[PREVIEW] Golden State Warriors : la fin de l’hégémonie ?

Les Warriors peuvent-ils encore viser le titre avec le départ de Kevin Durant et la blessure de Klay Thompson - (c) Clément Carton

Cinq finales NBA consécutives. Trois titres. L’une des meilleures équipes de l’histoire de la ligue. Rares sont les franchises à s’être maintenues au top niveau sur une demi-décennie. En échouant à réaliser le three-peat en finale face aux Toronto Raptors la saison passée (défaite 4 à 2), les Warriors, minés par les blessures, ont probablement tourné une page de leur histoire. Kevin Durant, ainsi que des figures historiques de la franchise, ont fait leurs bagages à la suite d’une intersaison mouvementée. Cela fait bien longtemps que Golden State, qui évoluera désormais à San Francisco, n’est pas le grand favori à l’aube d’une nouvelle saison NBA.

Ce qui a changé cet été : fin de l’ère Kevin Durant

Les dirigeants californiens savaient à quel point cette intersaison serait déterminante pour l’avenir de la franchise. Plus de la moitié de l’effectif, dont deux All-Stars, se retrouvait sur le marché. Comme attendu, Kevin Durant a fait le choix de ne pas prolonger l’aventure en Californie mais, cette fois, sans planter un couteau dans le dos à l’équipe qu’il quitte. L’ailier, double MVP des Finales avec les Dubs, a accepté d’être transféré aux Brooklyn Nets dans le cadre d’un sign and trade, permettant ainsi de laisser une belle contrepartie à Golden State. Les Guerriers ont alors récupéré D’Angelo Russell, poussé vers la sortie avec l’arrivée de Kyrie Irving à Brooklyn, qui sort d’une belle saison de All-Star (21 points et 7 passes décisives de moyenne).

En revanche, les Warriors n’ont pas hésité une seule seconde pour conserver leur deuxième star libre de tout contrat. Probablement blessé pour toute la saison à venir (déchirure ligament croisé antérieur du genou gauche), Klay Thompson a resigné pour le maximum, soit 190 millions de dollars sur cinq ans. L’intérieur Kevon Looney a également accepté de rester pour trois années supplémentaires (15M), et devrait gagner en responsabilités. Enfin, Draymond Green, dont il restait un an de contrat, a également prolongé de quatre saisons (dont une en option) avec la franchise de ses débuts.

Forcément, tout cela a un coût et certains joueurs en ont fait les frais. D’abord, le second MVP des finales de l’effectif, Andre Iguodala, a été échangé à Memphis contre l’ailier Julian Mashburn, autrement dit pour faire de la place. Ensuite, le meneur remplaçant Shaun Livingston a été coupé. Deux joueurs, certes sur le déclin, mais qui ont eu un rôle prépondérant dans la dynastie récente des Warriors. Tous libres, Quinn Cook (Lakers), Jordan Bell (Timberwolves) et Jonas Jerebko (Moscou) ont, eux, décidé d’aller voir ailleurs, sans être retenus.

Du côté des arrivées, les Guerriers ont tenté le pari Willie Cauley-Stein (4,4M sur 2 ans), qui sort d’une saison correcte avec les Kings (12 pts, 8 rbs de moyenne), en remplacement de DeMarcus Cousins (parti aux Lakers et déjà blessé). Sur les postes extérieurs, Golden State a attiré Glenn Robinson III et Alec Burks pour compléter son roster. Damian Jones a été échangé avec un second tour de draft à Atlanta contre le sophomore Omari Spellman. Enfin, les Warriors ont sélectionné l’arrière Jordan Poole (28e position) et le poste 4 Eric Paschall (41e) à la draft. Le premier reste sur de bonnes performances lors de la Summer League et pourrait bien se montrer en l’absence de Klay Thompson.

Dernier changement de l’été et pas des moindres. La franchise californienne, basée jusqu’à présent à Oakland, déménage de l’autre côté de la baie à San Francisco. La mythique Oracle Arena a donc connu son dernier match NBA lors de la défaite des Warriors en finale face aux Raptors le 13 juin dernier. Golden State évoluera désormais dans le flambant neuf “Chase Center”. Qui dit nouvelle salle, dit aussi nouvelle identité. La franchise a également profité de ce déménagement pour élaborer un nouveau logo (où le pont du Golden Gate est mieux reconnaissable) et de nouveaux maillots.

Roster 2019/2020

L’effectif actuel est évidemment plus faible que la saison passée suite au départ de KD, d’autant plus que Klay Thompson sera indisponible pour un long moment. En l’absence de ce dernier, nul doute que D’Angelo Russell sera titulaire mais Curry devrait garder son rôle à la mène. Dans la raquette, Kevon Looney, qui travaille son shoot extérieur, devrait gagner en importance aux côtés de Draymond Green. La faiblesse de l’équipe réside clairement au poste 3 où le départ de Kevin Durant n’a pas vraiment été compensé. Alfonzo McKinnie, qui a été performant par séquences la saison passée, devrait être titulaire mais en étant loin du niveau d’un ailier d’une équipe qui joue le titre. Enfin, le banc des remplaçants, une habituelle force des Warriors, est clairement moins impressionnant que ces dernières années.

Entraîneur : Steve Kerr

Le cinq majeur probable : Stephen Curry – D’Angelo Russell – Alfonzo McKinnie – Draymond Green – Kevon Looney

Joueurs clés du banc : Alec Burks, Jordan Poole, Klay Thompson (blessé), Glenn Robinson III, Marquese Chriss, Eric Paschall, Omari Spellman, Willie Cauley-Stein.

Le joueur à suivre : chef Curry de retour aux sommets ?

Kevin Durant parti, Stephen Curry se retrouve seul au premier plan. En l’absence de Klay Thompson, le Chef va hériter de quasiment toutes les responsabilités offensives de son équipe. Rappelons tout de même que Curry a été élu à deux reprises MVP en 2015 et, à l’unanimité, en 2016 (plus de 30 pts de moyenne) tout en battant de nombreux records de shoots longue distance. Avec des performances toujours impressionnantes ces dernières années, mais légèrement éclipsées par celles de ses coéquipiers, le meneur californien a l’occasion de rafraîchir la mémoire aux suiveurs de la balle orange. A 31 ans, le joueur le plus âgé des Warriors est naturellement l’un des grands prétendants au tire de MVP cette saison.

Objectif : encore loin de rendre les armes

Si cette saison marque inévitablement une cassure dans la dynastie Warriors, l’équipe est toujours largement compétitive. Les Guerriers ont des armes à faire valoir, avec un effectif qui regorge de joueurs All-Stars (Curry, Thompson, Russell, Green). Le style de jeu devrait logiquement revenir à ce qu’il se faisait avant Kevin Durant, autrement dit un mouvement de balle important dans un système small-ball favorisant les tirs extérieurs. Surtout, les jeunes joueurs de l’effectif, comme Jordan Poole par exemple, devraient avoir un rôle à jouer, Steve Kerr n’hésitant pas à donner sa chance à tout le monde.

Cette équipe a clairement pour ambition de jouer le titre et rien d’autre. Les Californiens ont réalisé la meilleure saison régulière de l’histoire de la NBA (73 victoires – 9 défaites en 2015/2016) et gagné un titre avant même l’arrivée de Kevin Durant. En revanche, la blessure de Klay Thompson est forcément préjudiciable : les Californiens perdent leur leader défensif sur les postes extérieurs, en plus de leur deuxième option offensive. Reste à savoir quel sera l’avenir de D’Angelo Russell, qui pourrait servir de monnaie d’échange pour attirer un ailier star par exemple, lorsque Thompson sera de retour. En attendant, les Warriors disposent d’un noyau dur de trois All-Stars, et cela pour au moins les trois prochaines saisons. De quoi jouer encore durablement le titre, même sans être le grand favori.

Le prono de la rédac’ : 6e de la conférence Ouest

A propos de Clément Beaume 98 Articles
Etudiant en journalisme sportif à Nice - Passionné de sport et plus particulièrement de basket-ball !

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