[LUNDI TENNIS] La furia Andreescu, Nadal en patron à Montréal, le tennis russe en plein boom et la surprise Marie Bouzkova

Bianca Andreescu est la première Canadienne à remporter la Rogers Cup depuis 1969. (Jared Wickerham/Tennis Canada).

A deux semaines de l’US Open, la planète tennis faisait escale à Montréal (ATP) et Toronto (WTA). Rafael Nadal et Bianca Andreescu sont repartis du Canada avec le trophée. Mais d’autres ont su tirer leur épingle du jeu, à l’image des Russes Khachanov et Medvedev, ou encore de la Tchèque Marie Bouzkova. Agora Sports vous résume la semaine qui vient de s’écouler.

Andreescu, la furia canadienne

Elle méritait d’être en Une de ce numéro de Lundi Tennis. Quels mots employer pour décrire ce phénomène ? Une boule de feu âgée de 19 ans, passée professionnelle il y a deux ans seulement et désormais 14ème mondiale. Bianca Andreescu a certainement conquis le plus beau titre de sa jeune carrière dimanche à Toronto. Devant un public totalement acquis à sa cause, la Canadienne a réussi un parcours extraordinaire pour devenir la première représentante du pays à la feuille d’érable à soulever le trophée depuis Faye Urban en 1969.

Non tête de série, elle peut se targuer d’avoir éliminé deux membres du top 5 mondial : la n°5 Kiki Bertens en huitième de finale (6-1, 6-7, 6-4) et la n°3 Karolina Pliskova (6-0, 2-6, 6-4). Et puis, comme elle semble faire les choses différemment, Andreescu s’est infligée des matches à rallonge au cours de sa semaine victorieuse. Quatre rencontres en trois sets, dont une où elle est menée 5-3 au troisième contre Kasatkina, pour accéder aux demi-finales.

D’origine roumaine, la nouvelle pépite du tennis canadien espérait glaner le titre devant son public en battant son idole, Serena Williams (38 ans). Mais la fête aura été de courte durée en raison de l’abandon de l’Américaine à cause d’une blessure au dos, après quatre jeux seulement (3-1 ab.). Déjà titrée à Indian Wells en mars dernier, puis blessée depuis ce succès, Andreescu est revenue en trombe au point de figurer parmi les prétendantes au titre à l’US Open.

Nadal, comme une évidence

Au terme d’une semaine maîtrisée, Rafael Nadal s’est imposé pour la cinquième fois au Canada. (eurosport.fr).

Qui a dit que Rafael Nadal n’était qu’un pur « terrien » ? Evidemment à l’aise sur ocre, l’Espagnol a néanmoins remporté son cinquième titre au Canada (2005, 2008, 2013, 2018 et donc 2019) et agrandi sa collection de Masters 1000. Sur la route de son trente-cinquième titre dans la catégorie, le Majorquin a montré qu’en l’absence de Novak Djokovic et Roger Federer il restait le patron du tennis mondial.

Cette fois, il était prêt à en découdre sur une surface physiquement exigeante pour lui. Son tennis était en place, ses déplacements beaucoup plus sûrs que ce qu’il nous réservait à l’accoutumée lors de cette tournée. Après une mise en route maîtrisée face à Daniel Evans et Guido Pella, « Rafa » a dû se remémorer son match à Monte-Carlo contre Fognini en avril. Ayant reçu la leçon de la part de l’Italien, le tenant du titre a ainsi cru connaître pareil sort lorsqu’il a largement perdu le premier set. Finalement dominateur dans les deux suivants, l’Espagnol a laissé passer l’orage (victoire 2-6, 6-1, 6-2) et a bénéficié du forfait de Gaël Monfils en demi-finale avant d’écraser Medvedev (6-3, 6-0) pour conquérir le titre à Montréal.

Plus apparu en compétition depuis sa demie à Wimbledon, Nadal n’espérait certainement pas une telle réussite dès sa rentrée sur le ciment nord-américain. Habituellement peu friand de cette partie de l’année, il a tout de même réussi à conserver son titre, une première pour lui sur une surface dure. Preuve qu’à 33 ans, on peut toujours découvrir de nouvelles choses.

Medvedev et Khachanov, les poupins russes

Daniil Medvedev (à gauche) et Karen Khachanov (à droite) ont respectivement atteint la finale et les demies à Montréal (Minas Panagiotakis/AFP).

S’il subsistait encore un doute sur la relève du tennis russe, Daniil Medvedev et Karen Khachanov les ont bel et bien dissipés à l’occasion du Masters 1000 de Montréal. Dignes héritiers de Marat Safin, Nikolay Davydenko et Ievgueny Kafelnikov, les deux joueurs de 23 ans ont sorti les griffes pour éliminer quelques grands noms du circuit et ainsi se faire une place au soleil dans le top 10 mondial. Mais c’est bien Medvedev qui a fait le ménage au cours du sixième Masters 1000 de la saison. Seulement vingt jeux perdus en quatre matches et une correction infligée au n°4 mondial Dominic Thiem en quart de finale (6-3, 6-1). Malgré son mètre quatre-vingt-dix-huit, Medvedev a fait état de sa palette de coups devenue sa marque de fabrique : une couverture de terrain exceptionnelle, des variations dans le jeu en plus d’une grosse frappe à plat (surtout côté revers).

Son acolyte, lui, est moins adepte des longs échanges et s’apparente davantage à un canonnier. Deux coups, un service et un coup droit surpuissants. Ces armes lui avaient été indispensables pour conquérir le titre à Bercy en octobre dernier, son premier en Masters 1000. Cette semaine, à Montréal, le Russe semblait sur la même voie avec des victoires sur Wawrinka, Alexander Zverev (vainqueur du tournoi en 2017) et Félix Auger-Aliassime. Seule la difficulté d’affronter un compatriote en pleine confiance a eu raison de lui. Fort de sa finale à Washington, il y a huit jours, Medvedev a mis en place un tennis plus structuré et fluide pour prétendre à un premier trophée en Masters 1000.

Vainqueur facile de cette demi-finale 100 % russe (6-1, 7-6), ce dernier devient le nouveau n°1 de son pays devant Khachanov (n°8 mondial pour le premier, n°9 pour le second). Lauréats de quatre titres chacun sur le circuit ATP, les deux tsars espèrent décrocher la timbale dès l’US Open et ainsi succéder à leurs glorieux aînés.

La promesse de la semaine : Marie Bouzkova

Marie Bouzkova a créé la surprise en atteignant les demi-finales de l’Open du Canada. (wtatennis.com).

Dans le clan tchèque, on attendait Karolina Pliskova à l’occasion de l’Open du Canada mais certainement pas celle-ci. Marie Bouzkova, 21 ans, fut la surprise de cette Rogers Cup. Issue des qualifications, la native de Prague a réalisé la plus belle semaine de sa carrière en atteignant les demi-finales avec au passage des victoires de prestige. Sloane Stephens, Jelena Ostapenko et Simona Halep (sur abandon), toutes vainqueurs en Grand Chelem, n’ont pas su lui prendre le moindre set. Le conte de fées s’est même poursuivi jusqu’au gain de la première manche face à Serena Williams en demie avant que l’Américaine ne se rebiffe (1-6, 6-3, 6-3).

L’éclosion de Bouzkova était attendue au vu de son passé chez les juniors. Finaliste de Wimbledon en 2014, elle a remporté l’US Open dans cette catégorie la même année. Chez les professionnelles, la Tchèque progresse avec une première finale sur le grand circuit lors du tournoi de Zapopan (Mexique) en mars dernier. Désormais au 53ème rang mondial, Marie Bouzkova devra percer dans un tennis féminin tchèque bien dense qui compte aujourd’hui sept joueuses dans le top 50.

Le reste de l’actu en bref

Naomi Osaka redevient n°1 mondiale. La Japonaise a profité des éliminations prématurées d’Ashleigh Barty et Karolina Pliskova pour ravir le trône à l’Australienne.

Rafael Nadal et Bianca Andreescu ont déclaré forfait pour Cincinnati. Les deux lauréats des tournois de Montréal et Toronto ont préféré se ménager en vue de l’US Open qui débute dans deux semaines.

On a beau être professionnel et avoir connu une belle carrière. Feliciano Lopez ne se doutait pas qu’il perdrait un point aussi bêtement lors de son double avec Andy Murray à Montréal. Erreur sans conséquence puisque les deux joueurs ont finalement battu les têtes de série n°2 Lukasz Kubot et Marcelo Melo. La bourde en vidéo.

Andy Murray revient sur le circuit en simple à l’occasion du tournoi de Cincinnati. Déjà de retour sur les courts en double, il avait notamment remporté en juin le Queen’s avec Feliciano Lopez. Il affrontera Richard Gasquet au premier tour du Masters 1000 américain.

Rafael Nadal et Roger Federer ont réintégré le conseil des joueurs de l’ATP, présidé par Novak Djokovic. Le Serbe est très contesté par ses collègues, notamment pour ses positions tranchées sur la réforme de la Coupe Davis et sur son implication dans la destitution du président de l’ATP Chris Kermode. Avec ce retour aux affaires, Nadal et Federer comptent donc opposer une résistance ferme au président Djokovic.

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