisté au pire.

L’attente fut courte & pourtant si longue. Le crash a eu lieu à 17h07, 1h40 plus tard, le couperet tombe. Anthoine Hubert est décédé des suites de ses blessures. De son coté, Juan Manuel Correa souffre de multiples fractures aux jambes & au dos, mais il se trouve dans un état stable. Le sport auto est sous le choc.

Difficile de se reconcentrer après une telle gifle. Spa offrira une course aux multiples rebondissements, qui sont finalement futiles. On retiendra la minute de silence poignante avant la course ainsi que l’ovation du public de SPA au 19e tour, en hommage au pilote Français et son numéro 19. Et puis, au prix d’une stratégie payante, Ferrari réussit enfin à remporter un grand-prix. Charles Leclerc monte enfin sur la première marche du podium. Un exploit qui rappelle un certain Michael Schumacher, lui aussi vainqueur de son 1er grand prix à Spa.

Le Monégasque ne pouvait être que le seul vainqueur de ce grand-prix, lui qui vient de perdre un ami. Un 3e décès en 4 ans après ceux de Jules Bianchi, son parrain, en 2015, et de son père, en 2017. Une série d’évènements tragique qui montrent la force mentale de Charles Leclerc, qui n’a que 21 ans.

Alors oui, le championnat continue, et ce dès la semaine prochaine à Monza. Quoi de mieux qu’une victoire Ferrari en terres Italiennes pour parapher l’hommage de Leclerc à ses proches malheureusement disparus. Mais il est trop tôt pour faire des paris. L’heure est au recueillement. Puisses-tu reposer en paix, Anthoine Hubert.

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