[DECRYPTAGE] Iran – Syrie : le match de tous les enjeux

Supporters syriens ( Crédit photo : AFP / ATTA KENARE )

D’un côté l’Iran, l’un des soutiens les plus fidèles au régime de Bachar Al-Assad, de l’autre la Syrie, qui pour la première fois depuis 6 ans, est unie dans un événement sportif. Un match décisif, qui pourrait permettre au pays déchiré par la sanglante guerre civile, de se qualifier au Mondial 2018.

Bien plus qu’une simple qualification pour la Coupe du Monde 2018, l’équipe syrienne joue gros avec ce match crucial pour son image. Opposée sur le terrain à l’Iran, pays allié avec le régime dans la guerre actuelle, la Syrie veut prouver à la communauté internationale qu’elle possède un semblant d’unité malgré les circonstances particulières. Une victoire qui ferait momentanément oublier un conflit dont on ne compte plus les morts.

« J’espère que nous serons la seconde équipe du groupe à nous qualifier pour la Coupe du monde malgré les difficultés » aspire Ayman Hakim, le sélectionneur de l’équipe syrienne. « Nous remercions Dieu pour ce que nous avons accompli et avec son aide, nous allons continuer jusqu’aux phases finales de la Coupe du monde pour donner le sourire et la joie au peuple syrien »

Une victoire, bien que symbolique et géopolitique, ne suffira pas à se qualifier. L’équipe va devoir gagner contre l’Iran (déjà qualifiée) et espérer que la Corée du Sud perde face à l’Ouzbékistan. Si l’équipe se qualifie, il s’agirait d’une participation historique pour le pays, déchiré par la guerre depuis 6 ans.

L’équipe syrienne qui joue ses matchs à domicile en Malaisie dans un stade vide, a déjà réussi à barrer la route au Qatar, 3 buts à 1. Une fierté de battre un pays qui a investi des milliards dans le football. Les Aigles de Qasyoun (surnom de l’équipe syrienne) sont soutenus sur les réseaux sociaux, des fiefs du régime jusqu’aux zones aux mains des rebelles islamistes.

En Iran, un match interdit aux femmes

Les iraniennes ont eu le droit à un ascenseur émotionnel. D’abord autorisées à entrer dans le stade de Téhéran en choisissant l’option « femme », elles ont ensuite découvert que leur billet n’était plus disponible. La Fédération iranienne de football a annoncé qu’il s’agissait d’une erreur technique. Du côté des autorités, on brandit l’argument selon lequel : « l’ambiance dans les stades – les propos vulgaires et les injures notamment – n’est pas propice à une présence féminine ».

L’ex vice-ministre iranienne avait pourtant annoncé que le régime modéré d’Hassan Rohani n’était pas contre la présence des femmes dans les stades, en vain…

Les Aigles de Syrie voleront-ils au dessus des mollahs ? Atteindront-ils la deuxième place de leur groupe ? Réponse mardi 05 septembre à 17h00 (heure française).

Alexandra Thery

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