[INTERVIEW SUR LA ROUTE DE PYEONGCHANG] Antoine Adelisse : “J’ai une immense fascination pour les X Games mais je place les Jeux au-dessus”

Antoine Adelisse, le leader français du ski slopestyle lors du Dew Tour 2015. (© Tous droits réservés)

À moins d’un mois de l’échéance olympique, le freestyleur français Antoine Adelisse, spécialiste du ski slopestyle, a accepté de se raconter à Agora Sports, comme Lucile Morat, Laura Gauché, Nelly Moenne-Loccoz, Tifany Huot-Marchand et Flora Dolci avant lui. Sa discipline, qui s’apprête à vivre ses deuxièmes JO à PyeongChang, est une descente entremêlée de tremplins, de rails et de différents modules permettant de multiplier les sauts et les figures pour accumuler un maximum de points. Antoine Adelisse dispute également des compétitions de Big Air – qui consiste à dévaler une pente avant d’emprunter un tremplin pour réaliser un saut le plus complexe possible – pour bosser ses tricks. Dans cette interview, le skieur de La Plagne se livre sur sa forme, son début de saison, sur sa joie de participer aux X Games et aux Jeux olympiques. Il nous explique également les secrets et les coulisses de son seul podium en Coupe du monde, en Norvège l’hiver passé. Enfin, Antoine Adelisse se confie sur sa relation avec le phénomène Tess Ledeux et sur sa fierté d’avoir disputé les premiers Jeux de son sport à Sotchi il y a quatre ans. Bon voyage sur la planète ski freestyle !

Quelles sont vos sensations à la suite d’un début d’hiver réussi (5eme à Font-Romeu) malgré le couac de Stubai (58eme) et la chute lors du Dew Tour ? D’ailleurs, comment allez-vous avec cette boîte impressionnante ?

“Pour commencer, je me sens bien, je n’ai pas été victime de grosse blessure lors du Dew Tour. Mes sensations sont très bonnes à l’heure actuelle. Je me suis extrêmement bien entraîné cet été donc je me sens prêt techniquement pour cet hiver. Mes objectifs sont ambitieux, mes runs sont donc en adéquation et il est plus difficile d’être régulier sur des runs de niveaux aussi élevés.”

Antoine Adelisse avant la finale du Dew Tour en décembre 2017. (© Tous droits réservés)

Vous avez été sélectionné pour les X Games d’Aspen, le grand rendez-vous de l’hiver pour bon nombre de skieurs freestyles, c’est aussi votre cas ou vous placez les Jeux au-dessus ? Que représentent ces deux compétitions pour vous ?

“Oui, je suis super heureux d’avoir reçu cette invitation [pour les X Games]. Une compétition privée telle que les X Games fait partie de l’ADN de notre sport. J’ai une immense fascination pour les X mais je place les Jeux olympiques au-dessus.”

Vous faites principalement du slopestyle, racontez-nous les spécificités de cette discipline ? Pourquoi faire également un peu de Big Air ? Pour travailler certaines figures dans le but d’aller chercher quelque chose de grand aux Jeux ?

“Pour dire vrai, je touche à tous. Je prends part à tous ce qui m’apporte de l’originalité et de la créativité, c’est là où je prends le plus de plaisir, c’est pourquoi le slopestyle me plaît autant. Il réunit beaucoup de variétés dans une seule descente. [J’aime] les deux à vrai dire, mais plus le sport [le slopestyle, ndlr] évolue et plus les sauts de Big Air sont instaurés dans un run de slopestyle.”

Le jeune freestyleur tricolore Antoine Adelisse spécialiste de slopestyle et de Big Air. (© Tous droits réservés)

Depuis deux hivers vous enchaînez les belles performances dans cette jeune discipline qu’est le slopestyle. Qu’avez-vous changé dans votre fonctionnement, dans votre entraînement depuis les Jeux de Sotchi où vous vous étiez fait sortir dès les qualifications (27eme) du premier concours olympique de slopestyle de l’histoire ?

“J’ai extrêmement évolué dans la façon de m’entraîner, je me suis professionnalisé et j’ai énormément progressé. Je ne suis plus au même rang mondial entre ces deux olympiades, et c’est significatif.”

Votre seul podium, qui en appelle d’autres, en Coupe du monde vient du Big Air norvégien de Myrkdalen-Voss de mars dernier. Un comble ? Racontez-nous cette performance.

“Oui c’est mon seul podium de Coupe du monde l’an dernier mais il y en a eu d’autres avec un niveau facilement supérieur sur des compétitions dites privées. C’est la particularité de notre sport, nous ne faisons pas des Coupes du monde notre priorité. Dans tous les cas lors de ma deuxième place à cette Coupe du monde de Big Air, j’étais super content, c’était une journée où je me sentais hyper bien, j’avais les crocs comme on dit. Étant perfectionniste j’ai tout de suite cherché à savoir pour quelle raison je n’étais premier. Ces raisons m’ont permis d’avancer et de travailler dans le bon sens pour accéder à la victoire la prochaine fois.”

(© RJ Sangosti – The Denver Post)

En 2011 vous êtes champion de France de ski de bosses, pourquoi avoir arrêté cette discipline ?

“Les bosses c’est top, je prenais beaucoup de plaisir durant mes descentes. Mais c’est une discipline qui n’a plus du tout de freestyle en elle. Malheureusement elle est rentrée dans des critères trop limités et, donc, [elle] perds beaucoup en évolution et en intérêt.”

Votre compatriote Tess Ledeux est le phénomène mondial du ski freestyle, ce qu’elle fait à 16 ans sur un parcours de slopestyle est impressionnant. Vous vous entraînez souvent avec elle ? Qu’a-t-elle de si particulier ? 

“Je m’entraine souvent avec Tess car nous partageons le même coach [Greg Guenet, ndlr], nous venons du même club des sports de La Plagne. Je pense qu’elle a un bon mental.”

Tess Ledeux et Antoine Adelisse, les deux protégés de Greg Guenet, en haut du tremplin du Sosh Big Air d’Annecy, en octobre 2017. (© Greg Yetchmeniza)

Avez-vous une idole dans votre sport ou dans le sport en général ? Une personne qui vous a inspiré ?

“J’ai idolâtré Bobby Brown [trois fois vainqueur des X Games, ndlr] depuis très jeune, c’est une vraie source d’inspiration concernant la gestion de sa carrière et de son professionnalisme. L’inspiration vient de tellement de skieurs ! Et c’est une bonne chose !”

Enfin, avez-vous un souvenir, une émotion de vous devant ou aux Jeux olympiques ?

“Oui, c’est le fait d’avoir fait partie des premiers Jeux olympiques de ski slopestyle. À la fin de mon run, je me suis rendu compte de ça et cela m’a fait une drôle de sensation.”

Antoine Adelisse dans le airs lors des Jeux olympiques de Sotchi. (© Tous droits réservés)

+ Flora Dolci : “J’essaie de tracer mon chemin doucement”

+ Tifany Huot-Marchand : “Les Jeux c’est un grand rêve, j’ai hâte de vivre cette expérience”

+ Nelly Moenne-Loccoz : “Tony Ramoin et Pierre Vaultier m’ont tous les deux fait pleurer”

+ Laura Gauché : “Les Jeux ça représente un rêve d’enfant”

+ Lucile Morat : “Les Jeux c’est une compétition exceptionnelle”


Un grand merci à Antoine Adelisse d’avoir pris de son temps pour nous accorder une interview dans un hiver marathon. Merci aussi pour sa gentillesse, sa bienveillance et sa confiance. Toute la rédaction d’Agora Sports souhaite à Antoine Adelisse la plus grande réussite dans sa vie de sportive, particulièrement dans les jours et les semaines qui viennent avec les X Games et les Jeux olympiques qui s’annoncent… 

 

A propos de Florian Burgaud 44 Articles
Amoureux de sport depuis tout petit. Les sportifs d'hiver c'est la vie. Étudiant licencié d'histoire et en télépréparation journalisme à l'ESJ Lille.

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