[LUNDI PING #3] Fan Zhendong et la Coupe du monde, le tube de l’automne

Fan Zhendong a soulevé sa troisième Coupe du monde, au détriment de Tomokazu Harimoto (à g.) et de Lin Yun-Ju (à d.) (Rémy Gros/ittf.com).

Fan Zhendong s’est imposé en finale de la Coupe du monde, ce dimanche à Chengdu, face au Japonais Tomokazu Harimoto. Devant son public, le Chinois a marché sur ses rivaux pour conquérir sa troisième couronne après 2016 et 2018 et conserve sa première place mondiale.

Le joueur : Fan Zhendong

Si les Quatre Saisons du tennis de table se cherchent encore un chef d’orchestre, nul doute que Fan Zhendong s’occuperait volontiers de diriger ses rivaux à la baguette pour l’Automne. Quasi-intouchable depuis deux mois, le n°1 mondial a surfé sur la vague de ses succès automnaux pour soulever un nouveau trophée et marquer son territoire en cette fin d’année.

Vainqueur de l’Open d’Allemagne en individuel puis de la Coupe du monde par équipes avec la Chine ces dernières semaines, le joueur de 22 ans s’est fait un malin plaisir de conserver « sa » Coupe du monde, lui qui a disputé sa quatrième finale en autant de participations. Directement qualifié pour les huitièmes en sa qualité de tête de série n°1, le natif de Guangzhou n’a pas réellement eu à s’inquiéter. Ses victimes, l’Autrichien Daniel Habesohn (4 sets à 0), l’Allemand Timo Boll (4-1) et le joueur de Taipei Lin Yun-Ju (4-0), n’ont pas mis en danger le Chinois. Sûr de sa force, ce dernier a maîtrisé de bout en bout son tournoi… jusqu’au premier set de la finale contre le prodige japonais Tomokazu Harimoto.

Malmené par celui qui se retrouvait pour la première fois en finale de la Coupe du monde, Fan Zhendong a même entrevu ce qui semblait être improbable depuis deux ans. Basculant à deux sets à un contre lui, il s’est finalement repris pour remporter les trois manches suivantes, malgré une frayeur dans le sixième set (il était mené 5-1). Invaincu depuis deux ans lors de rendez-vous annuel de fin de saison, Fan Zhendong est l’homme de la Coupe du monde comme en témoigne cette stat affolante : il n’a perdu que cinq sets en deux éditions.

La stat : cinq sets perdus en deux éditions pour Fan Zhendong

Pour le retour de la Coupe du monde en Chine, il fallait bien fêter ça. Fan Zhendong est donc devenu le troisième joueur à conserver son titre, preuve que cette compétition est difficile à apprivoiser quand la pancarte de favori vous colle à la peau. Après avoir réalisé la même performance que ses compatriotes Ma Lin en 2004 et Wang Hao en 2008, le n°1 mondial a également apporté une raison supplémentaire pour tenter d’expliquer sa domination sur le tournoi regroupant les meilleurs joueurs de la planète.

Sur un format en quatre sets gagnants, la stat est tout bonnement monstrueuse tant il est difficile de maintenir un niveau de jeu régulier et d’une intensité folle pendant au minimum 45 minutes. Sur les deux dernières éditions de la Coupe du monde, Fan Zhendong n’a donc concédé que cinq manches face à la crème du ping international. Seul le génie japonais Tomokazu Harimoto, n°5 mondial à 16 ans, a pu lui prendre deux sets sur cette période. Une confiance sur laquelle se baser pour le dernier rendez-vous de l’année : les World Tour Grand Finals (équivalent du Masters en tennis) à Zhengzhou du 12 au 15 décembre prochains.

La révélation : Lin Yun-Ju (Taipei)

Quarantième mondial il y a un an, le joueur de Taipei Lin Yun-Ju s’est offert ce week-end la plus belle victoire de sa carrière en battant Ma Long lors du match pour la troisième place de la Coupe du monde. Du haut de ses 18 ans, le n°10 mondial repart ainsi de Chengdu avec une médaille de bronze inattendue et une victoire de prestige, face au champion du monde en titre.

Opposé à l’un des prétendants au titre, le représentant de Taipei a mis son aîné sous pression en empochant les deux premières (11-4, 13-11) avant que le bras de fer entre les deux ne commence. Avec sa patte de gaucher et sa silhouette fluette, le vainqueur de l’Open de République Tchèque a persisté dans son schéma tactique. Tout en variant les placements de ses services et de ses remises, il a fait déjouer son adversaire, rarement déboussolé à ce point dans l’aire de jeu. Voyant le Chinois revenir à trois manches partout, Lin Yun-Ju a totalement muselé « le Dictateur » (surnom de Ma Long) dans le set décisif, remportant notamment neuf des dix derniers points de la petite finale.

Joueur très à l’aise en revers et très malin avec son toucher de balle, le joueur de Taipei a fait souffler, avec son cadet Harimoto, un vent de fraîcheur sur la planète ping, vampirisée par le mastodonte chinois. Avec le titre de Fan Zhendong (22 ans), la médaille d’argent de Tomokazu Harimoto (16 ans) et le bronze de Lin Yun-Ju (18 ans), la jeunesse ne serait-elle pas désireuse de changement ?

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