[LUNDI TENNIS] Le palmarès de la première semaine de Roland-Garros

Stan Wawrinka est sorti vainqueur d'un duel homérique face à Tsitsipas en huitième de finale. (atptour.com).

Après le tapis rouge de Cannes, voici la robe ocre de Paname. A la veille de la deuxième semaine des Internationaux de France, Agora Sports dévoile son palmarès de la première partie de la quinzaine de Roland-Garros.

Palme d’or : le huitième de finale entre Stan Wawrinka (SUI) et Stefanos Tsitsipas (GRE)

Ce choc des générations sur le court Suzanne-Lenglen s’annonçait particulièrement âpre. Opposant deux revers à une main d’une pureté absolue, le huitième de finale entre le Suisse de 34 ans et le Grec de 20 ans est sans conteste le plus beau match de cette édition 2019. Et ce n’est pas faire injure à la formidable partie livrée par Benoît Paire et Pierre-Hugues Herbert, terminée à 21 h 30 passées, mercredi 29 mai, sur le score de 11 jeux à 9 au cinquième set. Stan Wawrinka, 28ème mondial, et Stefanos Tsitsipas, 6ème, ont joué, pendant 5 h 9, un combat titanesque au cours duquel ils se sont répondus coup pour coup.

123 points gagnants et un public chauffé à blanc (plus de 30°C) par le niveau exceptionnel des deux joueurs. A noter la statistique affolante pour le Grec : seulement cinq balles de break converties sur 27 ! Si le Suisse s’est imposé (7-6, 5-7, 6-4, 3-6, 8-6), Tsitsipas a fait preuve de résistance et de combativité. Des qualités encore peu connues en Grand Chelem et encourageantes pour son âge. Il regrettera certainement les (trop) nombreuses occasions dans la dernière manche (zéro balle de break sur huit). Les deux joueurs ont donc joué l’un des plus grands matchs de la saison. Et ils ont gratifié le public de plusieurs points magistraux, notamment côté revers (voir la balle de match ci-dessous). En quart de finale, Wawrinka retrouvera une vieille connaissance en la personne de Roger Federer.

Prix d’interprétation masculine : Nicolas Mahut

Il est celui qui a animé cette première semaine. Auteur d’un parcours aussi incroyable qu’inattendu, Nicolas Mahut a offert au public parisien les premières émotions de la quinzaine. Tout proche de la sortie au premier tour face à Marco Cecchinato, il a enchaîné avec une prestation remarquable face à l’expérimenté Philipp Kohlschreiber, 54e mondial. Le score sec (6-3, 6-3, 6-3) témoigne du niveau de jeu affiché par le Français au jeu toujours aussi spectaculaire.

La perspective d’un huitième de finale face à la légende Federer laissait ensuite place au rêve. Le dernier obstacle avant de rejoindre la deuxième semaine à Paris était l’Argentin Leonardo Mayer. Mais le 68e à l’ATP a profité d’un Mahut diminué physiquement pour éliminer le chouchou de la Porte d’Auteuil. Battu avec les honneurs vendredi 31 mai (3-6, 7-6, 6-4, 7-6), l’Angevin a fait venir son fils sur le court Simonne-Mathieu pour saluer une dernière fois la foule et quitter la scène sous les applaudissements. On en redemanderait encore.

Prix d’interprétation féminine : Petra Martic (CRO) et Katerina Siniakova (RTC)

Difficile de ne pas parler de ces deux surprises tant elles ont impressionné par leur maîtrise. Petra Martic, 31e, a déroulé son tennis pour mettre en pièces Kristina Mladenovic (6-2, 6-1) au deuxième tour. Et surtout la numéro deux mondiale Karolina Pliskova (6-3, 6-3), récente lauréate du tournoi de Rome. Avec un petit set perdu en route, la joueuse de 29 ans signe donc sa meilleure performance en Grand Chelem. Elle est la première Croate à rallier les quarts à Roland-Garros depuis 1998.

Quant à Katerina Siniakova, elle a éjecté Naomi Osaka, invaincue en Grand Chelem depuis Wimbledon 2018 et numéro un mondiale. A 23 ans, la Tchèque réalise également son plus beau parcours sur la terre battue parisienne en simple. Habituée aux premiers rôles en double (elle est tenante du titre), l’actuelle 42e à la WTA sera opposée à Madison Keys, en huitième de finale, et demi-finaliste l’an passé.

Prix du meilleur scénario : le deuxième tour entre Benoît Paire et Pierre-Hugues Herbert

C’est l’histoire d’un match qui aurait dû durer deux heures tout au plus. Finalement, il fera sans doute la légende du tournoi. Alors que Benoît Paire menait 6-2, 6-2, 5-4 service à suivre, les deux Français ont embarqué le public du Lenglen dans un improbable mano-a-mano. Dominateur dans le jeu, l’Avignonnais s’est soudain mis à jouer avec la peur au ventre et a vu Pierre-Hugues Herbert lui opposer une résistance que l’on n’attendait plus.

Revenu à deux sets partout (après avoir sauvé une balle de match dans le quatrième), l’Alsacien était bien plus inspiré dans son jeu. Se rappelant au bon souvenir de son premier tour, où il avait remonté deux sets de retard face à Medvedev, tête de série n°14, “P2H” a même eu un break d’avance dans la manche décisive. Longue d’une heure et 31 minutes, elle voit finalement Paire s’imposer (6-2, 6-2, 5-7, 6-7, 11-9) et rejoindre le troisième tour.

Révélations masculines : Corentin Moutet (FRA) et Antoine Hoang (FRA)

Impossible de les départager tant leur apparition au troisième tour des Internationaux de France semblait improbable, jeudi 23 mai, jour du tirage au sort. Sur leur route, se dressaient des noms connus pour leur dangerosité sur terre battue mais les deux Français, invités par les organisateurs, n’en ont eu que faire. Antoine Hoang, d’abord, a enchainé deux superbes performances en sortant le Bosnien Damir Dzumhur, 52e. Puis en se payant, sur le court n°1, l’Espagnol Fernando Verdasco, 27ee. Tous deux en quatre sets. La marche constituée par Gaël Monfils était, en revanche, celle de trop pour le 146ee mondial qui, sur le Central, a tenté de résister au n°1 français (6-3, 6-2, 6-3).

Antoine Hoang s’est révélé au grand public en atteignant le troisième tour. (Thomas Samson/AFP).

Corentin Moutet, lui, présentait davantage de références sur la surface pour prétendre passer quelques jours supplémentaires à Paris. Sortant d’une finale en Challenger, le Français a battu le qualifié russe Vatutin (6-4, 7-6, 6-4). Au tour suivant, Moutet s’est offert l’Argentin Guido Pella, tête de série n°19 (6-3, 6-1, 2-6, 7-5). Il a pu continuer de réviser son espagnol en se frottant à Juan Ignacio Londero, autre pur terrien sud-américain. Avec en ligne de mire un huitième de gala face à Nadal. Mais Londero s’est finalement imposé en cinq sets et s’est qualifié pour la deuxième semaine (2-6, 6-3, 6-4, 5-7, 6-4).

Révélation féminine : Diane Parry (FRA)

La Française a multiplié les apparitions sur les courts de la Porte d’Auteuil. Bénéficiaire d’une invitation pour disputer le grand tableau, Diane Parry est aussi engagée en double et chez les juniors. En battant la Biélorusse Vera Lapko (6-2, 6-4), la joueuse de 16 ans a battu deux records de précocité. Elle est la plus jeune joueuse depuis 2009 toutes nationalités confondues à gagner un match dans le tableau féminin et la plus jeune tricolore depuis 2005.

Qualifiée pour les huitièmes en double avec Fiona Ferro, elle poursuit donc son apprentissage accéléré chez les “grandes”. Un apprentissage à peaufiner en juniors où elle est tête de série n°2 et donc une prétendante à la victoire finale.

Avec son revers à une main, Diane Parry est l’une des révélations de ce Roland-Garros.(wtatennis.com)

Prix du meilleur décor : court Simonne-Mathieu

Construit pour l’édition 2019, le court Simonne-Mathieu s’est rapidement mis au niveau de ses prestigieux voisins pour être le théâtre de matches mémorables. Dès son inauguration, ce bijou d’architecture a fait l’unanimité auprès des joueurs, du public et des médias par son originalité. “C’est un écrin extraordinaire, explique Marc Maury, le speaker officiel du tournoi. Et les joueurs qui se sont entraînés dessus, au début, ont dit : ‘Il est sympa à jouer. Maintenant, amenez le public’. C’est simple, la première journée, il y a eu un exploit. Et je pense que ce court va gagner des titres de noblesse en réussissant des coups comme ça.”

Le nouveau court Simonne-Mathieu a été le théâtre d’exploits au cours de cette première semaine à Roland-Garros. (AP Photo/Pavel Golovkin)

Un exploit réalisé par Mahut au premier tour en battant Cecchinato en cinq sets. Ce court de 5000 places, situé dans les serres d’Auteuil, est à moitié enterré et se rapproche en cela du court Pietrangeli de Rome où les statues inspirées de la Grèce antique surplombent les joueurs. Du nom de la double gagnante de Roland-Garros (1938 et 1939), il caractérise à merveille l’esprit de résistance de cette championne, qui a constitué un corps de volontaires françaises en 1940. Après tout, Simonne Mathieu avait sa place aux côtés de Philippe Chatrier et Suzanne Lenglen.

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*