Un jour à PyeongChang #10 : le “pire cauchemar” de Gabriella Papadakis, deux titres décernés en bob à deux et Marie Martinod sur la route de la médaille

Le "pire cauchemar" de Gabriella Papadakis a eu lieu, comme on le voit sur cette photo. (© Lucy Nicholson/Reuters)

Sévérité. Le skieur alpin français spécialiste exclusif de slalom géant Mathieu Faivre – par ailleurs petit ami de la skieuse Mikaela Shiffrin – a été exclu de l’équipe de France et rentrera donc dans l’Hexagone ce mardi 20 février. Motif de cette exclusion ? Ne plus entrer dans “l’esprit de l’équipe”, dixit David Chastan, le directeur des équipes de France de ski alpin. Effectivement, après sa septième place du géant olympique à Yongpyong, le skieur niçois avait aligné les mots suivants devant la presse : “Le tir groupé collectif ? C’est vraiment le dernier de mes soucis. Je suis réellement déçu, je suis là pour ma pomme, pour faire ma course.” Alors qu’un début de polémique enflait, Faivre avait présenté ses excuses le soir même en arguant que ses mots avaient dépassé sa pensée et que chacun réagit différemment face à l’échec. Cela n’a pas calmé la colère des instances dirigeantes du ski français qui l’ont donc renvoyé à la maison, le faisant manquer le team event de samedi prochain, où les Bleus – dont lui-même – sont champions du monde en titre. Cette décision est compréhensible du point de vue de la FFS – pour diverses questions d’images et d’esprit de groupe – mais elle extrêmement sévère. Mathieu Faivre a réagi à chaud après une course qu’il considère comme manqué, malgré les bons résultats des autres Français. Il était venu aux Jeux pour une médaille. Pas pour voir un de ses coéquipiers sur la boîte. Il la voulait sa breloque. Malheureusement, cela ne s’est pas passé comme il l’avait imaginé et il était extrêmement déçu dimanche après les deux manches. Sa réaction n’est pas commode mais elle a le mérite d’être à rebours de la langue de bois habituellement employée par les champions. Quand les sportifs l’emploient, on dit qu’ils sont trop lisses, policés ; quand les sportifs disent ce qu’ils pensent, on dit que ce sont des rebelles individualistes à l’ego surdimensionné. Il doit bien y avoir un juste milieu à trouver entre ses deux postures. Gageons que la prochaine fois elle sera trouvée, pour ne plus revivre un psychodrame comme celui-ci. Sinon, ce lundi le programme était assez allégé : retour sur la dixième journée des XXIIIemes Jeux olympiques d’hiver.

Marie Martinod en route pour la médaille, œil au beurre noir pour Anaïs Caradeux

C’est l’une des grandes chances de médaille, et même de titre, de la seconde semaine des Jeux pour le clan des Bleus. La skieuse freestyle Marie Martinod, vice-championne olympique et du monde en titre, vise donc le titre en ski halfpipe sur le demi-tube du Phoenix Park de Bokwang. Elle a rempli, la nuit dernière, la première étape du programme en prenant la deuxième place des qualifications grâce à un run crédité de 92.00 points par les juges. Seule la Canadienne Cassie Sharpe, 93.40 points, est devant elle. Mais, rassurez-vous, elle n’a pas peur de la Nord-Américaine. Interrogée par France Télévisions sur sa capacité à réaliser un 1080, que sa rivale a passé en qualif’, en finale elle a répondu : “Avec son 1080 elle me met qu’un point quarante, elle a du souci à se faire pour demain.” Point d’orgue d’une interview rafraîchissante, comme l’est la double vainqueur des X Games et du globe de cristal. Anaïs Caradeux disputera également cette finale olympique car elle a pris la douzième et dernière place qualificative en assurant son second passage après s’être prise une grosse boîte d’entrée. Chute qui lui laisse un œil au beurre noir impressionnant. Rien d’alarmant pour elle contrairement à la doyenne Ophélie David, légende du skicross de 41 ans, qui s’est faite les croisés aujourd’hui à l’entraînement, à quelques jours de disputer ses troisièmes Jeux, ses derniers.

Marie Martinod dans les airs – en train d’effectuer un grab – du pipe de Phoenix Park de Bokwang pendant la qualification. (© Fazry Ismail/EPA)

Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron en retard après le programme court

Un cauchemar. La patineuse française Gabriella Papadakis a avoué avoir vécu son “pire cauchemar” ce lundi lors du programme court des Jeux olympiques disputé dans la patinoire de Gangneung. On ne peut que la croire : le tour de cou de sa robe s’est défait dès les premières secondes de sa prestation, laissant apparaître une petite partie de sa poitrine sur le dernier mouvement. À tout moment sa robe pouvait tomber complètement, ce qui n’était pas rassurant ni pour elle, ni pour son compère Guillaume Cizeron. Ils ont avoué y avoir pensé pendant tout le programme ce qui leur fit commettre quelques erreurs les situant à 1.74 point de leurs rivaux Canadiens Scott Moir et Tess Virtue, champions olympiques en 2010 et médaillés d’argent en 2014. L’écart n’est pas insurmontable pour nos Français dont le programme libre est le point fort. L’autre couple hexagonal, Marie-Jade Lauriault/Romain Le Gac, prend la 18eme place et se qualifie pour le libre de demain.

En espérant que ces deux là aient l’or autour du cou demain… (© Mladen Antonov/AFP)

En bref…

Pour la première fois depuis 20 ans, une médaille d’or olympique a été partagée ! La première fois c’était en 1998 à Nagano lors, déjà, de l’épreuve de bob à deux : les Canadiens et les Italiens avaient dû se partager le titre suprême. Cette fois, ce sont les Allemands Friedrich/Margis et les Canadiens Kripps/Kopacz qui ont décroché les lauriers après les quatre descentes et un scénario de déglingos. Les images des deux duos s’enlaçant à l’arrivée étaient superbes et vont marquer cette quinzaine olympique. Les Lettons Melbardis et Strenga prennent la bronze et offrent à leur pays leur première médaille à PyeongChang : la Lettonie est le 27eme comité olympique national à obtenir une médaille en Corée du sud, ce qui fait d’ores et déjà de ses Jeux d’hiver les plus prolifiques en nombre de pays primés. Enfin, les Français Romain Heinrich et Dorian Heurteville ont terminé treizièmes après une quatrième descente de toute beauté terminée en septième position.

La belle image des quatre nouveaux champions olympiques de bob à deux. (© Mark Ralston/AFP)

Les Norvégiens Tande, Stjernen, Forfang et Johansson sont devenus champions olympiques de saut à ski par équipes en dominant de la tête et des épaules l’épreuve disputée de nuit sur le grand tremplin d’Alpensia. Très loin derrière, les Allemands (Geiger, Leyhe, Freitag, Wellinger) et les Polonais (Kot, Hula, Kubacki, Stoch) se sont écharpés pour l’argent, finalement glané par les Germaniques. Notons que le Norvégien Robert Johansson et l’Allemand Andreas Wellinger sont devenus les premiers athlètes à remporter trois médailles lors des trois épreuves au programme des mêmes Jeux olympiques depuis l’Autrichien Gregor Schlierenzauer qui avait réalisé pareille performance en 2010 à Vancouver. C’en est (déjà) terminé du saut à ski spécial à PyeongChang.

La satisfaction du travail bien fait pour le Norvégien Robert Johansson, dernier sauteur du concours. (© AP)

Le Norvégien, décidément (!), Håvard Lorentzen est devenu champion olympique du 500m en patinage de vitesse dans un chrono de 34”41 qui constitue le record olympique. Il devance le Sud-Coréen Min Kuy-Cho d’un petit centième et devient ainsi le premier Norvégien à gagner l’or en patinage de vitesse depuis Finn Helgesen en… 1948 ! Le Chinois Gao Tingyu prend le bronze en 34″65. Deux épreuves de suite sans médaille pour les Pays-Bas, c’est la crise au pays du patinage de vitesse ! Enfin, la finale olympique de hockey-sur-glace féminin opposera, logiquement, les Américaines aux Canadiennes.

Quand tu deviens le premier champion olympique norvégien de patinage de vitesse depuis 70 ans… (© Getty Images)

Et demain ?

Ce sera le grand jour pour Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron qui patineront leur programme libre peu avant 5 heures du matin, juste avant leurs rivaux canadiens. Aussi, à partir de 2h30, Marie Martinod et Anaïs Caradeux disputeront la grande finale du ski halfpipe alors que Thomas Krief et Kevin Rolland tenteront de se qualifier pour la finale masculine à compter de 5h15.

À 11h, ce sera le concours de saut à ski sur grand tremplin pour les combinés alors que les 10 kilomètres de ski de fond partiront à 13h45. Le quatuor français habituel – Braud, Laheurte, Gérard, Lamy-Chappuis – tentera d’aller chercher une illusoire médaille en essayant de se préparer au mieux pour la compétition par équipes de jeudi où ils visent la médaille. Le départ du relais mixte de biathlon sera donné à 12h15 : les Français viseront le podium, comme lors de tous les relais.

En short-track, la finale du relais 3000m femmes aura lieu à 12h30 tandis qu’à partir de 11h les séries du 1000m féminin, avec Véronique Pierron, et du 500m hommes, avec Thibaut Fauconnet et Sébastien Lepape, auront lieux. Enfin, les deux premières descentes du bob à deux femmes sont programmées à 12h50 et 14h : le duel entre la pilote canadienne Humphries et les pilotes américaines Meyers Taylor et Greubel Poser promet.

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A propos de Florian Burgaud 54 Articles
Amoureux de sport depuis tout petit. Les sportifs d'hiver c'est la vie. Étudiant en M1 journalisme sportif à l'EDJ Nice.

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