Un jour à PyeongChang #9 : Martin Fourcade sur le toit de l’olympisme français, Pinturault et les fondeurs récidivent

Un finish époustouflant pour un quatrième titre olympique du même acabit... (© Getty Images)

De l’art du rebond. Les grands champions seraient reconnaissables dans leur capacité à savoir rebondir à la suite d’un échec. Si cette proposition est vraie, la France est peuplée de têtes d’affiches qui se sont pleinement exprimées ce dimanche à PyeongChang. D’abord, la journée a débuté par le slalom géant masculin en ski alpin et l’impressionnante partition laissée par la Patrouille de France qui place Alexis Pinturault sur le podium, en bronze, ainsi que Fanara, Muffat-Jeandet et Faivre aux cinquièmes, sixièmes et septièmes places. Une performance collective majeure qui n’avait pas eu lieu cet hiver, contrairement aux précédents. Premier rebond. Ensuite, le ski de fond tricolore a illuminé le début de matinée des Français en leur offrant une médaille de bronze lors du relais masculin (Manificat, Gaillard, Parisse, Backscheider), comme à Sotchi il y a quatre années de cela. Un sacré coup réalisé par les Bleus, par forcément en confiance à la suite du 15km skating de vendredi où Momo Manificat a raté la médaille. Deuxième rebond. Enfin, voilà le cas Martin Fourcade. Déjà, lundi dernier il avait su réagir après sa huitième place du sprint pour conserver son titre olympique en poursuite. Ce dimanche il a su réagir, encore, en remportant la mass-start olympique de PyeongChang – deux jours après ses deux ratés sur le dernier tir de l’individuelle – quelques centimètres devant Simon Schempp. Cette poussière de centimètres qui lui manquait à Sotchi pour battre Emil Svendsen… Troisième et dernier rebond. Retour sur la journée la plus prolifique depuis le début de la quinzaine olympique pour le clan français, journée riche en rebond(issement)s !

Martin Fourcade seul dans les cimes du sport olympique français, pour un jeté de pied magistral

Que dire d’autre de cet athlète qui banalise l’extraordinaire qu’il est un phénomène, un monstre, une force de la nature ou un titan ? En décrochant l’or sur la mass-start, qui est considérée comme la course des rois en biathlon, Martin Fourcade aka le meilleur biathlète de l’Histoire est devenu le sportif français le plus titré aux Jeux olympiques d’hiver avec un titre de mieux que Jean-Claude Killy, le grand homme de Grenoble 1968. Il rejoint même ses glorieux aînés escrimeurs Lucien Gaudin et Christian d’Oriola, champions, respectivement, de l’entre-deux-guerres et de l’après-Seconde Guerre mondiale. Il s’agit aussi de la troisième médaille consécutive de Martin Fourcade sur la mass-start olympique après le bronze révélateur de Vancouver et l’argent rageant de Sotchi. Et tout cela n’a tenu qu’à 18 millisecondes, ou 14 centimètres, par rapport à l’Allemand Simon Schempp ; le bronze a été glané par Emil Svendsen, titré en 2014. C’est-à-dire rien après les 15km de ski de fond et les quatre salves de tirs réalisées en 35 minutes et 43 secondes. Après son échec sur l’individuelle, nous savions le Catalan revanchard, comme nous le savions dans cet état-là après son sprint raté. Enfin, quand nous parlons de courses ratées pour Martin Fourcade il s’agit de tops 8. Tout est relatif avec lui. Depuis le début de la saison, il n’a manqué que deux fois le podium : sur le sprint et l’individuelle olympique. En Corée du sud, pour le cannibale de la planète biathlon, c’était soit la victoire, soit le top 8 sans podium. C’était soit noir, soit blanc : si les cibles restaient noires, c’était noir, sinon c’était blanc. Espérons que les cibles de ses coéquipiers et amis passent au blanc lors du relais mixte de mardi et masculin de vendredi…

Quand t’apprends que tu deviens quadruple champion olympique… (© Franck Fife/AFP)

Le bronze pour Pinturault en géant, comme à Sotchi, Marcel Hirscher déroule

Alexis Pinturault allait-il tenir la pression ? Un an après des Mondiaux ratés à St. Moritz, c’était la question que tout le ski alpin circus se posait à l’aune des Jeux olympiques de PyeongChang. Et bien, le moins que l’on puisse dire, c’est que la réponse est oui. Quelques jours après avoir enfin brillé en grand championnat sur le combiné alpin en prenant l’argent, le Savoyard a remis le couvert en ouvrant le géant olympique ce dimanche sur la colline de Yongpyong. Un passage solide seulement amélioré par l’extraterrestre Marcel Hirscher, finalement titré pour la première fois en géant avec plus d’une seconde d’avance sur son dauphin. Ce dernier est le Norvégien Henrik Kristoffersen auteur d’une magnifique remontée en seconde manche. Remontée que Pinturault n’a pas pu et su enrayer, battu pour quatre petits centièmes qui lui coûtent l’argent. Du coup, il prend le bronze, comme à Sotchi : il va pouvoir jouer au jeu des sept différences entre ses deux breloques. Mine de rien, le skieur français se bâtit un palmarès olympique de choix avec une médaille d’argent et deux de bronze, seul l’or olympique se refusant à lui. Pour le moment. Derrière, les autres membres du collectif français de slalom géant ont également joué les médailles, mais ont été battus par Kristoffersen, tour à tour : Thomas Fanara, pour ses derniers Jeux, est cinquième, Victor Muffat-Jeandet sixième et Mathieu Faivre septième. Un résultat global extraordinaire pour les Bleus obtenus lors d’une journée extraordinaire pour les sports d’hiver français.

Après l’argent, le bronze pour Alexis Pinturault à PyeongChang. (© Martin Bernetti/AFP)

Les fondeurs français vont (encore) pouvoir se refaire le bronzage

Des quatre fondeurs tricolores bronzés à Sotchi en 2014, seulement deux prenaient le départ ce matin sur le plateau d’Alpensia. Il s’agissait des plus illustres d’entre eux : le vétéran Jean-Marc Gaillard, dernier représentant de la génération Vincent Vittoz, et le passionné Maurice Manificat. Pour le reste, les jeunes Clément Parisse et Adrien Backscheider ont pris la place de Robin Duvillard et d’Ivan Perrillat-Boiteux. Un renouvellement à 50% qui n’a pas engendré de mauvaises performances car les Bleus se sont maintenus à leur troisième place après les 40 kilomètres du relais. C’est la troisième fois depuis 2014 que les Français glanent le bronze dans un rendez-vous majeur : Sotchi 2014, les Mondiaux de Falun en 2015 et, donc, PyeongChang 2018. Ces performances sont remarquables tant le ski de fond français peinait, jusque-là, à se hisser dans des sphères de performances aussi élevées ; seul Vincent Vittoz, champion du monde en 2005 à Oberstdorf, les avaient atteintes, sans réussir à y amener un collectif. Maurice Manificat, dégoûté d’avoir manqué le podium sur le 15km libre il y a deux jours, et Jean-Marc Gaillard, de toutes les aventures depuis une décennie, doivent être fiers du travail accompli en quelques années. Une médaille en relais aux Jeux alors que les Scandinaves et les Russes dominent, c’est fort. Mais récidiver quatre années après, c’est exceptionnel. Comme le sont ces mecs portés par un encadrement et un staff au top. Espérons, s’il le fallait, que cela inspire notre Team Poneys nationale qui doit allée chercher, mercredi, une breloque lors du team sprint.

Des gars en or… euh non en bronze ! (© Getty Images)

Le titre est revenu aux Norvégiens Tønseth, Sundby, Krueger et Klæbo qui devancent les athlètes olympiques de Russie. C’est la première fois depuis 50 ans et les Jeux de Grenoble de 1968 que la Norvège remporte l’or sur les relais masculins et féminins lors des mêmes JO.

En bref…

Quelques autres finales avaient lieu en plus des trois précédentes. D’abord, en ski slopestyle c’est le Norvégien Oystein Braaten qui a pris la médaille d’or avec 95.00 points : c’est le premier skieur freestyle de son pays à devenir champion olympique. Les Français Benoît Buratti et Antoine Adelisse, qui n’a pas posé un run, ont été sortis dès les qualifications.

Le Norvégien Oystein Braaten, nouveau champion olympique de ski slopestyle. (© AFP)

Une ère s’est close aujourd’hui à Gangneung où un podium olympique de patinage de vitesse n’a pas vu de Néerlandais sur ses marches ! C’est la première fois depuis la poursuite féminine par équipes de Vancouver que cela arrive, soit 19 courses de rang. Les actrices de ce braquage sont Nao Kodaira, championne olympique du 500m en 36”94 (record olympique), Lee Sang-Hwa, Sud-Coréenne argentée à la maison, et Karolina Erbanova, Tchèque en bronze.

La Japonaise Nao Kodaira, nouvelle championne olympique du 500m en patinage de vitesse. (© Vadim Ghirda/AP)

L’Ukrainien Oleksandr Abramenko a apporté à son pays sa première médaille des Jeux en remportant la finale du saut acrobatique devant le Chinois Jia Zongyang de 46 centièmes de points et l’athlète olympique de Russie Ilia Burov. Tout s’est joué à des détails, comme il est d’accoutumer dans cette spectaculaire épreuve. Enfin, les deux premières manches de la compétition masculine de bob à deux se sont déroulées et c’est le pilote allemand Nico Walther qui domine dix centièmes devant le Canadien Justin Kripps. Le Français Romain Heinrich est 17eme à 1”08.

Oleksandr Abramenko a remporté l’or olympique en saut acrobatique. (© Kin Cheung/AP)

Et demain ?

Après le copieux  programme d’aujourd’hui, celui de demain paraît désert… Quelques moments marquants auront tout de même lieu comme l’entrée en lice des danseurs français Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron qui disputeront leur programme court (à suivre à partir de 2h). Aussi, Marie Martinod et Anaïs Caradeux tenteront de se qualifier pour la finale du ski halfpipe à partir de la même heure. À 1h30, ce seront les qualifications du petit nouveau du programme olympique, le snowboard big air : ce sera sans la Française Lucile Lefèvre qui s’est blessée lors des entraînements.

Il y aura les demi-finales du tournoi féminin de hockey-sur-glace avec, à 5h10, États-Unis/Finlande, et, à 13h10, Canada/Athlètes olympiques de Russie. À partir de 12h15, les deux dernières manches de la compétition de bob à deux masculine se dérouleront alors que le 500m hommes de patinage de vitesse commencera à 13h. Enfin, la compétition par équipes de saut à ski débutera à 13h30 sur le grand tremplin d’Alpensia.

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A propos de Florian Burgaud 54 Articles
Amoureux de sport depuis tout petit. Les sportifs d'hiver c'est la vie. Étudiant en M1 journalisme sportif à l'EDJ Nice.

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