Un jour à PyeongChang #14 : doublé des Canadiennes en skicross, Zagitova sacrée à 15 ans et un relais à oublier pour les biathlètes français

Pas de quatrième médaille à PyeongChang pour Martin Fourcade, impuissant lors du relais masculin. (© Jonathan Nackstrand/AFP)

Fierté nationale. Le biathlon français repart du site d’Alpensia avec cinq médailles dont trois titres, deux ayant été remportés par l’ogre Fourcade et un par le relais mixte où Sa Majesté était présente. Un bilan fabuleux pour ce sport qui compte si peu de licenciés en son sein. La réussite du biathlon – qui n’est pas une discipline mais un sport à part entière et qui ne comporte pas 50 épreuves contrairement à ce qu’affirme Pierre Ménès, pris en flagrant délit de mauvaise foi – est multiple. Oui, bien sûr, le fait que les Français – Marie Dorin et Martin Fourcade en tête mais pas qu’eux – y brillent joue beaucoup, énormément même : si jamais une équipe de curling venait à dominer le monde, les Français, opportunistes, deviendraient des fans invétérés de ce sport qu’ils moquent actuellement. Mais le biathlon est également un sport ultra-télégénique et très didactique. Il est très facile à comprendre, malgré quelques particularités comme la minute de pénalité lors de l’individuelle et les pioches en relais à la place des tours de pénalités habituels. Enfin, le biathlon, plutôt le biathlète, est regardé avec admiration par le téléspectateur : commet font-ils pour blanchir des cibles placées à 50 mètres à la suite d’un violent effort sur les skis de fond ? Comment arrivent-ils à viser dans le mille d’une balle de golf ? C’est pour tout cela que le biathlon français est une fierté nationale, largement portée par Martin Fourcade comme par Raphaël Poirée, Sandrine Bailly, Vincent Defrasne ou Corinne Niogret auparavant. Le biathlon tricolore est une grande famille. Si demain Alexis Contin s’empare d’une breloque lors de la mass-start de patinage de vitesse, épreuve où il est double médaillé mondial, le Malouin deviendra-t-il une fierté nationale ? Certainement pas, malheureusement, ou alors très peu de temps. Pourtant, triompher dans le jardin des Néerlandais n’est pas chose aisée, surtout pour un athlète qui n’a aucune infrastructure dans son pays pour s’entraîner. Honte nationale. Récit de l’antépénultième journée olympique qui n’a pas souri aux Français.

Pas de quatrième médaille pour Martin Fourcade, les Suédois titrés

Quand la réussite sur le pas de tir fui, le biathlon est un sport cruel. Mais c’est pour ça qu’on l’aime le biathlon, comme aime à le dire Martin Fourcade. Le premier relais, de Simon Desthieux – titré lors du mixte il y a trois jours -, a quelque peu plombé l’élan français : deux tours de pénalités qui font mal, très mal. Émilien Jacquelin a ensuite réalisé un superbe parcours ponctué d’une seule pioche. Puis vint le tour de Martin Fourcade, placé troisième pour pouvoir remonter le cas échéant. Mais là, aujourd’hui, c’était trop compliqué. Le Catalan ne peut rien même s’il a tenté le tout pour le tout, quitte à commettre des erreurs au tir, comme ce fut le cas (un tour et quatre pioches). Finalement, avec un Antonin Guigonnat solide (deux pioches), les Bleus prennent la cinquième place… à plus de trois minutes des nouveaux champions olympiques suédois (Femling, Nelin, Samuelsson, Lindström), seule nation sans tour de pénalité. L’argent est pour la Norvège (Birkeland, Tarjei Bø, Johannes Bø, Svendsen), qui a craqué sur le dernier tir, alors que les Allemands (Lesser, Doll, Peiffer, Schempp) prennent le bronze, leur seule médaille sur les trois relais olympiques. Clap de fin des épreuves olympiques de biathlon sur le site d’Alpensia, avec un petit pincement au cœur. C’était géant. Martin Fourcade est devenu un mythe. Retour de la Coupe du monde le 8 mars prochain à Kontiolahti, en Laponie.

Les Suédois sont champions olympiques du relais masculin. (© Franck Fife/AFP)

Aucune médaille pour le skicross français à Bokwang, la douche froide

Pouloulou… Deux jours après l’énorme déception du zéro médaille des garçons en skicross, les filles n’ont pas réussi à faire mieux sur le parcours du Phoenix Park de Bokwang qui n’offre pas de réelles occasions de dépassements. Dans ce contexte, le départ est ultra-important. Décisif même. C’est ce qui avait manqué aux Bleus, comme aux Bleues aujourd’hui. Marielle Berger-Sabbatel, pas réputée pour ses starts de folie, est restée scotchée dans la première rampe, annihilant ses espoirs de qualification pour les demies, malgré un gros comeback sur la piste, insuffisant. Quelques minutes plus tard, en demi-finale, Alizée Baron, l’autre tricolore engagée, fit de même : un bad start et un comeback inachevé la faute à une porte manquée barrée par ses adversaires. La frustration est à son paroxysme avec cette dernière qui remporta la petite finale après une course parfaite, une course de médaillable qu’elle n’est donc pas. Alizée Baron doit se contenter de la cinquième place. Décidément, la France était abonnée à cette position ce vendredi. Les Canadiennes Kelsey Serwa et Brittany Phelan réalisent le doublé alors que la Suissesse Fanny Smith est venue prendre le bronze à la Suédoise Sandra Näslund, la reine de la Coupe du monde. Que le skicross est cruel…

La détresse de la Française Alizée Baron, sortie en demies et cinquième du skicross olympique. (© S. Boué/L’Equipe)

En bref…

L’athlète olympique de Russie Alina Zagitova, 15 ans et 281 jours, est devenue la deuxième plus jeune championne olympique de patinage artistique féminine de l’histoire, “échouant” à quelques jours Tara Lipinski, sacrée en 1998 à Nagano à l’âge de 15 ans et 255 jours. La Russe dispute seulement sa première saison senior et elle devient, déjà, la reine de son sport en devançant sa compatriote Medvedeva, comme lors de l’Euro du mois dernier. C’est la Canadienne Kaetlyn Osmond qui glane le bronze alors que la Française Maé-Bérénice Meïté a remonté trois positions pour terminer 19eme de la compétition olympique.

La Russe Alina Zagitova, championne olympique de patinage artistique à 15 ans. (© Roberto Schmidt/AFP)

Le Néerlandais Kjeld Nuis a remporté le 1000m en patinage de vitesse, devançant le Norvégien Lorentzen de 4 petits centièmes et le Sud-Coréen Kim Tae-Yun de presque trois dixièmes. Comme Eric Haiden en 1980 et Gaetan Boucher en 1984, Nuis réalise le doublé 1000m-1500m aux Jeux. L’Oranje devient également le premier patineur de vitesse à remporter plus d’un titre aux Jeux depuis son compatriote Jochem Uytdehaage, vainqueur du 5000m et du 10000m en 2002 à Salt Lake City. Enfin, Håvard Lorentzen, argenté, est le premier Norvégien à glaner plus d’une médaille aux Jeux depuis Lillehammer 1994 où Johann Olav Koss avait gagné deux breloques et Kjell Storelid trois.

Le Néerlandais Kjeld Nuis, double champion olympique à Gangneung. (© Getty Images)

En hockey-sur-glace, la finale opposera l’équipe des athlètes de Russie, vainqueurs 3-0 des Tchèques, aux Allemands qui ont battu les Canadiens 4-3. Les Germaniques se qualifient ainsi pour leur première finale olympique 90 ans après leurs débuts dans ce sport aux Jeux. La persévérance est toujours récompensée. En curling, les Suisses ont gagné 7-5 face aux Canadiens pour s’adjuger la médaille de bronze tandis que la finale féminine opposera les hôtes sud-coréennes aux Suédoises, les Britanniques et les Japonaises joueront le bronze.

Le bronze olympique pour les Suisses en curling masculin. (© Cathal McNaughton/Reuters)

Et demain ?

L’avant-dernière journée des XXIIIIeme Jeux olympiques d’hiver réserve les derniers espoirs de médailles du côté de la France… D’abord, à partir de 3h, ce sera le team event mixte de ski alpin disputé sous forme de slaloms parallèles : Julien Lizeroux, Clément Noël, Alexis Pinturault, Tessa Worley, Nastasia Noens et Adeline Baud-Mugnier représenteront la France, championne du monde il y a un an à St. Moritz avec Mathieu Faivre, écarté. Ce sera le Canada en ouverture pour nos Bleus.

Le vétéran tricolore Sylvain Dufour, spécialiste de snowboard alpin et vainqueur d’une manche de Coupe du monde cet hiver, visera la breloque lors du slalom géant parallèle (qualifications à partir de 1h, finale à compter de 5h30). Nous surveillerons également de très près la performance d’Ester Ledecka, immense favorite chez les dames, titrée lors du Super-G cette semaine. Aussi, les deux premières descentes de bob à quatre sont prévues à 1h30 et 3h07 : la team du pilote français Loïc Costberg vise le top 10.

Demain ce sera aussi le grand jour de la première finale olympique du snowboard Big Air masculin (2h) : cette compétition promet avec un niveau moyen des participants assez irréel. Le départ de la mass-start 50km classique de ski de fond masculin sera donné à 6h : Jean-Marc Gaillard, pour ses adieux olympiques, et Clément Parisse représenteront la France. Et puis, Alexis Contin visera la médaille lors de la mass-start de patinage de vitesse (demi-finale à 12h45, finale à 14h) : il veut offrir à la France sa première médaille olympique de son sport.

Enfin, la finale masculine de curling Suède/États-Unis débutera à 7h35 tandis que le bronze féminin se jouera entre les Britanniques et les Japonaises à partir de 12h05. En hockey-sur-glace, la petite finale masculine – République Tchèque/Canada – commencera à 13h10.

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A propos de Florian Burgaud 44 Articles
Amoureux de sport depuis tout petit. Les sportifs d'hiver c'est la vie. Étudiant licencié d'histoire et en télépréparation journalisme à l'ESJ Lille.

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