[PLANÈTE BLANCHE #17] Le décès de Nykänen, l’or pour Pinturault et Laffont, l’argent pour Rolland et Clarey et les sorties médaillées de Vonn et Svindal

Perrine Laffont a conservé son titre mondial en bosses parallèles. (© Agence Zoom)

Lundi dernier. 10 heures. Une notification push tombe sur le smartphone de l’auteur de ses lignes. Un bandeau, cinglant, s’affiche en haut de l’écran. Le sauteur à ski finlandais Matti Nykänen est décédé. La tristesse s’empare tout de suite du corps et de l’esprit des amoureux du saut à ski. Le plus grand des sauteurs est mort. L’idée d’incorporer ce tragique événement dans la Planète Blanche de la semaine passée me saisit. Seulement furtivement parce que cela aurait été réalisé dans l’urgence. Et mal réalisé. C’est maintenant à tête reposé que je lui rends hommage dans cet éditorial. Matti Nykänen c’était un sauteur à ski élégant au télémark soyeux. C’était un grand champion au palmarès XXL, inégalé jusqu’à nos jours. Quatre titres olympiques dont trois à Calgary en 1988, six titres mondiaux dont quatre par équipes et un en vol à ski, deux Tournée des Quatre Tremplins et quatre gros globes de cristal. Pour arriver à tout cela le gamin de Jyväskylä a signé 76 podiums en coupe du monde et 46 succès. Il a aussi détenu à cinq reprises le record du monde de vol à ski. Le soucis c’est que le champion était doublé d’un démon, d’un diable. Le sauteur finlandais connaît de nombreux déboires extra-sportifs durant sa carrière entre alcool, démêlées avec ses coéquipiers et violence. Nykänen était capable de détruire une chambre d’hôtel sous l’emprise de la boisson. Champion des années où l’on sautait encore les skis parallèles, Nykänen avait donc une part de ténèbres en lui. Il répétait sans cesse qu’il était bien dans les airs, le seul endroit où il maîtrise sa vie. C’est dire si son existence était compliquée dans le bas monde… Après sa carrière, terminée en 1991 sous l’impulsion de l’avènement des sauts en V, sa vie part en vrille. Cinq mariages et divorces, trois enfants délaissés, une carrière de chanteur sans grand succès, un accident de voiture, un passage par la case acteur porno, etc. Mais surtout il est allé deux fois en prison : la première fois pour avoir poignardé son épouse en 2006 et la seconde pour agression envers cette même personne, en 2009. Finalement, Matti Nykänen était un grand sportif, le plus grand que son sport ait enfanté, mais l’homme n’était pas des plus exemplaires, loin de là. C’est le sportif que le monde du saut à ski pleure depuis une semaine. A Lahti le week-end passé, un endroit avait été aménagé pour lui rendre un dernier hommage. Son dernier vol a ému les amoureux du saut à ski. Repose en paix Matti, et merci pour tout ce que tu as apporté à ton sport.
Malgré l’onde de choc provoqué par l’annonce de la mort de Matti Nykänen, le sport à repris ses droits la semaine passée sur la Planète Blanche. Retour sur les moments forts entre joie dans le clan français et émotion pour les glorieux anciens du ski alpin.

Pinturault enfin sacré aux Mondiaux, Clarey super-argenté et les adieux réussis de Svindal et Vonn

Même dans leurs rêves les plus fous, Lindsey Vonn et Aksel Lund Svindal n’avaient sans doute pas imaginé cela. Une médaille mondiale pour leur dernière descente, leur dernière danse entre les portes, leur dernière échappée belle d’un portillon de départ. Les deux cabossés du circuit vivaient leur dernière semaine d’athlète de haut niveau à Äre, lieu des Mondiaux. Tous les deux ont réussi leur sortie du grand cirque blanc. Mardi, en ouverture des compétitions, Lindsey Vonn a chuté lors du super-G, lourdement. Était-ce sa dernière ? Une chute comme pour résumer sa carrière marquée par les cabrioles sur la neige ? Aucunement. L’Américaine, malgré un œil au beurre noir, s’est remise au travail pour arriver fin prête le jour de la descente. Sur un tracé raccourci à cause des conditions – ce qui l’arrangeait, le haut étant traumatisant pour ses genoux – on a retrouvé la grande Lindsey Vonn, celle aux 82 victoires en Coupe du monde. Finalement, seules Ilka Stuhec, titrée, et Corinne Suter – bronzée lors du super-G remporté par l’épatante Mikaela Shiffrin devant Sofia Goggia – passent devant. Du bronze pour tirer sa révérence. On ne reverra plus Vonn sur les skis. Elle manque déjà, comme manque déjà Aksel Lund Svindal. Le Viking norvégien aux genoux blessés à vie n’est pas passé loin de remporter sa course d’adieu. Seulement, son compatriote Kjetil Jansrud a retrouvé son ski magique au moment des Mondiaux et devance son aîné de deux centièmes. Comme Vonn, Svindal quitte la scène par une breloque mondiale. Le week-end de descente d’Äre a été géant, avec des géants qui ont arrêté leur carrière sur une performance géante.

Lindsey Vonn avec toutes ses médailles mondiales et olympique autour du cou. (© Agence Zoom)
Aksel Lund Svindal avec sa médaille d’argent mondiale, sa dernière. (© Agence Zoom)
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Alexis Pinturault champion du monde du combiné alpin

On a peut être assisté au dernier combiné alpin de l’Histoire des Mondiaux de ski ce lundi. Si ce devait être le cas, le dernier champion du monde serait français. Il s’agirait d’Alexis Pinturault. Le skieur de Courchevel score enfin en grand championnat dans la discipline. Après les déceptions des Mondiaux de Beaver Creek et de St. Moritz, le Français s’est imposé avec brio sur les pentes d’Äre. Après une descente maîtrisée, il a réalisé une grande manche de slalom, dans la lignée de ses performances récentes. Le Slovène Stefan Hadalin et l’Autrichien Marco Schwarz montent sur le podium. Sixième place pour Victor Muffat-Jeandet, en dedans entre les piquets serrés. Thomas Mermillod Blondin, pour sa dernière grande compétition, est 32eme tandis que Maxence Muzaton termine 25eme. Le titre est revenu à Wendy Holdener chez les dames, comme en 2017. Anne-Sophie Barthet, qui disputait ses derniers Mondiaux, termine 11eme.

La médaille de la persévérance pour Johan Clarey

S’il y en a bien un qui méritait une médaille mondiale c’était bien lui. Le vétéran Johan Clarey a décroché la médaille d’argent des Mondiaux d’Äre en super-G. Oui en super-G, pas en descente. Au début de l’hiver il partait avec des gros dossards. Et puis, petit à petit, grâce à de beaux résultats dont une 4eme place à Val Gardena avec le 50 sur les épaules, il est remonté dans la hiérarchie. Il s’élançait avec le 14 ce mercredi. Un bon dossard. Il n’a pas manqué l’occasion en faisant parler la poudre. Une faute en bas du parcours ne lui permet pas de jouer l’or à Dominik Paris, sacré pour 9 centièmes. La Français partage le bronze avec l’Autrichien Vincent Kriechmayr, bronzé en descente ce samedi. Une belle médaille d’argent pour le groupe français de vitesse. Pour David Poisson, aussi.

Le regard fier de Johan Clarey, vice-champion du monde de super-G à 38 ans. (© Agence Zoom)

Laffont conserve son titre, l’argent au goût d’or pour Rolland, Ledeux frustrée

Les Mondiaux de freestyle et de snowboard avaient si bien commencé pour la France avec deux titres lors du premier week-end par François Place en ski cross et Tess Ledeux en freeski Big Air. La déception du snowboardcross était même effacée par ses résultats-là. Et puis le mauvais temps est venu gâcher la fête. Le freeski slopestyle dames, la spécialité de Ledeux, a été annulé comme le snowboard Big Air et les finales du snowboard slopestyle où les résultats des qualifications ont été pris en compte. L’Américain Chris Corning et la Néo-Zélandaise Zoi Sadowski-Synnott ont été déclarés champions du monde sans vraiment combattre. C’est dommage mais les éléments sont plus forts que tout. Sinon, des compétitions ont eu lieu, notamment à Deer Valley où Laffont a brillé, sur le pipe Rolland a ressuscité et à Canyons pour le snow alpin.

Perrine Laffont double médaillée mondiale, encore

Comme en Sierra Nevada il y a deux ans, Perrine Laffont décroche deux médailles aux Mondiaux de ski de bosses. Comme en Espagne, elle remporte, grâce à sa vitesse et sa technique, la compétition de bosses parallèles au lendemain d’une déception en single. Au sortir de sa médaille de bronze en single, la championne olympique – qui était à la recherche de l’or mondial, son dernier titre à aller chercher, à seulement 20 ans – a critiqué les juges qu’elle trouve assez rétrogrades sur la notation des sauts. Effectivement, avec son D-Spin, la Française change un peu les codes de son sport et cela n’est pas passé à Deer Valley, la Mecque des bosses. A la différence de la Coupe du monde, elle a été sous-noté sur ses sauts et n’a pris que du bronze, laissant l’or à la Kazakhe Yulia Galysheva, qu’elle a battu le lendemain en parallèles. Une bonne revanche pour Laffont franchement déçue après le single. Avec huit podiums en autant de courses cet hiver, son objectif est maintenant d’aller chercher les quatre autres boites de l’hiver, au Japon et au Kazakhstan.

Chez les hommes, c’est l’intouchable Mikael Kingsbury qui s’impose lors des deux compétitions. Le Canadien est largement au-dessus de la concurrence lorsqu’il ne commet pas de fautes, comme la semaine passée. Benjamin Cavet, le seul à avoir fait tomber Kingsbury cet hiver, avait de forts espoirs de médaille : c’est raté puisqu’il termine 5eme en single et 6eme en dual.

Kevin Rolland en argent en freeski halfpipe

Kevin Rolland, le cousin de Tess Ledeux, a pris une sacrée revanche en remportant la médaille d’argent des Mondiaux de Park City avec un run crédité de 93.80 points. Incapable de poser un bon run l’an dernier aux Jeux de PyeongChang après de multiples chutes, sa peine était immense. Cette fois c’est de la joie qui a emplit son visage. L’or n’était pas loin mais le champion du monde en titre américaine Aaron Bluck a sorti le run parfait lors de la troisième tentative : 94.20 points, soit 4 dixièmes de mieux que le Plagnard. Cette médaille n’est pas une déception pour lui, mais une victoire. Thomas Krief, l’autre Français de la finale, est 6eme avec 87.00 points. Le titre féminin a été glané par la prodige estonienne Kelly Sildaru à 95.00 points, soit 6 dixièmes de plus que la Canadienne Cassie Sharpe. Anaïs Caradeux, 15eme de la qualification, a mis un terme à sa carrière qu’elle termine avec deux victoires en Coupe du monde, quatre podiums aux Winter X Games Europe de Tignes, une médaille d’argent mondiale et un globe de la spécialité

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I AM RETIRING! What a weird thing to say at 28! Today I will take my last start in a Half pipe competition. I’ve put my body through a lot and now that I’m healthy again, I just want to enjoy it. As for my mind, seeing how excited and motivated I got skiing powder the other day has just shown me that my focus has switched. I don’t have the fire and passion that used to help me push myself and progress in Half Pipe, so it’s time for a new start. Looking back on my 15-year career I’m proud of what I’ve accomplished with the help of my coaches, trainers and sponsors! I had some great highs and some very hurtful lows, but all together this has been one hell of a ride and I wouldn’t change a thing. This sport has seen me grow up and has given me so much. It’s shown me my strengths and virtues but most importantly, it’s helped me to accept my flaws and weaknesses. I will still make mistakes in the future, but that just means I’ll continue working to become a better person. If sports have taught me anything, it’s this: IT DOESN’T MATTER IF YOU MAKE MISTAKES OR FAIL, ALL THAT MATTERS IS THAT YOU LEARN FROM THOSE EXPERIENCES AND GET STRONGER, BETTER AND WISER. I’m very proud of what my generation of female riders have accomplished. We helped build an amazing professional circuit following the path of the girls before us, and have left a road for the next generation to explore and rise from! Keep it up girls! I’ll be sharing the next challenge I decided to peruse with all of you soon… French 🇫🇷 version in comments ⬇️⬇️⬇️⬇️⬇️⬇️

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Les autres champions du monde

En snowboard halfpipe ce sont Chloe Kim et Scotty James qui ont décroché l’or, logiquement. En snowboard alpin, le jeune russe Dmitry Loginov réalise le doublé slalom géant/slalom tandis que le Français Sylvain Dufour n’a pas passé le cut des qualifications. Chez les dames, victoires pour l’Allemande Selina Jörg en géant et de la Suissesse Julie Zogg en slalom. En saut acrobatique, ce sont les pays de l’Est qui remportent l’or : la Biélorusse Aliaksandra Ramanouskaya et le Russe Maxim Burov l’emportent en individuel alors que ce sont les Suisses (Carol Bouvard, Nicolas Gygax, Noe Roth) qui gagnent la compétition par équipes mixtes.

Le grand froid nord-américain perturbe la Coupe du monde de biathlon

La Coupe du monde de biathlon met le cap à l’ouest avant les Mondiaux d’Östersund prévus début mars. La première étape nord-américaine, prévue à Canmore, a été fortement remise en cause et perturbée par le froid. Peut-être que Martin Fourcade, en stage à Prémanon cette semaine, a fait le bon choix…

Johannes Boe malgré le froid, Eckhoff aussi

Ce ne sont pas les quasiment moins vingt degrés qui régnaient sur Canmore jeudi dernier qui ont empêché le Norvégien Johannes Boe d’archi dominer l’individuel. Individuel réduit, à cause des conditions, de 20 à 15km avec une pénalité de 45 secondes par cibles manquées au lieu d’une minute. Avec un 20/20, le dossard jaune a écrasé la course de tout son talent. Son compatriote Vetle Sjaastad Christiansen et Alexander Loginov sont sur le podium, mais à plus de 2 minutes. Le meilleur français est Simon Fourcade, 7eme avec un 19/20, tandis que Simon Desthieux se place 11eme. Chez les femmes, sur un parcours passé à 12.5km au lieu des 15 initiaux, c’est Tiril Eckhoff qui l’emporte malgré une cible ratée. Belle 7eme place d’Anaïs Bescond.

Deux beaux relais français

Si les sprints n’ont pas pu avoir lieu à cause de la vague de froid, les relais ont pu se tenir le vendredi. Les équipes de France sont montées sur le podium : les hommes (Antonin Guigonnat, Emilien Jacquelin, Simon Fourcade, Quentin Fillon-Maillet) prennent la 2eme place derrière les intouchables norvégiens et les filles (Anaïs Chevalier, Justine Braisaz, Anaïs Bescond, Julia Simon) sont 3emes d’une course gagnée par l’Allemagne. Suite de la Coupe du monde cette semaine à Soldier Hollow, aux Etats-Unis, pour un sprint, une poursuite et des relais mixtes.

Les sourires français après la belle 2eme place lors du relais de Canmore. (© IBU)

Klaebo dominateur, Stoch très fort, photo finish en combiné nordique : le week-end de nordique de Lahti fut très animé

En l’absence de Riiber, ses concurrents s’amusent

Le Norvégien Jarl Magnus Riiber, déjà assuré du gros globe, a fait l’impasse sur le week-end finlandais de Lahti, dernier arrêt avant les Mondiaux de Seefeld. En son absence, son compatriote Joergen Graabak a remporté le gundersen. Son succès n’a été entériné qu’après le visionnage de la photo finish : il l’emporte pour deux centimètres face au Japonais Akito Watabe. François Braud est 19e, Laurent Muhlethaler 20e, Antoine Gérard, sans jambes, 26e et Maxime Laheurte 28e. La veille, sur le team sprint, ce sont les Finlandais Ilkka Herola et Eero Hirvonen qui l’ont emporté, à domicile. Les Français sont relégués en fin de top 10 : le duo Gérard/Laheurte est 9e alors que Braud et Muhlethaler sont 10emes.

Klaebo fait le doublé, Falla y était presque

Le week-end de sprint de Lahti, avec un individuel en skate et un par équipes en classique comme aux Mondiaux, était une répétition générale avant la grande échéance de l’hiver. Eh bien, les Français ne se sont pas montrés à la hauteur de l’événement. La faute, selon l’entraîneur du groupe Cyril Burdet à un stage par encore digéré. Richard Jouve et Renaud Jay sont allés en demi-finales tandis que Lucas Chanavat a échoué en quarts. Lors du team sprint du dimanche, les deux équipes tricolores n’ont pas passé la qualification. Par contre, Johannes Hoesflot Klaebo a été à la hauteur de l’événement dans l’Hiihto Stadion de Lahti : le phénomène norvégien a dominé le sprint individuel avant de remporter celui par équipes avec Emil Iversen, grâce à un gros finish. Chez les dames, c’est Maiken Caspersen Falla, en l’absence de Stina Nilsson, toujours blessée à la cuisse, qui l’emporte. Le team sprint est revenu aux Suédoises Ida Ingemarsdotter et Maja Dahlqvist, auteure d’une très grosse fin de parcours elle a fait craquer Falla pour s’imposer.

Maja Dahlqvist lève les bras avant d’aller enlacer Ida Ingemarsdotter. (Nordic Focus Photo Agency)
Stoch revient bien avant les Mondiaux, Lundby et Takanashi s’échangent leurs places à Ljubno

Comme par hasard Kamil Stoch se met à enchaîner les victoires à quelques semaines des Mondiaux de saut à ski… Le sauteur à ski polonais qui s’était déjà imposé lors du troisième concours de vol à ski d’Oberstdorf, a récidivé ce dimanche à Lahti. Alors qu’il avait une grosse avance après le premier saut, il n’a eu qu’à gérer le second pour l’emporter… devant Ryoyu Kobayashi qui se rapproche encore un peu plus du globe. C’est son 33eme succès en Coupe du monde, soit autant que l’Allemand Jens Weissflog, rival de Matti Nykänen, comme un symbole. La compétition par équipes a été dominée par l’Autriche (Philipp Aschenwald, Gregor Schlierenzauer, Michael Hayböck, Stefan Kraft) : c’est le premier succès en Coupe du monde pour l’Autriche depuis presque deux ans et pour Schlieri depuis décembre 2014 et une victoire en individuel à Lillehammer.

Chez les dames, l’orbite de la Coupe du monde se trouvait non pas à Lahti mais à Ljubno, en Slovénie. Là-bas, la Norvégienne Maren Lundby, numéro une mondiale, et Sara Takanashi, plus grande sauteuse de l’Histoire, ont remporté les deux concours individuels et pris les deux deuxièmes places. La Scandinave a maintenant plus de 200 points d’avance sur Althaus dans la course au globe. Joséphine Pagnier, 23e et 19e, a été la meilleure cartouche française du week-end. Les Allemandes (Carina Vogt, Anna Rupprecht, Juliane Seyfarth, Katharina Althaus) gagnent le par équipes où les Bleues (Léa Lemare, Lucile Morat, Océane Avocat-Gros, Joséphine Pagnier) terminent 7emes.

En bref…

Chloé Trespeuch quatrième à Feldberg

Si les Mondiaux de Park City n’étaient pas encore terminés, les spécialistes du snowboardcross étaient déjà repartis sur le Vieux Continent. Pas de retour par la case domicile pour eux mais un vol Salt Lake City/Feldberg pour un week-end de Coupe du monde. La compétition par équipes mixtes dominicale a été annulée à cause d’un fort vent mais l’épreuve individuelle a bien eu lieu. Une semaine après des Mondiaux ratés, l’équipe de France a fait un peu mieux avec la quatrième place synonyme de finale pour Chloé Trespeuch, de retour en Coupe du monde pour la première fois depuis presque un an. La Septimontaine Manon Petit-Lenoir, éliminée dès les qualifications aux Etats-Unis, est 6eme alors que c’est l’Américaine Lindsey Jacobellis qui l’emporte devant Michaela Moioli et la championne du monde Eva Samkova. Succès de l’Australien Cameron Bolton chez les hommes. Merlin Surget, seul bleu des finales, s’est fait éliminer en huitièmes : il est 28eme.

Belle performance de Chloé Trespeuch à Feldberg. (© Miha Matavz/FIS)
Un podium en télémark à Oberjoch

Les spécialistes français de télémark continuent sur le lancée en signant au moins un podium à chaque week-end de Coupe du monde. En Allemagne, à Oberjoch, Philippe Lau prend la deuxième place du sprint parallèle en étant battu par le numéro un mondial norvégien Trym Nygaard Loeken en finale. Le sprint a été remporté par le Suisse Benjamin Dayer, Matti Lopez est 5eme. Chez les dames, la Suissesse Amelie Wenger-Reymond réalise le doublé tandis qu’Argeline Tan-Bouquet termine 6eme et 4eme. Cette semaine, ce sont les Mondiaux Juniors de Krvavec (Slovénie) qui serviront également de support pour la fin de la Coupe du monde.

Fortunes diverses en hockey-sur-glace

La semaine dernière était une semaine consacrée aux sélections nationales dans l’Europe du hockey-sur-glace. Les équipes de France préparent le Mondial élite mais le week-end n’a pas été du même acabit pour les filles que pour les garçons. Effectivement, les féminines, qui disputeront le premier Mondial élite de leur histoire début avril en Finlande, ont remporté le Tournoi des Quatre Nations d’Épinal avec trois victoires : 3-0 contre la Hongrie, 4-2 face à la Norvège et 3-1 contre la Slovaquie. Les hommes se sont inclinés trois fois à Klagenfurt. Contre leurs hôtes, la Norvège et le Danemark.

Du chocolat pour le short-track français à Turin

La dernière étape de la Coupe du monde de short-track disputée le week-end passé à Turin, en Italie, a accouché de plusieurs quatrièmes places pour le clan français. Thibaut Fauconnet et Véronique Pierron terminent à cette position sur le 1000m tandis que le relais mixte, les deux mêmes avec Tifany Huot-Marchand et Sébastien Lepape en renfort, réalise une performance identique. Au général de la coupe du monde, c’est la Néerlandais Suzanne Schulting qui l’emporte, gagnant aussi en 1000m et 1500m. Le 500m revient à sa dauphine, la Polonaise Natalia Maliszewska ; Véronique Pierron est 11e mondiale. Chez les hommes, le Sud-Coréen Lim Hyo-Jun est numéro un mondial grâce, notamment, à son succès en 500m. Ses compatriotes Kim Gun-Woo et Park Ji-Won l’emportent en 1500m et 1000m. Thibaut Fauconnet, 16e, est le premier français au ranking mondial. Le dernier rendez-vous de la saison ce sont les Mondiaux de Sofia, prévus début mars.  

La Néerlandaise Suzanne Schulting, numéro une mondiale cet hiver. (© ISU)
Une vague néerlandaise déferle sur Inzell, Sablikova superstar

La semaine dernière avaient lieu les Mondiaux distance de patinage de vitesse dans la Max Aicher Arena d’Inzell, en Allemagne. La légende tchèque Martina Sablikova est reparti de Bavière avec deux médailles d’or autour du cou : une sur le 3000m avec 0″50 d’avance sur la Néerlandaise Antoinette de Jong et une sur le 5000m devant la championne olympique Esmee Visser. C’est son 10eme titre mondial consécutif sur la distance. Sinon, les Néerlandaises (Janine Smit, Jutta Leerdam, Laetitia de Jong) remportent le premier titre planétaire de sprint par équipes tandis que les Japonaises (Miho et Nana Takagi, Ayana Sato) gagnent logiquement la poursuite collective. La surprise du week-end est venue du succès de l’Autrichienne Vanessa Herzog sur la Japonaise Nao Kodeira lors du 500m, pour sept centièmes. Sur le 1000m, les deux patineuses ont été devancées par la spécialiste américaine Britanny Bowe alors que la Néerlandaise Ireen Wüst gagne le 1500m. Une victoire qu’elle a dédié, en pleures, à Paulien van Deutekom, ancienne championne du monde du Allround décédée en janvier. Enfin, Irene Schouten, une autre batave, décroche la médaille d’or en mass-start.

La Tchèque Martina Sablikova, double championne du monde à Inzell. (© ISU)

Pour la première fois depuis 2005 ce n’est pas un Néerlandais qui a remporté le titre mondial sur 5000m. Cette année, c’est le Norvégien Sverre Lunde Pedersen qui prend la médaille d’or sur la distance, devenant le premier homme à battre Sven Kramer, seulement 3eme, aux Mondiaux dans la spécialité. Sur 10 000m les choses sont revenus à la normale pour le royaume avec la victoire de Jorrit Bergsma devant Patrick Roest. Sinon, les Hollandais, comme à leur habitude, ont enchaîné les médailles à Inzell : le sprint par équipes (Ronald Mulder, Kai Verbij, Kjeld Nuis), la poursuite par équipes (Sven Kramer, Douwe de Vries, Marcel Bosker), Kai Verbij sur 1000m devant ses amis Kjeld Nuis et Thomas Krol, vainqueur du 1500m. Le 500m et la mass-start ont échappé à l’emprise batave : le Russe Ruslan Murashov et l’Américain Joey Mantia sont sacrés.

Jorrit Bergsman a bien fêté son titre mondial sur 10 000m. (© ISU)
Du suspense chez les hommes en luge…

L’étape de Coupe du monde de luge d’Oberhof a permis à plusieurs athlètes de respirer. Effectivement, Natalie Geisenberger, vainqueur en Bavière, et le duo Eggert/Benecken, deuxième derrière leurs compatriotes Wendl/Arlt, se sont quasiment assurés le gain du général de leur spécialité avant l’étape de Sotchi, la dernière de l’hiver. En relais, ce sont les Italiens (Voetter, Fischnaller, Nagler/Malleier) qui l’emportent devant les Allemands, quasiment assurés du globe. Mais, surtout, comme cette étape d’Oberhof servait de support aux championnats d’Europe, les Italiens sont sacrés sur la scène continentale, tout comme Geisenberger et Wendl/Arlt. Enfin, le titre revient au Russe Semen Pavlichenko chez les hommes. Au général masculin, c’est plus serré que jamais : Johannes Ludwig mène 10 points devant Pavlichenko alors que Felix Loch est à 15 unités et Reinhard Egger à 18. Il va y avoir de la bagarre en Russie dans une grosse dizaine de jours…

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A propos de Florian Burgaud 93 Articles
Amoureux de sport depuis tout petit. Les sportifs d'hiver c'est la vie. Étudiant en M1 journalisme sportif à l'EDJ Nice.

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