L’ASVEL, analyse d’une réussite

7 victoires consécutives, voilà le bilan de l’ASVEL sur les 3 dernières semaines. Après un faux départ en Coupe de France (élimination par Strasbourg), le club dirigé par Tony Parker s’est mis en route en championnat et surtout en Euroligue. Cette saison est historique pour l’équipe de Villeurbanne-Lyon qui retrouve, pour deux ans, la plus grande compétition de basket en Europe. Depuis l’arrivée de Tony Parker à la tête du club, ce dernier a pris une autre dimension. Retour sur les ingrédients de cette réussite et sur le début de saison canon de l’ASVEL.

Un été pour grandir et se renforcer

Arrivé au capital du club en 2009, il aura fallu 5 ans à Tony Parker pour en prendre la tête et 5 années supplémentaires pour faire de l’ASVEL, le plus grand club français actuellement. Depuis le départ, un des objectifs était de ramener l’équipe villeurbannaise en Euroligue et l’aura de l’ancien joueur NBA est pour beaucoup dans le succès de la candidature.

Pourtant, malgré cet objectif atteint, l’été a été fort studieux pour la direction du club afin de continuer sur cette lancée. En juin 2019, un partenariat d’envergure est signé avec l’Olympique Lyonnais. Le club de Jean-Michel Aulas a acquis 20% des parts de l’ASVEL pour un montant de 3 millions d’euros. Ce partenariat a deux conséquences importantes. Tout d’abord, l’apport financier n’est pas à négliger. En effet, avec l’arrivée de l’OL à son capital, l’ASVEL est devenu le premier club français à présenter un budget supérieur à 10 millions d’euros. En France, cela est la preuve d’un grand club mais à l’échelle européenne, l’ASVEL est un nain avec ce montant 4 fois inférieur à celui du Real Madrid par exemple. La partenariat avec le club de Lyon est aussi un message envoyé au board de l’Euroligue dans la mesure où beaucoup de clubs y participant sont en fait des clubs multi-sports comme le FC Barcelone ou le Bayern Munich qui sont présents aussi bien sur le gazon vert que sur le parquet. Cette alliance entre le football et le basket peut donc être vue comme le premier pas vers un projet plus grand.

Mais l’argent ne fait pas tout car il a aussi fallu construire un effectif pour parvenir à jouer sur deux tableaux. La défaite en Coupe de France a un peu allégé le calendrier mais l’ASVEL sait que sa saison sera longue d’au moins 68 matchs de saison régulière (Jeep Elite + Euroligue). Pour pouvoir tenir le choc sur ces deux tableaux, la direction a voulu construire un effectif étoffé. La moitié de l’équipe a été renouvelé. Des joueurs importants la saison dernière comme Mantas Kalnietis ou DeMarcus Nelson ont quitté le club. Le coach monténégrin, Zvezdan Mitrovic, a vu arriver sous ses ordres des joueurs rodés pour les joutes européennes comme Antoine Diot, Edwin Jackson ou Jordan Taylor. Pour Edwin Jackson, il s’agit d’ailleurs d’un retour aux sources, lui qui a débuté professionnel à l’ASVEL. Le noyau de joueurs de la saison dernière (Lighty, Payne, Kahudi, Jean-Charles) a vite adopté ses nouveaux arrivants. La volonté de s’appuyer sur les jeunes est aussi affirmée avec le recrutement de Rihards Lomazs, shooteur lettonien, et d’Ismael Bako, pivot grand espoir belge. Sans oublier Theo Malédon, la star de cette jeunesse. Ces jeunes pourront s’aguerrir face à de grandes équipes et profiter de l’expérience de leurs coéquipiers. L’effectif n’est pas pléthorique en comparaison aux autres écuries européennes donc sa gestion sera une problématique importante pour la staff de Mitrovic.

Un debut de saison canon mais attention…

L’ASVEL est invaincu en championnat et en Euroligue. Le constat est là. Et l’équipe de Villeurbanne n’a pas eu les adversaires les plus faciles. Limoges, Strasbourg et Dijon se sont déjà frottés aux joueurs villeurbannais en France et sont chacun repartis du parquet la tête basse, dépassés par une équipe qui impressionne par son intensité et un niveau de jeu déjà très élévé. Pourtant, l’ASVEL n’a pas eu une préparation idéale. Même si la totalité de l’effectif a repris mi-juillet, le coach Zvezdan Mitrovic n’a pu mettre sa patte sur le groupe qu’après la Coupe du monde durant laquelle il a coaché le Monténégro. Il n’est arrivé qu’à partir du 11 septembre. Le mauvais départ en Coupe de France peut s’expliquer par cette prise en main tardive.

Les coéquipiers d’Edwin Jackson ont tout de suite su se mettre au niveau. La saison dernière, en championnat, l’ASVEL ne s’est incliné qu’une seule fois et vu son effectif, la même chose pourrait bien se reproduire. Mais… il y a aussi l’Euroligue et cette compétition change toute la saison d’une équipe qui la dispute. En effet, en plus des 34 matchs de saison régulière, il faut ajouter les déplacements et la fatigue ainsi que le poids des défaites qui finiront par arriver. Parce qu’en Euroligue aussi, l’ASVEL a débuté de la meilleure des manières. Le duo grec qui s’annonçait à l’Astroballe avait de quoi faire peur. Mais l’Olympiakos n’était pas prêt et les villeurbannais en ont profité. Quant au Panathinaikos, il était prêt mais l’ASVEL a su créer l’exploit. Comme si les Villeurbannais annonçaient ceux que va être leur saison en Euroligue, aller chercher des exploits semaine après semaine face aux géants du basket européen.

Mais attention au surrégime ! Le club de Tony a démarré sur les chapeaux de roue. Pourtant, il va falloir vite entrer dans la gestion et surtout savoir faire la part des choses entre le championnat de France et l’Euroligue, qui sont deux niveaux différents entre lesquels les joueurs vont devoir jongler. Et malgré un effectif pensé pour réussir partout, la surcharge de matchs peut vite occasionner des blessures (Théo Maledon déjà absent 6 semaines). Ces dernières semaines, l’ASVEL est dans une spirale positive et rien ne laisse un retour immédiat sur Terre. Le seul doute que l’on pourrait émettre est sur la capacité de ce groupe à faire face aux défaites répétées qui leur sont prédites en Euroligue. Il est dur de tant vibrer devant le jeu de cette équipe et de devoir chercher les raisons pour les freiner mais adopter ce recul est nécessaire.

Pour le moment, l’ASVEL nous enchante à chaque match et pourvu que ça dure. Après la médaille de nos Bleus à la Coupe du monde, les performances des villeurbannais (avec 7 joueurs français dans son effectif) permettent au basket français de se refaire un nom en Europe. En introduction à la série sur l’ASVEL produite par RMC Sport (que je vous recommande), Tony Parker dit qu’avec l’ASVEL, il “souhaite rendre au basket français ce qu’il lui a donné”. Pour le moment, le pari est tenu et nous suivrons l’affaire avec grand intêret. Rendez-vous jeudi soir à Munich pour les coéquipiers d’Antoine Diot pour continuer à faire connaissance avec la gratin du basket européen.

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