[LUNDI TENNIS] Le Djoker en haut de l’affiche, l’audace de Sofia Kenin et la surprise Ons Jabeur

Novak Djokovic (à g.) a dominé en cinq sets Dominic Thiem (à d.) en finale de l'Open d'Australie (Twitter AusOpen).

Vainqueur au forceps de Dominic Thiem, hier matin, en finale de l’Open d’Australie, Novak Djokovic a inscrit une huitième fois son nom au palmarès du premier Majeur de l’année. Sofia Kenin, elle, a inauguré son palmarès en Grand Chelem en dominant Garbine Muguruza. Agora Sports revient sur les événements qui ont émaillé l’Open d’Australie.

Le Djoker fait tomber le masque

Pas besoin d’un rire hors du commun et d’une chevelure teintée de vert pour mener la révolte contre ceux qui restent en haut de l’affiche depuis tant d’années. Novak Djokovic a remporté, hier matin, son huitième Open d’Australie aux dépens de Dominic Thiem (6-4, 4-6, 2-6, 6-3, 6-4) et trace ainsi sa route vers le record absolu de victoires en Grand Chelem, avec dans le viseur les vingt titres de Roger Federer.

Quasiment intraitable depuis le début de la quinzaine (un seul set perdu en six matches), le Serbe a bien failli connaître la même mésaventure qu’à Roland-Garros en 2015, où l’ouragan Wawrinka l’avait emporté en quatre petits sets alors que son triomphe Porte d’Auteuil n’était plus qu’une question de temps. Hier, dans la moiteur de la Rod Laver Arena de Melbourne et après avoir empoché la première manche, il a fait face à la rébellion d’un Thiem remarquablement offensif pour sa première finale en Majeur sur surface rapide. Semblant au bord de la rupture et comme sonné par les coups de boutoir de son adversaire, le Serbe a même sauvé une balle de break à 1-1 dans le quatrième set avant de se remettre à l’endroit et de reprendre le dessus. Face à l’Autrichien, sans doute émoussé par ces deux combats contre Nadal en quart puis contre Zverev en demi-finale, Novak Djokovic a rappelé que, malgré ses 32 ans, il restait le patron du circuit. A Melbourne, le Djoker a encore frappé.

Sofia Kenin, la jeunesse aux dents longues

Trouver le bon pronostic à la veille d’un tournoi du Grand Chelem chez les dames relève bien souvent de l’irrationnel. Même si la WTA s’est trouvé une reine qui semble partie pour régner quelque temps, en la personne d’Ashleigh Barty, le circuit féminin a cette manie d’offrir une lauréate bien peu connue lors des Majeurs. L’Open d’Australie 2020 a ainsi couronné l’Américaine Sofia Kenin, qui devient la onzième joueuse à inaugurer son palmarès en Grand Chelem sur les dix-huit derniers disputés.

Tête de série n°14 à Melbourne, la joueuse de 21 ans s’est même offert le luxe de battre la n°1 mondiale (7-6, 7-5) en demie avant de prendre la mesure de Garbine Muguruza en finale (4-6, 6-2, 6-2). Pourtant, à 2-2 dans la troisième manche, la native de Moscou semblait voir le trophée lui échapper lorsque son adversaire se procurait trois balles de break consécutives. Mais avec l’insouciance et l’audace d’une première finale en Majeur, Kenin les as sauvées magistralement grâce à deux revers puis un coup gagnants. L’Américaine, bien aidée par les nombreuses fautes directes de l’Espagnole (45 au total dont 8 double-fautes), a montré une sacrée force de caractère pour devenir la première représentante de la bannière étoilée à triompher en Grand Chelem depuis Sloane Stephens à l’US Open 2017.

La surprise de la quinzaine : Ons Jabeur (TUN)

Jamais une joueuse arabe n’avait atteint les quarts de finale en Grand Chelem et intégré le top 50 à la WTA. Ons Jabeur, 25 ans, a marqué l’histoire de la Tunisie au terme d’une quinzaine aboutie à Melbourne. Après trois échecs au premier tour à l’Open d’Australie, la nouvelle 45ème joueuse mondiale s’est fait un nom en éliminant de grands noms du circuit comme Caroline Garcia et Caroline Wozniacki avant de tomber contre la future lauréate du tournoi Sofia Kenin.

Ons Jabeur est devenue la première joueuse du monde arabe à atteindre les quarts en Grand Chelem (Twitter Ons Jabeur).

Si son parcours chez les professionnelles fut jusque-là somme toute plutôt modeste, Jabeur s’est fait connaitre chez les Juniors, notamment à Roland-Garros où elle a joué deux finales en 2010 et 2011. D’abord battue par Elina Svitolina, elle a conquis le titre pour devenir la première représentante de son pays à triompher en Grand Chelem en Juniors depuis 55 ans. Entrée dans le top 100 il y a trois ans, elle a atteint sa seule finale à ce jour sur le circuit à Moscou en octobre 2018, battue de justesse par Daria Kasatkina (2-6, 7-6, 6-4). Avec cette performance en Australie, elle a braqué les projecteurs sur elle et sur le tennis arabe, dont le vivier de joueuses prometteuses demeure limité. Mais si Ons Jabeur reste la cheffe de file du tennis africain, elle a surtout mis en lumière une mondialisation du tennis cantonnée à l’Europe et à l’Amérique du Nord, la deuxième joueuse la mieux classée du continent étant 367ème à la WTA.

Le reste de l’actu en bref

Le Français Harold Mayot a remporté l’Open d’Australie chez les Juniors en battant son compatriote Arthur Cazeaux (6-4, 6-1). Le joueur de 17 ans atteint grâce à ce succès la place de n°1 mondial. Cazeaux, lui, est quatrième.

L’Américain Rajeev Ram et le Britannique Joe Salisbury ont remporté le tournoi en double face aux Australiens Luke Saville et Max Purcell (6-4, 6-2). Il s’agit de leur premier titre en Grand Chelem et succèdent au palmarès à Nicolas Mahut et Pierre-Hugues Herbert, éliminés au premier tour.

Kristina Mladenovic et sa partenaire Timea Babos ont triomphé pour la deuxième fois en Australie. Déjà lauréates en 2018, elles ont balayé la paire Hsieh-Strycova (6-2, 6-1), pourtant tête de série n°1, pour soulever leur troisième trophée en Grand Chelem.

La Tchèque Barbora Krejcikova et le Croate Nikola Mektic, eux, se sont offert le double mixte en battant la paire américano-britannique composée de Bethanie Mattek-Sands et de Jamie Murray (5-7, 6-4, 10-1).

L’ATP a annoncé que l’arbitrage vidéo serait testé à l’occasion de trois tournois sur terre battue cette saison. Le tournoi de Rio de Janeiro (16-23 février) sera le premier théâtre de cette expérimentation sur ocre. Un ATP 250 et un Masters 1000 doivent également être désignés pour mettre à l’essai cette technologie déjà à l’œuvre sur dur et sur gazon. A noter que les joueurs auront un nombre illimité de challenges, au contraire des autres surfaces (trois challenges par joueur et par set).

Jo-Wilfried Tsonga a annoncé son forfait pour l’ATP 500 de Rotterdam (10-16 février). À la suite de son abandon au premier tour de l’Open d’Australie, le Manceau a révélé qu’il souffrait d’une inflammation au dos qui le laisse dans le flou concernant une date de retour sur le circuit.

Blessé au coude droit, Lucas Pouille a, lui aussi, déclaré forfait pour les deux prochains tournois à venir (Montpellier et Rotterdam). Le Nordiste, retombé à la 62ème place mondiale, est néanmoins inscrit à l’ATP 500 d’Acapulco (24-29 février).

Après avoir subi une opération au genou droit, Juan Martin Del Potro a entamé sa rééducation mais n’a pas prévu de date de retour sur les courts, lui qui est absent du circuit depuis juin 2019.

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