Un jour à PyeongChang #15 : le compteur français définitivement bloqué à quinze, du chocolat à gogo et Ester Ledecka dans la légende olympique

Voilà, c'est fait. La Tchèque Ester Ledecka est double champion olympique, de Super-G et du slalom géant parallèle. (© Loïc Venance/AFP)

Le chocolat est une spécialité suisse en passe de devenir une passion française… Le compteur des médailles tricolores est resté bloqué à quinze, définitivement. Seulement, il aurait pu monter à vingt, voire plus sans les innombrables places d’honneur décrochées par les Tricolores. On a eu droit à toute la panoplie des saveurs chocolatées dont voici une liste non exhaustive. Le chocolat amer, d’abord, avec le team event mixte de ski alpin d’aujourd’hui. Les Français ont raté le bronze pour quelques centièmes face aux Norvégiens. Le chocolat content, ensuite, pour Marie Dorin-Habert, quatrième du sprint le premier jour alors qu’elle n’était pas en confiance depuis le début de la saison. Le chocolat inattendu suit avec la magnifique quatrième place du jeune skieur français Clément Noël, 20 ans et champion du monde juniors de slalom, lors de la course olympique. Il y a également la quatrième place de Blaise Giezendanner lors du Super-G, performance du même acabit que celle du slalomeur. Enfin, est venu le chocolat logique pour le vétéran Sylvain Dufour, ce jour, lors du slalom géant parallèle, sur lequel nous reviendrons. Alors, oui, c’est frustrant de terminer à la quatrième place, si proche de l’immense joie de la médaille olympique. Mieux vaut terminer cinquième, sixième, huitième ou dixième, vingtième, trentième diront certains, les regrets étant atténués au fur et à mesure que le classement s’égrène. Oui mais non il ne faut jamais cracher sur une quatrième place, aussi frustrante soit-elle. La seule “breloque” chocolatée regrettable des Bleus est donc celle du team event mixte de ski alpin, mais bon nous on regrette que ces slaloms (géants ou non) parallèles remplacent, à terme, le combiné alpin qui constitue l’essence même de l’alpin. Pour des pseudos-raisons de format trop compliqué à comprendre pour le grand public et de journées à rallonges, le combiné va disparaître au début de la prochaine décennie. C’est regrettable et rien ne fera changer d’avis les décideurs, même pas une fâcheuse quatrième place de la France sur une épreuve sans aucune histoire et sans aucune équité. Mais les intérêts économiques des télévisions décident de tout… Show show showcolat

Une frustrante quatrième place lors d’un team event largement dominé par les Suisses

Pour la première fois de l’Histoire des Jeux olympiques, une compétition par équipes mixtes était au programme. Ils sont quatre, deux hommes et deux femmes. Quatre duels sont au programme lors de chaque rencontre : le premier à trois victoires passe au tour suivant et s’il y a 2-2 on prend les temps, qu’on additionne, des meilleurs garçons et filles et le chrono le plus bas donne la victoire à l’équipe à qui il appartient. Vous êtes perdus ? C’est normal. Mais les règles sont comme ça. C’est plus ‘compliqué’ à comprendre que le combiné alpin, où l’on fait une manche et descente puis de slalom, mais nous reviendrons pas sur cet éternel débat… Quoique, c’est déjà fait. Revenons à nos moutons. Les Bleus, champions du monde en titre, se présentaient au départ de ce team event en sérieux outsiders derrière les Suédois et les Suisses. Le début est extrêmement compliqué pour nos Français – Adeline Baud-Mugnier, Tessa Worley, Alexis Pinturault, Clément Noël – qui ne se défont des Canadiens qu’au temps. Le tour suivant, face à l’Italie, est plus facile et voilà la France en demi-finale, contre les favoris suisses (Zenhäusern, Yule, Holdener, Feierabend). Baud-Mugnier remporte son duel face à Feierabend avant de voir ses trois copains perdre les leurs. Le bronze se jouera face aux Norvégiens, affaiblis par les absences de ses stars Kristoffersen, Svindal et Jansrud mais portés par Leif Haugen. Justement, alors que les Vikings sont menés 2-1 après les victoires des deux Bleues et la défaite, pour 6 centièmes de Pinturault face à Foss-Solevåg, c’est lui qui réalise une manche de feu contre Clément Noël pour offrir la breloque à son pays qui glane par là sa 38eme médaille à PyeongChang, record absolu de médailles aux Jeux d’hiver des Américains battu. Les Bleus doivent se contenter de la quatrième place : c’est la deuxième en quelques jours pour le jeune Clément Noël. C’est dur à encaisser mais c’est ainsi. Lors de la grande finale, les Suisses dominent les Autrichiens, privés de Marcel Hirscher, trois manches à une et deviennent les premiers champions olympiques du team event mixte de ski alpin. Pour l’éternité.

Pas de médaille pour les Bleus du team event à Yongpyong… (© J. Prevost/L’Equipe)

Nevin Galmarini titré en géant parallèle, logiquement, Sylvain Dufour, quatrième, logiquement, et l’improbable doublé pour Ester Ledecka, logiquement

On l’attendait. Elle est venue, elle a vu, elle a vaincu. Quelques jours après son improbable légendaire victoire lors du Super-G féminin olympique à Jeongseon, la snowskieuse Tchèque Ester Ledecka était l’immense favorite du géant parallèle disputé au Phoenix Park de Bokwang. Et elle a assumé son statut pour devenir une légende olympique. Effectivement, elle a remporté l’or après avoir écrasé la concurrence. Les Allemandes Jörg, battue en finale, et Hofmeister, sortie en demies par la Tchèque, complètent le podium. Ester Ledecka devient la troisième athlète de l’histoire des Jeux d’hiver à remporter l’or dans deux sports différents lors d’une même olympiade : Thorleif Haug, en 1924, et Johan Grøttumsbråten, en 1928, étaient les derniers à avoir réalisé cet exploit… mais c’était en ski de fond et en combiné nordique, soit deux sports pas si différents que cela. Performer en ski alpin et en snowboard, deux sports totalement opposés où les pieds sont tantôt sur la même planche et tantôt dissociés l’un de l’autre et où la position est loin d’être la même, est quelque chose d’exceptionnel… Rendez-vous au XXIIeme siècle pour vivre une performance comme celle-ci.

Le triomphe du phénomène Ester Ledecka. (© Loïc Venance/AFP)

Quatrième en qualification puis quatrième à l’issue des phases finales. Le parcours olympique du Français Sylvain Dufour, 35 ans et seul pratiquant tricolore au plus haut niveau depuis des années, fut linéaire sur la neige sud-coréenne… Après deux premiers tours rondement menés, remportés face au Polonais Kwiatkowski et à l’Italien Coratti, il a dû s’incliner devant le Suisse Nevin Galmarini – finalement titré en battant le Sud-Coréen Lee Sang-Ho, seul médaillé de son pays sur neige à PyeongChang, lors de la grande finale – puis face au Slovène Zan Kosir pour l’obtention de la médaille de bronze. Ses deux victoires et ses deux succès, au-delà de la supériorité de l’un des snowboardeurs sur l’autre, a une autre raison : les parcours. Le parcours rouge, celui de droite à la télévision, était le plus rapide et donc celui choisi par le meilleur dossard. Or, notre Dufour national était devant ses adversaires des huitièmes et des quarts lors de la qualif’, il a donc pris ce tracé. Mais en demi-finale, les quatre premiers de la qualification se retrouvaient, laissant Sylvain Dufour obligatoirement sur le parcours bleu, où il était quasiment impossible de gagner ce matin. En clair, avec un meilleur temps lors des manches de qualification, Sylvain Dufour aurait pu monter sur le podium. Aujourd’hui, vu le scénario, c’était trop compliqué. Ce n’est que partie remise, s’il continue. Ce serait une bonne nouvelle pour le snowboard alpin français délaissé par les jeunes pépites du snow qui partent tous en boardercross, pour imiter Pierre Vaultier et non la regrettée Karine Ruby, Isabelle Blanc ou le médaillé de bronze de Vancouver Mathieu Bozzetto.

Quatrième place rageante mais logique de Sylvain Dufour… (© Loïc Venance/AFP)

En bref…

Pas de première médaille pour le patinage de vitesse français aux Jeux… Alexis Contin, primé lors des trois derniers Mondiaux en mass-start, voyait l’arrivée de sa discipline favorite aux JO comme un clin d’œil du destin. Mais sa course olympique ne fut pas à la hauteur, malheureusement. Qualifié de justesse pour la finale, le Malouin ne prend que la dixième place de la finale, sous les yeux de Martin Fourcade, avec une cinquième place lors du sprint final, remportée par le Sud-Coréen Lee Seung-Hoon qui donne à son pays sa quinzième médaille, soit une de mieux que son record de Vancouver 2010. Notons la médaille d’argent du Belge Bart Swings : c’est la sixième breloque belge aux Jeux d’hiver, la première depuis 1998 et le bronze de Bart Veldkamp sur le 5000m de patinage de vitesse. Chez les dames, c’est la Japonaise Nana Takagi qui prend l’or sur la mass-start : elle remporte ainsi son deuxième titre sur l’ovale de Gangneung, performance unique pour une Japonaise aux Jeux d’hiver, tous sports confondus.

Alexis Contin, ce samedi, lors de la mas-start olympique, la première de l’Histoire. (© Getty Images)

Le marathon des fondeurs – la mass-start 50km classique – a rendu son verdict et a sacré le Finlandais Iivo Niskanen qui devance les athlètes olympiques de Russie Bolshunov, de 18 secondes, et Larkov, de plus de deux minutes trente. Une démonstration. Jean-Marc Gaillard, qui disputait, à 37 ans, sa dernière course olympique, prend la 18eme place alors que le jeune Clément Parisse termine 24eme.

Le Finlandais Iivo Niskanen nouveau champion olympique du 50km classique. (© Nordic Focus)

Le premier snowboard Big Air olympique de l’histoire est revenu au Canadien Sébastien Toutant avec un score de 174.25 points. L’Américain Kyle Mack et le Britannique Billy Morgan montent sur la boîte. Les deux premières manches du bob à quatre ont eu lieu : le pilote allemand Friedrich, déjà sacré en bob à deux, devance le Sud-Coréen Won Yun-Jong de 29 centièmes. Le team français piloté par Loïc Costberg est onzième à 90 centièmes.

Le bobsleigh français, piloté par Loïc Costberg, sur la piste olympique. (© Michael Sohn/AP)

Les Américains ont battu les Suédois 10-7 en finale de la compétition olympique masculine de curling pour obtenir leur premier titre de ce niveau. C’est le douzième sport olympique dans lequel les Américains sont sacrés : ils ne leur manquent l’or olympique plus qu’en luge, saut à ski et biathlon. Aussi, le bronze, chez les femmes, est revenu aux Japonaises qui ont pris le meilleur sur les Britanniques, menées par l’Écossaise Eve Muirhead, 5-3. Enfin, les hockeyeurs canadiens ont effacé leur déception pour ramener le bronze de PyeongChang après un succès 6-4 sur les Tchèques.

Les Américains, champions olympiques de curling. (© Media365)

Et demain ?

C’est la der’ des der’… Les derniers titres vont être décernés dans la nuit d’aujourd’hui à demain. D’abord, à partir d’1h05, ce sera la grande finale du curling féminin opposant la Suède à la Corée du Sud. Puis, à 5h10, le coup d’envoi de la finale masculine de hockey-sur-glace sera donné entre les athlètes olympiques de Russie et les Allemands. Entre-temps, les deux dernières descentes du bob à quatre auront eu lieu à 1h30 et 3h15 avec les Français menés par Loïc Costberg, derniers tricolores en lice dans ces XXIIIemes Jeux olympiques d’hiver. Une belle publicité pour ce sport peu médiatisé. Enfin, la mass-start 30km classique femmes de ski de fond partira à 7h15 avec un super combat attendu entre Charlotte Kalla, Krista Parmaköski et Marit Bjørgen, avec nombre de Scandinaves en trouble fête.

Et puis, la cérémonie de clôture des Jeux de PyeongChang débutera à 12h. C’est la patineuse Gabriella Papadakis qui a été choisie comme porte-drapeau de la délégation française lors de cette cérémonie si particulière. Elle sera accompagnée, en tête du cortège tricolore, par son acolyte Guillaume Cizeron avec lequel elle a décroché l’argent en danse sur glace.

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A propos de Florian Burgaud 49 Articles
Amoureux de sport depuis tout petit. Les sportifs d'hiver c'est la vie. Étudiant en M1 journalisme sportif à l'EDJ Nice.

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