[LUNDI TENNIS] Medvedev et Keys en maîtres à Cincinnati, les invitations pour l’US Open et la découverte Miomir Kecmanovic

Daniil Medvedev a remporté le premier Masters 1000 de sa carrière à Cincinnati. (AFP/Matthew Stockman).

La planète tennis s’est retrouvée à Cincinnati pour les derniers préparatifs avant l’US Open qui débute dans une semaine. Entre l’absence de certains cadors du circuit et d’autres qui s’accordent des plages de repos, Madison Keys et Daniil Medvedev ont su parfaitement tirer de la situation pour faire le plein de confiance. Sans oublier le Serbe Miomir Kecmanovic qui s’est révélé en battant Alexander Zverev… Agora Sports vous résume la semaine tennis qui vient de s’écouler.

Medvedev, la récompense d’un été (presque) parfait

Il y a encore un an, le grand Daniil (1,98 mètre) avait du mal à se dépatouiller du nom de son glorieux homonyme Andreï Medvedev, finaliste malheureux de Roland-Garros 1999 et ancien n°4 mondial. Désormais, plus personne ne confond ces deux patronymes à l’allitération en « v » et en « d » détonante. Car cette semaine le Russe de 23 ans (l’autre était ukrainien) a fait montre de l’étendue de son talent et de son audace au plus fort de l’adversité, notamment en brutalisant Novak Djokovic en demi-finale.

Medvedev, c’est un mélange entre un stakhanoviste de la raquette et un marathonien de la balle. Increvable depuis trois semaines, le Moscovite a atteint à Cincinnati sa troisième finale en autant de tournois cet été. Battu à Washington par Kyrgios, puis à Montréal par Nadal, il a enfin débloqué le compteur en battant le Belge David Goffin (7-6, 6-4) pour s’adjuger son cinquième trophée. Impressionnant tout au long de la semaine, le désormais cinquième joueur mondial n’a lâché qu’un set lors de sa semaine victorieuse. Seul Djokovic a réussi cet exploit, avant de subir la fougue du Russe qui a fait basculer la rencontre en servant un ace sur seconde balle à 3-3, 30A dans le deuxième set. Devenu le huitième joueur de l’histoire à atteindre la finale des Masters 1000 du Canada et de « Cincy » la même année, le protégé du Français Gilles Cervara garde toutefois les pieds sur terre en affirmant vouloir « atteindre son premier quart de finale » à l’occasion du prochain US Open. Medvedev, un nom à surveiller de très près à New York.

Le rêve américain de Madison Keys

Madison Keys est la première américaine à triompher dans l’Ohio depuis Serena Williams en 2015. (AFP/Matthew Stockman).

Avec Madison Keys, c’est tout ou rien. Indian Wells, Miami, en passant par Washington et Toronto la semaine dernière, l’Américaine n’avait pas gagné le moindre match sur le ciment nord-américain depuis le début de la saison avant Cincinnati. Et son premier tour face à Gabrine Muguruza, lauréate de Roland-Garros 2016, laissait présager du même sort. A croire qu’elle aime se mettre dans le pétrin avant d’en ressortir grandie. Keys a ainsi vécu une semaine absolument idéale dans l’Ohio pour conquérir le plus grand titre de sa carrière.

Une confiance en berne donc, et une meute de prétendantes au titre face à elle. Après avoir sorti l’Espagnole, l’Américaine de 24 ans a éliminé successivement Daria Kasatkina, Simona Halep, Venus Williams, Sofia Kenin, qui venait de battre Svitolina avant de pousser Osaka à l’abandon, et la surprise du chef Svetlana Kuznetsova, revenue d’on-ne-sait-où pour le plus grand bonheur des nostalgiques de la fin des années 2000. Le tennis tout en puissance de Keys a eu raison de la Russe, adepte des longs échanges et du lift avec son coup droit. Finaliste de l’US Open en 2017, la native de Rock Island soulève le cinquième trophée de sa carrière et fait son retour dans le top 10 mondial (10ème). De quoi redorer le blason du tennis à la bannière étoilée à la veille de son Grand Chelem national.

La promesse de la semaine : Miomir Kecmanovic

Miomir Kecmanovic a atteint les huitièmes de finale à Cincinnati en battant notamment Alexander Zverev. (atptour.com).

En Serbie, il est dans l’ombre de l’indétrônable Novak Djokovic. Mais à Cincinnati, Miomir Kecmanovic s’est révélé aux yeux du public américain en éliminant successivement Félix Auger-Aliassime (6-3, 6-3) et la tête de série n°7 Alexander Zverev (6-7, 6-2, 6-4). Bien aidé par les vingt double-fautes de son adversaire, le joueur de 19 ans s’est montré à son avantage en dictant le jeu aussi bien en coup droit qu’en revers. Surnommé « Misha », il est actuellement 49ème mondial, son meilleur classement, et 7ème au classement des moins de 21 ans. Le Belgradois a aussi brillé chez les juniors en devenant champion du monde en 2016 après avoir notamment atteint la finale de l’US Open, battu par Auger-Aliassime (6-3, 6-0).

Cette année 2019 est celle du changement pour ce fan de Djokovic et de Federer. Il a ainsi joué et remporté son premier match en Grand Chelem contre Denis Kudla (6-0, 6-7, 5-7, 6-3, 6-4) à Roland-Garros. Mais le fait marquant de sa saison reste sa finale sur le gazon d’Antalya (Turquie), sa première sur la grand circuit. Passé à trois points du titre, il s’est finalement incliné face à l’Italien Lorenzo Sonego (6-7, 7-6, 6-4). Preuve que, comme son aîné Djokovic, Miomir Kecmanovic est à l’aise sur toutes les surfaces.

Le reste de l’actu en bref

Le Croate Ivan Dodig et le Slovaque Filip Polasek ont remporté le tournoi de Cincinnati en double. Ils ont battu en finale les numéros 1 mondiaux de la spécialité, les Colombiens Robert Farah et Juan Sebastian Cabal (4-6, 6-4, 10-6). Il s’agit du premier titre pour la paire croato-slovaque.

Ivan Dodig (à g.) et Filip Polasek (à d.) ont remporté le Masters 1000 de Cincinnati. (atptour.com).

Dans le tableau féminin, la Tchèque Lucie Hradecka et la Slovène Andreja Klepac ont, elles aussi, gagné à Cincinnati. Pour cela, elles ont expédié l’Allemande Anna-Lena Groenefeld et la Néerlandaise Demi Schuurs (6-4, 6-1).

Lucie Hradecka (à g.) et Andreja Klepac (à d.) ont conquis le titre à Cincinnati (wtatennis.com).

La face cachée de Nick Kyrgios a repris le pas sur son double showman. Après sa défaite au deuxième tour à Cincinnati contre Karen Khachanov (6-7, 7-6, 6-2), l’Australien s’est vu infliger une amende de 113 000 dollars (environ 111 600 euros). La raison ? Sa conduite antisportive à l’encontre de son adversaire ainsi que des grossièretés proférées sur le court à l’intention de l’arbitre notamment.

Les invitations pour l’US Open ont été dévoilées en début de semaine dernière. Chez les dames, prime accordée à la jeunesse puisque les Américaines Cori Gauff (15 ans), Catherine Mcnally (17 ans), Whitney Osuigwe (17 ans), Francesca Di Lorenzo (22 ans) et Katie Volynets (17 ans) ainsi que la Française Diane Parry (16 ans) ont reçu le précieux sésame. Kristie Ahn et Samantha Stosur, vainqueur du tournoi en 2011, intègreront, elles aussi, le grand tableau.

Côté masculin, Ernesto Escobedo, Christopher Eubanks, Marcos Giron, Bjorn Fratangelo, Jack Sock, Zachary Svajda seront les représentants de la bannière étoilée à entrer directement parmi les 128 joueurs qui se disputeront le titre. Le Français Antoine Hoang, 101ème mondial, sera aussi de la partie. La fédération australienne doit encore donner le nom du joueur qu’elle souhaite intégrer au tableau final.

L’annonce de ces wild-cards pour la dernière levée du Grand Chelem coïncide avec le forfait du Britannique Andy Murray en simple. Revenu à Cincinnati (battu au premier tour par Gasquet), l’ancien n°1 mondial a renoncé à briguer l’une des invitations pour le grand tableau car il ne s’stimait pas suffisamment prêt pour jouer des matches au meilleur des cinq sets. Il a néanmoins regretté de ne pas participer aux qualifications, qui se déroulent en deux sets gagnants. Murray a aussi donné une date pour retrouver son pic de forme : janvier 2020. « Je pense que douze mois après l’opération, c’est le moment où vous espérez être proche de votre meilleure forme physique », a-t-il expliqué au micro de BBC Sport, lui qui s’est fait opérer de la hanche en janvier dernier. Il est inscrit au tournoi de Winston-Salem cette semaine et enchainera avec le double à l’US Open.

La fédération américaine a annoncé que Carlos Ramos n’arbitrerait pas Serena Williams lors de l’US Open, ni sa sœur Venus. Cette décision fait suite à l’échange houleux entre la cadette des Williams et l’arbitre portugais pendant la finale 2018 au cours de laquelle elle l’avait qualifié de « voleur » et de « tricheur ».

Juan Martin Del Potro ne sera pas de la partie à New York. La fédération américaine a annoncé que l’Argentin déclarait forfait pour le tournoi. Opéré du genou droit en juin après s’être blessé sur le gazon du Queen’s, le vainqueur de l’US Open 2009 et finaliste de l’édition 2018 devrait redescendre aux alentours de la 50ème place mondiale à l’issue du Grand Chelem américain.

Finissons en vitesse avec Daniil Medvedev qui, outre son succès final dans l’Ohio, s’est permis le luxe d’aligner quatre aces consécutifs dans le même jeu. Son adversaire, l’Allemand Jan-Lennard Struff, n’a pas touché la balle. Durée du jeu : 38 secondes. Le Russe avait déjà réussi pareille performance face à Lucas Pouille sur le gazon de Stuttgart en juin dernier. 29 secondes lui avaient été nécessaires. Les deux jeux express de Medvedev ci-dessous.

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