EDF : L’avenir leur appartient

Début septembre, neuf mois nous séparent désormais de la plus grande compétition sportive de la planète : la Coupe du Monde de football. A compter du jeudi 14 juin 2018, le monde entier aura les yeux rivés sur la Russie. Un mois de compétition, trente-deux équipes, soixante-quatre rencontres, avec comme seul et unique point d’orgue, la finale, qui aura lieu le 15 juillet. Pour les Bleus, l’objectif est désormais en ligne de mire : ramener le trophée Jules Rimet et devenir champions du monde. L’équipe de France en a-t-elle réellement les capacités ?

Comme depuis la création de cette fabuleuse épreuve sportive en 1930, l’équipe de France aura son rôle à jouer (permettez-moi d’excepter la tragédie Bulgare) en Russie. Pour autant, elle bénéficiera d’un statut tout nouveau : celui de l’équipe « jeune », nouvelle, sans repère en compétition internationale. Si la France parvient à se qualifier, le monde la regardera en se demandant ce qu’elle a vraiment dans le ventre. L’Equipe de France sera-t-elle alors rattachée au rôle d’équipe sensation et belle à voir mais pourtant condamnée à l’échec ? Ou alors, la France, au fur et à mesure des tours, apparaîtra-t-elle comme une équipe solide, sûre de son jeu et capable de réellement gagner la Coupe du Monde grâce à des joueurs uniques ? Là est toute la question et les prévisions quant à l’issue du tournoi apparaissent d’ores et déjà comme fortuites. Personne ne sait vraiment ce que vaudra cette équipe dans neuf mois ni quel rôle lui sera attribué.

Étincelants et décevants

Après les deux matchs de septembre contre les Pays-Bas et le Luxembourg, les Bleus présentent une seule et unique certitude, ils sont capables du meilleur comme du pire. D’abord virevoltants et réjouissants le mardi contre les bataves, les Bleus de Deschamps ont régalé de fluidité et de beau jeu. L’avènement de Thomas Lemar, auteur d’un doublé, mais aussi la prise de pouvoir « définitive » de N’Golo Kanté, omniprésent, au milieu, laissaient entrevoir de bonnes perspectives au vues du second match de dimanche. Et malheureusement, une fois encore, les Bleus sont incapables de confirmer. 34 tirs à 1, 70% de possession pour… 0 but. La chute était violente, inattendue. Personne ne voyait cette équipe si réjouissante 3 jours plus tôt,  n’obtenir qu’un seul petit point contre la 136e équipe au classement Fifa.

Cependant la mauvaise performance de l’équipe de France est à prendre avec mesure, 3 poteaux, 30 tirs cadrés, il apparaît raisonnable de dire que ce genre de match arrive une fois par décennie car tout comme en Liga, il arrive parfois au grand Real de faire match nul contre Leganes ou comme en France de voir le PSG perdre au Roudourou… La cage de Joubert, le gardien Luxembourgeois resta alors inviolé durant 90 minutes et cela tient du miracle.

Des raisons d’espérer

Ce groupe possède malgré tout des qualités indéniables. Ils peuvent rentrer dans l’histoire et en ont conscience. Tout d’abord, les Bleus peuvent compter sur un sélectionneur expérimenté. A priori, Deschamps ne semblait pas être le sélectionneur parfait pour mener cette équipe à la victoire finale en raisons des caractéristiques des joueurs qui composent la sélection. Avec la Juventus et Monaco, Deschamps s’est toujours appuyé sur une forte assise défensive privilégiant le physique de ces milieux de terrains à la fougue de ces avants. Mais pour 2018, DD devra composer autrement. On ne le dira jamais assez mais Deschamps est un pragmatique, il s’adapte à ces joueurs et comme remarqué dans ces 2 confrontations de septembre, il est capable de changer de dispositif tactique pour mettre toutes les chances de son côté. Car ce 4-2-3-1 que nous pouvons également appelé 4-4-2 apparaît comme le dispositif adéquat à cette équipe, répondant parfaitement aux qualités des ces joueurs offensifs et Deschamps semble enfin en avoir pris conscience. Au diable son milieu à 3, DD compte désormais sur Kanté et Pogba pour gagner la bataille du milieu de terrain et servir de rampe de lancement à ses foudres de guerres en attaque. Les trop nombreuses titularisations de Sissoko au poste d’ailier droit semblent maintenant être de l’histoire ancienne. DD s’est remis en question et change ces avis qui semblaient pourtant définitif, c’est un petit pas pour l’homme mais un grand pas pour l’Equipe de France.

Deuxièmement, la France possède un réservoir offensif tout neuf et de qualité. Dans l’histoire du football français, jamais son attaque ne fit aussi peur que maintenant. Lemar, Dembele, Mbappe, Griezmann, Coman, Martial, Lacazette, Fekir. Autant qualitativement que quantitativement la France peut se voir attribuer le titre d’une des toutes meilleures attaques du monde. « Percussion, dribble et efficacité » résume ces Bleus qui se disputeront des places de titulaires au mondial. De mal en pis, il reste malgré tout deux cas offensifs à régler. Le premier, le cas Karim Benzema, écarté en sélection depuis 2016, semble être réglé puisque DD a annoncé ne pas avoir besoin de ce dernier. Le second est plus problématique, puisque le sélectionneur compte toujours sur Giroud, pourtant très peu à son aise contre le Luxembourg, laissant un seul doute à élucider : qui pour accompagner Griezmann en pointe ? L’avenir semble être promis à Kylian Mbappé, dont le talent individuel et collectif a encore une fois impressionné. En 2018 la France devra donc aligner une équipe où Mbappe et Griezmann se partageront le rôle de buteur en jouant tous les deux dans l’axe où ils trouveront deux soutiens sur les ailes : Lemar à gauche et Dembele à droite. Ajoutez à cela deux des meilleurs milieux de Premier League et une charnière centrale composée d’Umtiti et de Varane (ou Koscielny), tous deux titulaires dans les deux plus grands clubs d’Espagne que sont Barcelone et le Real Madrid sans oublier un des meilleurs gardiens du monde en la présence d’Hugo Lloris.

Cette équipe est jeune peut-être trop pour espérer gagner la coupe du monde en Russie. Mais la France fera peur au monde entier et si Deschamps véritable meneur d’hommes fait les bons choix quant au dispositif et à l’animation de son équipe, la France peut prétendre au titre suprême, la fougue et la folie seront nos principales qualités, mais l’irrégularité et le manque d’expérience pourra nous faire défaut. Qu’importe, ces bleus sont jeunes, beaux, talentueux et titulaires dans les plus grands clubs d’Europe malgré leurs jeunes âges. Il est maintenant l’heure pour eux d’écrire leurs propre histoire, d’aller en Russie avec la volonté affiché d’être champion du monde et aller chercher cette 2ème étoile sur le maillot tricolore, car une chose est sûre désormais : l’avenir leur appartient.

 

Guillaume Foucqueteau

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