Lucie Bréard, pionnière de l’athlétisme français

Lucie Bréard, en 1920, qui arbore fièrement le béret du Fémina Sport, dont elle l’une des plus brillantes représentantes, avec Suzanne Liébrard, Lucie Cadiès, Thérèse Brulé, Germaine Delapierre ou encore Violette Morris. © DR

La Parisienne Lucie Bréard (1902-1988) a marqué de son empreinte les années 1920. Recordwoman du monde du 500, 800 du 1000 m, l’athlète s’est aussi distinguée en intégrant le célèbre Fémina Sport, premier club omnisport composé uniquement de femmes.

Elle ne quittait que rarement son béret du Fémina Sport, qu’elle arborait fièrement. C’était assurément l’une des figures sportives du début des années 1920. Lucie Bréard faisait partie de ses sportives qui ont largement contribué à la reconnaissance du sport féminin. Par ses résultats, bien sûr, mais aussi par son aura pour valoriser la femme, sur et en dehors des stades et des terrains. A l’instar de son amie Alice Milliat, fondatrice du Fémina Sports et des Jeux mondiaux féminins.

Si elle n’a pas outrageusement dominé sa spécialité pendant plusieurs décennies, Lucie Bréard a eu ses années de gloire. Elle possédait avant tout un finish impressionnant qui lui permettait de passer irrésistiblement ses adversaires dans la dernière ligne droite. Lors des seconds Jeux Mondiaux féminins de Paris en d’août 1922, non reconnus par le Comité International Olympique car en contradiction avec l’esprit de l’organisateur Pierre de Coubertin, elle fut l’unique Française à être couronnée. Sur une épreuve du 1 000 m qu’aucun détracteur ne pourrait oublier.

«La course de ces championnats», lisait-on sur une gazette locale de l’époque. Le dénouement de cette course restant dans les annales. Au coude à coude avec Georgette Lenoir, qui avait attaqué dès le début de la course et battu au passage les records du monde du 500 m et du 800 m, Lucie Bréard passe sur le fil sa concurrente, comme elle en avait le secret. Établissant un nouveau record du monde du 1 000 m, en 3’12″2.

Des records à la pelle

Et ce n’est pas le seul record qu’elle a battu. Déjà le 29 mai 1921 au stade Pershing, à Paris, elle avait enlevé le record mondial du 500 m en 1’33”2. Devenant pour l’occasion la première Française recordwoman du monde d’une discipline athlétique. Quelques mois plus tard, le 7 août 1921, la native de Paris, âgée tout juste de 19 ans, avait également enlevé deux nouveaux records mondiaux. Sur 800 m, en 2’30”2, mais aussi sur un étonnant relais 10×100 m, réalisé en 2’23”1 dans son antre du même stade Pershing. « Elle porte avec elle la grâce », pouvait- on lire dans La Vie au Grand Air du 13 septembre 1921.

L’athlète du Fémina Sport a également remporté, en 1921, le 800 m des premiers Jeux Mondiaux féminins à Monte-Carlo. Championne de France de cross et du 1 000 m en 1920, elle a par ailleurs conservé ses deux titres en 1921, auxquels s’ajoute celui du 300 m en 46’4, révélateur de ses potentialités de résistance et de vitesse. En 1924, Lucie Bréard se marie et se retire de la compétition. Près de 100 ans plus tard, ses performances sont loin d’être tombées dans l’oubli. Peut-être peut-on encore aujourd’hui la considérer comme la première championne de l’athlétisme français.

A propos de Clément Carton 164 Articles
- Fondateur d'Agora Sports depuis septembre 2016 - 21 ans, Lyonnais, M2 Journalisme Sportif à l'EDJ Nice. Envie de partager ma vision du sport. Suivez-moi sur Twitter : @clementcarton

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