Un jour à PyeongChang #16 : le dernier titre pour Marit Bjørgen, comme un symbole, rendez-vous dans 4 ans à Pékin !

Légendaire Gull Marit... (© Getty Images)

C’est fini. This is the end. Det er enden. Es ist das ende. Dit is het einde. 끝났어.

L’émotion que suscite la fin d’une levée des Jeux olympiques est universelle et se traduit dans toutes les langues. Ici, le français, l’anglais, le norvégien, l’allemand, le néerlandais et le coréen, soit les langues des pays ayant triomphé pendant deux semaines du centre de glace de Gangneung au Phoenix Park de freestyle de Bokwang en passant par les centres de ski alpin de Jeongseon et de Yongpyong et par le centre de nordique d’Alpensia. Les Jeux olympiques rapprochent les peuples, les supporteurs, les athlètes, les staffs tous les quatre ans. Ils ont ce don incroyablement puissant. Les rois et les reines de ces Jeux – Kjeld Nuis, Marit Bjørgen, Johannes Klæbo, Martin Fourcade, Shaun White, Marcel Hirscher, Ester Ledecka et tant d’autres – ont fait rêver des pays entiers, ont fait se lever aux aurores ou veiller jusqu’à pas d’heure des millions de téléspectateurs, ont rempli de joie leurs admirateurs et ont fait changer les idées à ceux qui vont moins bien. C’est ça la magie des Jeux. Regarder des compétitions de curling, de patinage de vitesse, de skicross, de bobsleigh, de ski nordique, de snowboard, de ski freestyle ou de luge qui n’ont rien à voir entre elles si ce ne sont les anneaux olympiques, comme signe d’appartenance, sur le dossard des sportifs. Porter un dossard tagué de ce signe est le Graal pour tout sportif dans le monde. Ces cinq anneaux, présents partout au moment des Jeux, sont un signe de ralliement. Les athlètes qui ont participé à ce grand raout des sportifs deviennent des ‘Olympiens’. Les Olympiens ont plusieurs objectifs, différents les uns des autres : les ogres venus tout rafler, les outsiders présents au-cas-où-un-concurrent-se-louperait et les autres, nombreux, venus aux JO pour se mesurer au très haut niveau, pour vivre en communauté au village olympique et y rencontrer leurs idoles. Entre les deux dernières catégories, se trouve le ‘ventre-mou’ des Olympiens n’est pas assez expérimenté pour viser raisonnablement la médaille mais trop fort pour compter dans le dernier groupe. Enfin, les Olympiens forment une immense famille. La famille olympique qui grandi de Jeux olympiques en Jeux olympiques. La prochaine fois ce sera à l’été 2020 à Tokyo, pour le rendez-vous hivernal ce sera dans un peu moins de quatre ans à Pékin. See you in Beijing… Récit de la dernière journée des XXIIIemes Jeux olympiques d’hiver. Avec une certaine pointe d’émotion.

Marit Bjørgen, définitivement la plus grande

Et la Gull Marit (littéralement “Marit en Or”) frappa encore, et encore… C’était la dernière fois d’accord, d’accord. La fondeuse norvégienne Marit Bjørgen, 14 médailles aux Jeux dont 7 titres, faisait partie des favorites de la mass-start 30km classique. C’était la dernière épreuve des Jeux de PyeongChang. Toutes les caméras du monde étaient braquées sur les pistes de ski de fond du plateau d’Alpensia. Lorsqu’à 15h15 heure locale, 7h15 en France, le départ est donné, Bjørgen a rendez-vous avec son destin : égaler le nombre de médailles d’or aux Jeux de ses illustres compatriotes Björn Dæhlie et Ole Einar Bjørndalen. Moins d’une heure et demie plus tard, c’est chose faite : en 1h22’17″6, la Gull Marit a explosé la course devançant la Finlandaise Krista Parmaköski et de la Suédoise Stina Nilsson de presque deux minutes. Une démonstration de plus pour celle qui fut médaillée pour la première fois aux Jeux à Salt Lake City en 2002. Une éternité. 16 ans. 16 ans à briller partout autour du globe. 16 ans à souffrir à l’entraînement. 16 ans à passer des étés entiers sur les skis-roues. 16 ans à n’avoir qu’un petit mois de vacances parce qu’un sportif hivernal ne travaille pas qu’entre novembre et mars. Au final, la Norvégienne qui aura 38 ans le 21 mars prochain compile 15 médailles aux Jeux olympiques, dont 8 titres. Un bilan exceptionnel agrémenté de 18 titres mondiaux, de 12 globes dont 4 du général et de 178 podiums en Coupe du monde, dont 112 victoires. La plus grande, définitivement.

La dernière championne olympique des Jeux de PyeongChang : Madame Marit ‘Gull’ Bjørgen. (© Odd Andersen/AFP)

Les Suédoises sacrées en curling, le doublé pour le pilote de bobsleigh Friedrich, le titre pour les athlètes olympiques de Russie en hockey-sur-glace

Une finale surprenante pour un résultat logique. L’équipe des athlètes olympiques de Russie de hockey-sur-glace était la grande favorite de la finale olympique qui l’opposait aux Allemands, bizuts à ce niveau de la compétition. Seulement, rien ne se passe comme prévu aux Jeux et les Teutons ont donné du fil à retordre aux Russes en menant à moins d’une minute du terme de la rencontre. Mais ceux qui jouent sous la bannière olympique, ont remis les choses dans l’ordre pour finalement gagner 4-3 en prolongation grâce à un but de Kirill Kaprizov inscrit en powerplay (supériorité numérique). Les Russes sont champions olympiques de hockey-sur-glace pour la première fois depuis 26 ans et le sacre d’Albertville.

Les athlètes olympiques de Russie laissent éclater leur joie après le but victorieux de Kaprizov… (© Larry W. Smith/Keystone)

Le pilote allemand Francesco Friedrich était décidément le meilleur sur la piste olympique… Quelques jours après avoir enlevé le bob à deux, il a remporté – avec ses pousseurs Eric Franke, Kevin Kuske et Alexander Rödiger – l’épreuve de bob à quatre à l’issue des quatre descentes. Et largement. Le Sud-Coréen Won Yun-Jong et l’Allemand Nico Walther se partagent la médaille d’argent à 53 centièmes. Pour les Français pilotés par Loïc Costberg, c’est la onzième place après une erreur lors de leur dernier passage qui leur coûte le top 10. Loïc Costberg a réagi à la suite de l’épreuve : “on savait qu’avec les moyens qu’on avait ç’allait être très très dur de faire mieux que top 10. On a joué, on a perdu, voilà c’est le jeu.” Puis Dorian Hauterville, également pousseur du bob à deux treizième en début de semaine, d’ajouter : “on est clairement déçus mais pour nous [notre place] c’est notre podium, c’est comme si on avait réussi.” Les derniers français engagés dans les Jeux de PyeongChang 2018 ont porté hauts les couleurs du pays, comme Perrine Laffont, la première engagée il y a plus de deux semaines de cela, avant même la cérémonie d’ouverture.

Les bobeurs français après leur course olympique. (© Edgar Su/Reuters)

Enfin, le tournoi de curling féminin a été remporté par les Suédoises – Anna Hasselborg, Sara McManus, Agnes Knochenhauer et Sofia Mabergs – vainqueurs 8-3 des Sud-Coréennes lors de la grande finale disputée dès 9h du matin heure locale mais dans une ambiance de furieux.

Les Suédoises championnes olympiques de curling. (© Yonhap News Agency)

Quelques statistiques pour conclure les Jeux… et vivement Pékin !

La France a réalisé les meilleurs Jeux olympiques d’hiver de son histoire en collectant 5 médailles d’or, 4 d’argent et 6 de bronze : c’est le même nombre qu’à Sotchi mais avec un titre olympique de plus. La Norvège, devenue la nation la prolifique aux Jeux d’hiver avec 39 médailles décrochées, et l’Allemagne ont égalé le record de médailles d’or avec 14 titres chacun, comme le Canada à Vancouver en 2010. Restons en Norvège pour dire que Marit Bjørgen a, pour la deuxième fois après 2010, récolté 5 médailles lors d’une même édition des Jeux d’hiver : ils sont seulement 10 à l’avoir fait une fois, cela vous place la dame qu’est la Gull Marit. Enfin, les Néerlandais, en patinage de vitesse, et les Norvégiens, en ski de fond, ont gagné 7 titres dans un même sport : seuls les Pays-Bas, avec 8 titres en patinage de vitesse à Sotchi, avaient fait mieux.

La cérémonie de clôture, donnée dans le stade olympique octogonal démontable de PyeongChang, est venue mettre fin – avec la toujours déchirante extinction de la flamme olympique – à cette quinzaine olympique forte en émotions, joies, pleurs, peines, rires, belles images et cas de dopage (malheureusement). Merci pour tout PyeongChang, et vivement Pékin !

La flamme olympique des XXIIIemes Jeux d’hiver n’est plus… (© Tous droits réservés)

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A propos de Florian Burgaud 43 Articles
Amoureux de sport depuis tout petit. Les sportifs d'hiver c'est la vie. Étudiant licencié d'histoire et en télépréparation journalisme à l'ESJ Lille.

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