[LUNDI PING] Hennebont et Saint-Quentin commencent bien en Ligue des champions, Metz, Villeneuve et Angers tombent d’entrée, les championnats d’Asie en Indonésie et à la découverte de Xu Xin, actuel n°1 mondial

Qui dit nouvelle saison dit nouveau rendez-vous sur Agora Sports. A défaut de retrouver du tennis tous les lundis, la petite balle blanche tentera de se faire une place aux côtés de sa grande sœur, la petite balle jaune. Franchement, lire un article sur du ping pong, est-ce que ce n’est pas comme si un club de football français arrivait en finale de coupe d’Europe ? Ou comme si on trouvait un billet de cinquante euros par terre dans la rue. Ça, ça n’arrive qu’une fois tous les dix ans. Et encore.

L’objectif de cette nouvelle rubrique est de faire partager, vivre, diffuser et rendre accessible l’actualité du tennis de table en faisant découvrir les arcanes du circuit international avec ses prestigieux tournois, ses grands joueurs et son monde de passionnés. Car oui, il y a des passionnés de ping (tout arrive !) et des passionnés de beau jeu. Les échanges de 20 coups de raquette, des rencontres de folie, des Français qui brillent, des Chinois qui dominent (ô surprise !) et le doux bruit d’une balle en plastique tombant amoureux du caoutchouc collé au bois d’une raquette vernie par la sueur du pongiste, c’est de tout cela que parlera Lundi Ping. Dans ce premier numéro, la première journée de la Ligue des champions et les championnats d’Asie sont à l’honneur. Nous partirons aussi à la découverte du Chinois Xu Xin, actuel n°1 mondial en simple.

Le ping, version Europe

Ligue des champions, épisodes 22 pour les hommes et 14 pour les dames

Les joueuse de Tarnobrzeg ont remporté la Ligue des champions la saison passée en battant en finale le club du DR Casl Zagreb, tenant du titre. (ittf.com).

Il n’y a pas qu’en foot ou au hand que la Ligue des champions demeure le plus grand titre par équipes en Europe. Depuis 1998, les plus grands clubs du Vieux Continent s’écharpent pour conquérir la plus prestigieuse récompense qu’un joueur puisse obtenir avec son club. Après avoir constaté l’engouement des équipes pour la compétition, l’Union européenne de tennis de table (ETTU) a décidé en 2005 de la convertir au féminin, la rendant ainsi convoitée par encore plus de formations. Seize équipes masculines, réparties en quatre groupes de quatre, et douze équipes chez les dames (quatre poules de trois) se disputent chaque saison le titre européen.

Peut-être considérée à tort comme la compétition réunissant les équipes ayant remporté leur championnat national au cours de l’année précédente, la Ligue des champions ne réunit qu’en réalité le club tenant du titre et les quinze (ou onze) formations les mieux situées dans le classement européen. La France, malgré trois clubs qualifiés, se retrouve orpheline de son champion de France, Jura-Morez. Hennebont, Villeneuve-sur-Lot et Angers côté masculin et Metz, Lille et Saint-Quentin côté féminin sont donc les fers de lance du ping tricolore sur la scène européenne en cette saison 2019-2020.

Hennebont part bien, Angers et Villeneuve s’inclinent chez deux des favoris

Cédric Nuytinck a permis à la Garde du Voeu Hennebont d’entamer sa campagne européenne par une victoire. (Christian Neuville/ittf.com).

Cette première journée a ainsi vu les clubs français connaître des fortunes diverses. Si Hennebont, vice-champion de France en titre a idéalement entamé sa campagne, Angers et Villeneuve n’avaient pas la faveur des pronostics respectivement face à Orenbourg et Sarrebruck. Les Morbihannais, d’abord, se sont extirpés du piège tendus par les Croates du STK Starr Varazdin en s’imposant 3-1 à l’extérieur. Leur leader, le Belge Cédric Nuytinck, a notamment ramené deux points et permis à son équipe de prendre la première place du groupe, ex aequo avec le Borussia Düsseldorf, champion d’Europe en 2018.

Pour Angers et Villeneuve, le match a tourné à la petite correction. Logiquement battus 3-0 à Orenbourg (Russie), les Angevins bénéficieront lors des prochains matches du retour du Suédois Jon Persson, 53ème mondial, ce qui leur permettra d’avoir plus de solidité dans leur effectif. Quant aux Lot-et-Garonnais, leur baptême du feu en Ligue des champions aurait pu connaître meilleur sort si Vassily Lakeev, 1115ème, avait battu le joueur de Sarrebruck Darko Jorgic, 43ème. Seulement vaincu en cinq sets, le Russe n’est pas passé loin de l’exploit de cette journée.

Saint-Quentin s’impose, Metz perd face aux tenantes du titre

Zhang Mo a offert la victoire à Saint-Quentin lors de la première journée de Ligue des champions face à Villach. (José Hudo Castañer/ittf.com).

Chez les dames, Saint-Quentin a disposé aisément des Autrichiennes de Villach (3-1). Grâce à la Canadienne Zhang Mo, victorieuse de ses deux matches, les Axonaises commencent à se frayer un chemin vers les quarts de finale.

En revanche, Metz a vécu une journée européenne très délicate face aux tenantes du titre de Tarnobrzeg (Pologne). Avec l’Allemande Han Ying, vice-championne olympique par équipe en 2016, et la Roumaine Elizabeta Samara, tout juste auréolée d’un deuxième titre de championne d’Europe avec sa sélection, elles ont fait respecter la hiérarchie face aux Françaises (3-0). Les Lorraines joueront déjà leur survie dans la compétition le 27 octobre prochain face aux Hongroises de Budaörs.

Le ping, version Asie

Les championnats d’Asie, qui pour contester la suprématie chinoise ?

Le prodige Tomokazu Harimoto parviendra-t-il à renverser la Chine avec ses coéquipiers japonais lors des championnats d’Asie ? (Japan Table Tennis Association).

La période estivale est souvent synonyme de titres continentaux sur la planète ping. Après la Coupe d’Afrique, les Jeux Panaméricains et les championnats d’Europe par équipes, l’Asie tout entière se réunit en Indonésie pour désigner ses maîtres. Et nul doute que l’hymne chinois retentira régulièrement à Yogyakarta, ville-hôte des 24èmes championnats d’Asie du 15 au 22 septembre. Si l’Empire du Milieu est présente pour tout rafler sur son passage, le Japon a l’occasion de contrecarrer cette gigantesque domination chinoise avec son prodige de 16 ans, Tomokazu Harimoto, cinquième joueur mondial.

Les sept titres en jeu (simple messieurs et dames, double messieurs et dames, double mixte, tournoi par équipes messieurs et dames) intéressent grandement d’autres nations comme la Corée du Sud qui bénéficie d’une force collective impressionnante avec quatre joueurs dans le top 30 mondial. Chine, Japon, Corée du Sud ou même Taipei, faites vos jeux. Le crème de la crème du ping est réunie pour une semaine de furie pongistique.

A la découverte de… Xu Xin (Chine)

Xu Xin a remporté l’Open du Japon pour la troisième fois de sa carrière. (ittf.com).

A chaque numéro, Agora Sports vous fera découvrir une star du circuit international. Peu connus du grand public mais adulés dans le monde de la petite balle blanche, les très grands joueurs et joueuses sont nombreux à être encore en activité. Au sein de cette génération de légendes, cette semaine, nous partons à la découverte du Chinois Xu Xin, numéro un mondial.

Xu Xin, c’est un peu le Andy Murray du tennis de table en Chine. Joueur à la renommée internationale, le leader du classement ITTF a grandi dans l’ombre de deux joueurs de légende, purs produits de l’Empire du Milieu : Ma Long et Zhang Jike. Avec cinq titres mondiaux, quatre coupes du monde et deux titres olympiques à eux deux, ils ont fait des ravages entre 2011 et 2019. A 29 ans, Xu Xin (prononcez « Chou Chine ») possède toutefois un palmarès susceptible de donner le tournis au commun des mortels. Une coupe du monde, cinq titres mondiaux par équipes, un titre mondial en double, deux titres de champion d’Asie et de multiples victoires en World Tour (le circuit international) dont le prestigieux Open du Japon en juin dernier. Et peut-être d’ici quelques jours un titre continental supplémentaire.

Ce grand nombre de victoires est dû à un style de jeu lui permettant d’obtenir des points assez facilement. Avec un jeu offensif à base de top spin, le Chinois se met en position favorable rapidement au cours de l’échange. Bon serveur, celui qui est surnommé « Xuperman » enchaîne souvent avec un top spin de coup droit : il met un effet lifté à la balle juste après sa mise en jeu et prend ainsi son adversaire de vitesse. Avec son mètre quatre-vingts, Xu Xin est parmi les plus grands du circuit mais possède un déplacement suffisamment rapide pour rester efficace à la table.

Battu par le Français Simon Gauzy aux championnats du monde à Budapest en avril dernier, le n°1 mondial sait que pour faire partie des légendes du tennis de table, la médaille olympique est un passage obligé. Face aux éternels rivaux japonais, le rendez-vous de Tokyo 2020 est peut-être celui de la dernière chance, avec la montée de jeunes pépites chinoises, prêtes à lui chiper la pancarte de leader de l’équipe de Chine.

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