La liste des 31 pour la Coupe du Monde au Japon : assurer le présent en préparant le futur

Ce lundi, Jacques Brunel a choisi les 31 hommes qui partiront au Japon pour la Coupe du Monde (20 septembre – 2 novembre). Un tout porté au nom de la transition vers 2023. Explications.

Comme Didier Deschamps et Corinne Diacre avant lui, c’est au 20h de TF1 que Jacques Brunel a devoilé la liste des 31 joueurs qui porteront la tunique bleue lors de la Coupe du Monde au Japon. L’annonce fut très rapide, en rien spectaculaire. La seule présence de Gilles Bouleau sur le plateau n’a pas permis d’avoir une réaction à chaud et pertinente sur les choix faits par le sélectionneur. Pourtant, des choix forts ont été effectués par Jacques Brunel et son staff.

En effet, il a fallu trancher entre les 37 joueurs présélectionnés. Les réservistes ont autant joué leur chance dans les 31 de la première liste dévoilée au mois de juin. Cela a payé puisque deux d’entre eux, Cyril Baille, le pilier toulousain, et Charles Ollivon, troisième-ligne à Toulon, ont amené le sélectionneur à rétrograder deux joueurs de la première liste. Un choix fort parmi tant d’autres pour un groupe qui, selon Jacques Brunel, “allie l’expérience et la jeunesse“.

L’expérience, un clé de lecture essentiel

Comprendre la liste de Jacques Brunel ne peut pas se faire juste en ayant vu les trois matchs de préparation. Tout d’abord parce que tous les joueurs n’y ont pas pris part (quatre d’entre eux n’ont pas joué une minute). Et ensuite, parce que la réalité de l’instant pèse autant et même parfois moins que le passé d’un joueur. Dans la liste révélée lundi, l’expérience est un critère essentiel qui a guidé certains choix. Notamment celui de faire une place dans l’avion pour le Japon à Louis Picamoles. Le joueur de Montpellier sort d’une saison compliquée et ses dernières prestations au sein du XV de France laissaient clairement à désirer. Pourtant, il compte 79 sélections et c’est là l’argument principal de sa présence dans le groupe France qui a un moyenne de 26 sélections par joueur.

Cette clé de l’expérience peut aussi être lue en prêtant attention aux clubs représentés dans la liste de Jacques Brunel. Neuf clubs sont présents. Sans surprise, les deux plus présentés sont Clermont (7 joueurs) et le champion de France, Toulouse (8 joueurs). Cela permet au sélectionneur et à son staff d’avoir des joueurs qui se connaissent et qui sont habitués aux matchs de phase finale de Top 14 et de Coupe d’Europe. Un vécu important dans un groupe inexpérimenté et surtout jeune.

Une liste jeune, symbole d’une transition

Sur les 31 sélectionnés pour la Coupe du Monde, 10 joueurs ont moins de 24 ans et plus de la moitié des joueurs de cette liste seront encore “en âge” de postuler à la Coupe du Monde 2023 organisée en France. C’est le leitmotiv depuis quelques mois maintenant à la FFR et la victoire de la candidature française : faire émerger la génération de 2023. C’est une des raisons qui explique la présence de Galthié dans le staff de Brunel. La futur sélectionneur pourra déjà observer de l’intérieur une Coupe du Monde et ainsi engranger une expérience précieuse qu’il n’aurait trouvé nulle part ailleurs. Autrement dit, il n’est pas faux de voir cette Coupe de Monde comme un début plutôt d’un aboutissement, ce qui est normalement le cas.

La jeunesse de la liste peut aussi se lire dans le choix de Brunel et Galthié de privilégier des joueurs “polyvalents”. Ce mot est revenu dans la bouche du sélectionneur à de nombreuses reprises lors de la conférence de presse qu’il a donnée après l’annonce de la liste. Notamment pour justifier la présence dans les 31 joueurs sélectionnés d’Arthur Iturria et de Demba Bamba, qui a rejoint le groupe très récemment après une opération du cou.

Selon Brunel, l’intêret d’avoir Bamba dans la liste se trouve dans le fait qu’il peut indifferemment le poste de pilier gauche et droit. Ainsi, cela fait un joueur de gagné sur la liste, ce qui a notamment permis de prendre 3 demis de mêlée. Ce sont surtout les jeunes joueurs qui sont concernés par cette polyvalence (Bamba, Iturria, Ramos et Ntamack entre autres). Il s’agit d’avoir des joueurs capables de répondre à un rugby qui évolue dans son jeu et qui peuvent ainsi s’adapter à un changement de plan de jeu en cours de match. La transition et la jeunesse se voient autant dans la nécessité de rajeunir le groupe mais aussi d’être dans l’air du temps du rugby.

Ces 31 joueurs portent l’espoir d’une partie du pays mais leur plus grand défi sera surtout de parvenir à reconquérir le regard de tout un pays. Et pourquoi pas de faire sortir une figure de proue parmi les jeunes de ce groupe. Le XV de France doit se concentrer sur le présent, sur le premier match face à l’Argentine mais certains ont le regard porté plus loin. L’avenir se prépare maintenant et cette liste le montre mais elle dit aussi une dernière chose : que la Coupe du Monde approche à grand pas et que les Bleus n’auront qu’une envie, aussi folle et irréalisable soit elle, eux aussi veulent ramener la coupe à la maison.

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