[LUNDI TENNIS] Herbert et Mahut au panthéon, le règne de Tsitsipas Ier et la Coupe Davis newlook

Nicolas Mahut (à g.) et Pierre-Hugues Herbert (à d.) ont remporté dimanche soir leur premier Masters, à Londres (Twitter Nitto ATP Finals).

Avant de résumer la formidable semaine tennis qui vient remplir ces lignes, le choix de la Une mérite une petite explication. Il n’y a rien à retirer du succès de Tsitsipas hier soir à Londres ni à l’euphorie Coupe Davis qui animera Madrid pendant une semaine. Mais sur les coups de 18 h, deux Français, Nicolas Mahut et Pierre-Hugues Herbert, ont marqué l’histoire de leur sport en atomisant un Masters qui était loin de leur être promis. C’est sur la lancée de cette semaine mémorable pour le tennis bleu qu’Agora Sports vous résume la semaine tennis qui vient de s’écouler.

Masters : Mahut-Herbert, le double de tous les rêves

Déjà dans l’histoire du tennis français en devenant la première paire tricolore à triompher lors des quatre tournois du Grand Chelem, Nicolas Mahut et Pierre-Hugues Herbert ont gravé, hier à Londres, leurs noms en lettres d’or au sommet du panthéon du tennis mondial. Les Bleus ont inscrit le Masters à leur fabuleux palmarès en battant en finale le Sud-Africain Raven Klaasen et le Néo-Zélandais Michael Venus (6-3, 6-4). Ils deviennent les 12ème et 13ème joueurs de l’histoire à remporter l’Open d’Australie, Roland-Garros, Wimbledon, l’US Open et le tournoi des maîtres. Irrésistibles.

Et dire qu’ils étaient à deux doigts de se lâcher la grappe après leur titre à Melbourne en janvier. Finalement rabibochés à l’occasion de la tournée nord-américaine fin juillet, Mahut et Herbert ont remis la machine en route en fin de saison en enchaînant une demi-finale à Vienne et un titre à Bercy il y a deux semaines, les qualifiant ainsi de justesse pour le Masters de Londres. Avant-dernière équipe à rejoindre l’O2 Arena, la paire française a marché sur la Tamise et sur ses adversaires pour conquérir un titre qui leur avait tendu les bras l’année dernière face à Mike Bryan et Jack Sock (défaite 5-7, 6-1, 13-11 malgré une balle de match).

Les deux Français ont cette fois raflé la mise. Sans perdre un set (une seule autre équipe a réussi pareil exploit depuis 2000), les Bleus ont outrageusement dominé leur sujet. Diablement efficaces au service (plus de 66 % de premières balles tout au long du tournoi) et excellents au retour, ils se sont permis le luxe de battre en poules les n°1 mondiaux (les Colombiens Cabal et Farah), les lauréats de Roland-Garros (les Allemands Krawietz et Mies) et les vainqueurs du Masters 2015 (le Néerlandais Rojer et le Roumain Tecau). Désormais auréolé de la couronne des « Maîtres », le double Mahut-Herbert ne sera pas de trop pour épauler l’équipe de France de Coupe Davis cette semaine.

Masters : Tsitsipas règne sur Londres

Une finale inédite entre d’un côté Stefanos Tsitsipas et de l’autre Dominic Thiem pour clore une saison 2019 qui a vu naître de futurs grands. Comme si cette opposition venait jeter les bases d’une année 2020 loin des standards qui mettent en avant les mêmes têtes sur le circuit depuis une quinzaine d’années maintenant. La finale du Masters a ainsi connu pour la troisième année consécutive un vainqueur inédit. Après Dimitrov en 2017 et Zverev l’an dernier, c’est donc Tsitsipas qui finit la saison en fanfare.

Son succès sur Thiem en finale (6-7, 6-2, 7-6), qui avait battu en poule Federer et Djokovic, est la consécration d’une saison de rêve pour le Grec. Lauréat de l’officieux Masters des moins de 21 ans la saison passée, demi-finaliste à l’Open d’Australie et titré à trois reprises sur le circuit, le n°6 mondial a fait montre d’une incroyable résistance pour aller conquérir la plus grande victoire de sa carrière. Après 2 h 35 d’une finale intense et d’une bataille de revers à une main sublime, le protégé de Patrick Mouratoglou a tenu le choc face à l’un des joueurs les plus tenaces qui, lui aussi, a épaté son monde en maintenant un niveau de jeu phénoménal. Avec deux sets (le premier et le troisième) pendant lesquels les deux protagonistes étaient à leur meilleur niveau, cette finale ne pouvait se terminer qu’au tie-break. Un dernier coup droit dévissé de l’Autrichien a finalement servi de dénouement à un duel qui en appelle d’autres. Seule crainte après cette victoire de Tsitsipas : suivre les pas de ses prédécesseurs Dimitrov et Zverev ne semble pas être la meilleure voie pour toucher du doigt ses rêves de Grand Chelem.

Coupe Davis : le retour de la vieille dame

Au bord de la syncope il y a un an lors de l’assemblée générale de la fédération internationale (ITF) à Orlando en août 2018 à en croire cette farouche volonté de réforme de la Coupe Davis, la plus prestigieuse des compétitions tennistiques va dévoiler à partir d’aujourd’hui son nouveau visage.

Pour sa 119ème édition, la « Coupe du monde du tennis », dont le format a totalement été repensé par le footballeur espagnol Gérard Piqué et le président de l’ITF David Haggerty, a suivi l’exemple de ses collègues du ballon rond. Car à l’instar du football, la compétition créée par Dwight Davis en 1900 regroupera, pour la première fois de son histoire, dix-huit équipes répartis en six groupes. Si ce profond relooking a suscité les plus grands débats entre passionnés férus d’histoire du tennis et artisans d’un renouveau économique de la Coupe Davis par une plus grande attractivité, la compétition sacrera la nation semble-t-il la plus complète.

Les premiers de chaque poule et les deux meilleurs deuxièmes verront les quarts de finale de la Coupe Davis (daviscupfinals.com).

Réduite sur une semaine avec des rencontres ne se disputant plus que sur un jour et en trois matches (deux simples et un double au meilleur des trois sets), la nouvelle formule a néanmoins incité davantage de stars du circuit à retrouver le chemin du maillot national plutôt que d’accorder leur préférence aux exhibitions de fin de saison. Avec les retours de Djokovic et de Nadal sous leurs couleurs, la compétition connaîtra, à défaut d’un regain de forme (à confirmer par la suite), un second souffle. Pour illustrer ceci, les matches de la sélection espagnole contre la Russie et la Croatie se joueront à guichets fermés, uniques rencontres pour l’instant à ne plus pouvoir proposer de billets pour y assister. Néanmoins, beaucoup de joueurs ne voient plus dans cette compétition la « grande » Coupe Davis, comme Nicolas Mahut, fraîchement arrivé à Madrid, qui l’appellera « World Cup ». Coupe Davis, « World Cup », « World Cup » ou Coupe Davis, cette compétition newlook connaîtra son champion du monde dimanche soir.

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