Un jour à PyeongChang #12 : Manificat reprend un coup de bronzage avec Jouve, terrible désillusion pour le skicross masculin et Bjørgen dans l’histoire

Richard Jouve et Maurice Manificat, médaillés de bronze lors du team sprint des Jeux olympiques. (© Jonathan Nackstrand/AFP)

Histoire. La douzième journée olympique a été marquée par le sceau de l’histoire sur les différents sites des Jeux olympiques d’hiver de PyeongChang. Effectivement, par au moins quatre fois, cette dernière a été bouleversée. D’abord, en hockey féminin, la Finlande a battu l’équipe des athlètes olympiques de Russie 3-2 pour s’offrir le bronze qui fait de Riikka Valila, 44 ans, la plus vieille médaillée de l’histoire olympique du hockey-sur-glace. Ensuite, la légendaire fondeuse norvégienne Marit Bjørgen – surnommée “Gull Marit” (littéralement “Or Marit”) dans son pays – est devenue, en décrochant l’argent lors du team sprint avec Maiken Caspersen Falla, la sportive la plus médaillée aux Jeux d’hiver avec 14 médailles, soit une de plus que le biathlète Ole Einar Bjørndalen. Depuis 2002, la Gull Marit a décroché au moins une médaille à chaque édition des JO : l’argent à Salt Lake City et à Turin, trois titres, l’argent et le bronze à Vancouver, trois titres, encore, à Sotchi et un titre, l’argent et deux bronzes – en attendant le 30km classique de dimanche – à PyeongChang. Solide palmarès pour la légende norvégienne. Et puis, dans la foulée de cette médaille, la finale du team sprint masculin partait, avec les Français Maurice Manificat et Richard Jouve qui décrocheront le bronze au bout de la course. Une magnifique médaille qui fait de Momo le premier fondeur français double médaillé olympique lors d’une même édition, il en est même à trois médailles quadriennales. Et puis, c’est la première fois de l’histoire des Jeux que le ski de fond ramène deux médailles. Enfin, c’est la Norvège de Johannes Høsflot Klæbo qui a remporté cette épreuve : le Scandinave remporte ainsi sa troisième médaille d’or à PyeongChang, à moins de 22 ans : seuls Eric Haiden, avec cinq titres en patinage de vitesse, Toni Sailer, en ski alpin, et Victor An, en short-track, avaient réalisé pareille performance auparavant. Cela vous place un homme. Ces quelques histoires rappellent à quel point les Jeux olympiques sont un événement à part qui construits des légendes, entre sportifs déboulant au plus haut niveau – comme Klæbo -, sportifs en pleine maturité – comme Manificat – et sportifs en fin de carrière venus la terminer de la meilleure des manières – comme Bjørgen ou Valila. Espérons que, demain, Jason Lamy-Chappuis finisse sa carrière olympique par une médaille collective avec ses copains du relais, la seule qui lui manque…

Maurice Manificat et Richard Jouve magnifiques médaillés de bronze sur le team sprint, les Américaines en or, la Gull Marit dans l’Histoire

Le pari était assez fou sur le papier. Aligner Richard Jouve à Maurice Manificat, et non à Lucas Chanavat, auteur de trois podiums individuels cet hiver, dont un pendant le très relevé tour de ski à Lenzerheide, lors du team sprint disputé en style libre. Un sacré pari tant Momo n’est pas un sprinteur. Mais le choix a été payant : Chanavat, dixit le staff des Bleus, ne s’était pas complètement remis de sa non-qualification pour les finales du sprint individuel et avait du mal avec la grande montée du parcours. Il a donc été décidé d’aligner le grand déçu du 15km libre avec Richard Jouve, en très grande forme sur le plateau d’Alpensia. Après une demi-finale rondement menée, les Français se présentent au départ de la finale en tant que sérieux outsiders, derrière les grands favoris qu’étaient les Norvégiens, les Suédois, les Italiens et les athlètes olympiques de Russie. C’est lors du dernier relais de Manificat que les athlètes olympiques de Russie et la Suède se détachent des autres nations en course pour la médaille, la Norvège étant quelques dizaines de mètres devant – Klæbo et Sundby ont déjà l’or autour du cou. Lorsqu’il passe le témoin (invisible) à Richard Jouve, pur sprinteur, la France est assurée de terminer dans les quatre premiers. Reste à savoir à quelle place. Surtout pas à la quatrième ! Le Poney (du nom que se sont donnés les sprinteurs du groupe France) fait le boulot avant la dernière ligne droite qu’il entame entre le Russe et le Suédois : il conserve sa place et offre le bronze à l’équipe de France. C’est juste historique pour le ski de fond tricolore qui offre, pour la première fois, deux médailles à la besace française. Deux médailles lors des deux relais, quel symbole magnifique. Le ski de fond hexagonal est fort, pas dominant mais présent au plus haut niveau. Et bien présent. Ne nous trompons pas.

Comme Laurent Blanc et Fabien Barthez en 1998… (© Jonathan Nackstrand/AFP)

Chez les dames, ce sont les Américaines Kikan Randall et Jessica Diggins qui sont devenues championnes olympiques du team sprint en devançant, au sprint, les Suédoises Nilsson et Kalla et les Norvégiennes Falla et Bjørgen, qui entre dans l’Histoire comme raconté ci-avant. Les Françaises Aurore Jean, impressionnante, et Coraline Thomas-Hugue ont réalisé une jolie performance en terminant à la huitième place.

Le zéro pointé des skicrosseurs masculins, quatre ans après le triplé de Rosa Khutor

Secrètement, on espérait une nouvelle moisson de médailles du côté des skicrosseurs français. Secrètement seulement tant on sait l’imprévisibilité de cette discipline si particulière où une seconde d’inattention peut vous être fatale. Cette seconde d’inattention, Terence Tchiknavorian l’a connu : il a lourdement chuté, comme d’autres dont le Canadien Delbosco gravement blessé au bassin, et souffre, probablement, d’une fracture du péroné. Après cela, les trois autres Mousquetaires se sont hissés en quarts. Chapuis, le champion olympique en titre, et Place, transfuge du ski alpin, placés dans le même quart, ont pris les deux dernières places de leur série… Pas de demi-finale. Tous les espoirs reposent alors sur Arnaud Bovolenta, le médaillé d’argent de Sotchi. Celui-ci manque son départ et n’arrive pas à se hisser parmi les finalistes. Cruelle désillusion pour le skicross français qui n’apportera pas de nouvelles médailles à la France. Bovolenta se console en terminant deuxième de la petite finale, et donc sixième au total. Le titre est revenu au Canadien Brady Leman, le quatrième des Jeux russes : quatre ans après la finale bleu, blanche et rouge de Rosa Khutor, le karma a tourné.

Quatre ans après, la réussite n’était plus dans le camp tricolore… (© Loïc Venance/AFP)

Sofia Goggia reine de la descente, Lindsey Vonn s’en va sur du bronze

Le romantisme aurait voulu que ce soit l’Américaine Lindsey Vonn, titrée en 2010 sur la piste de Whistler, qui décroche le titre olympique à Jeongseon ce mercredi en descente. Mais le destin n’a pas voulu de ce romantisme et a donné à l’Italienne Sofia Goggia de l’or et à la Norvégienne Ragnhild Mowinckel de l’argent neuf centièmes derrière la Transalpine. La Speed Queen américaine n’est “que” troisième et s’empare donc du bronze, pour sa dernière descente olympique. Vonn s’alignera demain sur le combiné alpin, où elle n’a que très peu de chances de glaner une médaille en raison d’un niveau moyen en slalom. Du côté des Françaises, Tiffany Gauthier, treizième, fut la meilleure d’entre elles alors que Piot est seizième, Miradoli 18eme et Gauché, que nous avions interviewé, 22eme.

Le podium de la descente féminine… (© Tom Pennington/Getty Images)

En bref…

Nouveaux coups de tonnerre sur l’ovale de vitesse de Gangneung ! Les Néerlandais n’ont pas décroché de titre en poursuite par équipes, que ce soit masculines ou féminines. Chez les dames, ce sont les Japonaises qui deviennent championnes olympiques alors que les Norvégiens l’emportent du côté des masculins. Une médaille de bronze et d’argent pour les Oranjes, seulement. Avec ce titre, le Japon bat son record de médailles aux Jeux d’hiver avec 11 breloques, soit une de plus qu’à Nagano en 1998. Enfin, la Norvège en est à treize titres olympiques à quatre jours de la fin : encore un et les Vikings égaleront le record du Canada établi en 2010.

Le titre pour les Norvégiens en poursuite masculine. (© Tous droits réservés)

En bobsleigh, les Allemandes Mariama Jamanka et Lisa Buckwitz – qui n’avaient jusque-là jamais remporté de manche de Coupe du monde – deviennent championnes olympiques de bob à deux devant la pilote américaine Meyers Taylor (+0”07) et la Canadienne Kaillie Humphries (+0”44), bronzée après une très grosse deuxième journée. Pour l’anecdote, Meyers Taylor et Humphries deviennent les premières filles a obtenir trois médailles en bobsleigh aux Jeux olympiques. Enfin, la Nigériane Seun Adigun termine dernière à plus de sept secondes alors que la Jamaïcaine Jazmine Fenlator la devance de presque quatre secondes.

Les nouvelles championnes olympiques de bob à deux : Mariama Jamanka et Lisa Buckwitz. (© Getty Images)

Et demain ?

À 3h30 ce sera le grand moment pour Kevin Rolland et Thomas Krief qui s’élanceront dans le pipe du Phoenix Park de Bokwang à l’assaut d’une médaille : cette finale risque d’être complètement folle. La finale du snowboard big air femmes commencera dès 1h30 avec l’Autrichienne Anna Gasser comme grande favorite.

Grosse journée – nuit en France – de ski alpin avec, au programme, le slalom masculin (2h et 5h30) et le combiné alpin féminin (3h30 et 7h). Les Français Alexis Pinturault, Jean-Baptiste Grange, Victor Muffat-Jeandet et Clément Noël ainsi que les Tricolores Romane Miradoli, Laura Gauché et Anne-Sophie Barthet voudront y briller. Marcel Hirscher, quant à lui, tentera de décrocher son troisième titre olympique à PyeongChang. Ce sera le grand jour pour les combinés français – Laheurte, Gérard, Braud et Lamy-Chappuis – qui veulent aller chercher la médaille dans la compétition par équipes : saut à 8h30, ski de fond à 11h20.

Sur la glace, le quart de finale du 1000m de Véronique Pierron en short-track partira à 11h14 : le dénouement de cette distance sera connu à 12h29, celui du 500m hommes à 12h15 et celui du relais 5000m hommes à 13h.

Le relais féminin de biathlon partira à 12h15 avec des Françaises remontées comme des coucous qui voudront aller chercher quelque chose de magique, boostées par le titre de Dorin-Habert et de Bescond lors du mixte. Anaïs Chevalier et Justine Braisaz viendront, selon toutes vraisemblances, compléter l’équipe. Enfin, les demi-finales du curling hommes sont prévues à 12h05 alors que la grande finale du hockey-sur-glace féminin, le classique États-Unis/Canada, démarrera à 5h10.

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A propos de Florian Burgaud 43 Articles
Amoureux de sport depuis tout petit. Les sportifs d'hiver c'est la vie. Étudiant licencié d'histoire et en télépréparation journalisme à l'ESJ Lille.

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