[PREVIEW] Utah Jazz : l’heure de la grande partition ?

Le Jazz espère jouer les premiers rôles cette saison (c) Clément Carton

Après une saison 2017-2018 tonitruante et la promesse de l’éclosion de Donovan Mitchell, Utah a réussi à confirmer les attentes placées en eux avec 50 victoires et une convaincante 5e place de la Conférence Ouest. Insuffisante toutefois pour récupérer l’avantage du terrain en play-offs. La franchise de Salt Lake City a flanché dès le premier tour contre Houston. Pour franchir un cap, le Jazz tente de monter en gamme cet été.

Vous souvenez-vous de la reconstruction du Jazz au départ de Gordon Hayward ? Deux ans plus tard, il est assez étonnant de constater que la franchise de l’Utah a non seulement pris un tournant positif mais qu’elle se trouve aujourd’hui dans une bien meilleure position qu’au départ de son ailier star pour Beantown. S’appuyant sur un collectif huilé, une défense impitoyable, des leaders charismatiques et des vraies rotations. Et, sur le papier, les ajouts de l’été laissent entrevoir de nouvelles possibilités de progression.

Ce qui a changé cet été : libérer pour mieux recruter

L’anticipation. Un principe qui avait manqué au Jazz en perdant ses principales stars années après années. Dernier exemple en date : Gordon Hayward en 2017. Justement, le désormais nouveau GM du Jazz, Justin Zanik, a décidé cette fois-ci de prendre les devants en se séparant du récent MVP de la Coupe du Monde, Ricky Rubio, pour récupérer l’expérimenté Mike Conley. Le meneur arrive de Memphis tandis que la franchise de ses débuts organise sa reconstruction. En contrepartie, la franchise perd beaucoup. Jae Crowder, Kyle Korver, Grayson Allen, ainsi que les premiers tours de Draft 2019 et 2020. Du moins, sur ce trade. Car, en réalité, le Jazz dégraisse. Un autre trade confirme la tendance. La franchise de l’Utah remercie Derrick Favors. Dans sa dernière année de contrat, il est envoyé à New Orleans contre une bouchée de pain : deux seconds tours de Draft des Warriors en 2021 et 2023. Thabo Sefolosha et Ekpe Udoh, dont l’impact était finalement réduit au sein du roster, quittent aussi le navire.

L’ensemble des opérations réalisées a permis de libérer de la masse salariale et ainsi de signer bon nombre de joueurs expérimentés durant la Free Agency selon les profils recherchés. Le talentueux ailier-scoreur Bojan Bogdanovicarrive de l’Indiana pour 73 millions de dollars sur 4 ans. Utah complète également son effectif avec les arrivées de deux Role Players, Jeff Green et Ed Davis. D’un part au scoring et d’autre part au rebond. Tandis que le meneur Emmanuel Mudiay cherche à relancer sa carrière après un passage relativement raté aux Knicks.

C’est donc un effectif assez complet que présente Utah pour cette nouvelle saison, avec un intéressant mélange entre potentiel et expérience. Mike Conley tentera d’imposer sa patte au sein d’un Big Three avec Donovan Mitchell et Rudy Gobert. Avec le recrutement d’ailiers scoreurs et d’un meneur collectif, l’attaque de l’équipe devrait gagner en consistance. Tel est le pari du management du Jazz cet été.

Roster 2019-2020 : tout pour le collectif

Hormis blessure, Mike Conley, Donovan Mitchell et Rudy Gobert seront ainsi les titulaires indiscutables de ce roster talentueux. Avec deux arrières créateurs et le double meilleur défenseur de la ligue, les Jazzmen ont de quoi voir venir avec sérénité. Le jeu offensif de la franchise sera basé sur ces trois éléments.

Aux postes 3 et 4, les deux dernières places du cinq majeur vont se jouer entre Bojan Bogdanovic, Joe Ingles, voir Jeff Green. L’absence de véritable ailier fort indiscutable rendant les choses plus compliquées. En attendant un éventuel renforcement dans ce secteur durant la saison. La théorie la plus probable fait démarrer les shooteurs Bogdanovic et Ingles sur le parquet pour apporter de l’espace aux deux arrières.

Le banc du Jazz reste intéressant. Bien qu’il paraisse plus faible que l’an dernier. Avec Emmanuel Mudiay et Dante Exum en back-up meneur et Royce O’Neale et Jeff Green à l’aile, le secteur extérieur devrait tenir la route. C’est toutefois le secteur intérieur remplaçant qui semble faible avec uniquement Tony Bradley et Ed Davis pour apporter du soutien à Rudy Gobert. Attention blessure pour la star française qui revient tout juste de la Coupe du Monde en Chine…

Le cinq de départ probable: Mike Conley, Donovan Mitchell, Bojan Bogdanovic, Joe Ingles, Rudy Gobert.

Joueurs clés du banc: Emmanuel Mudiay, Dante Exum, Royce O’Neale, Jeff Green, Ed Davis, Tony Bradley.

Dernières places du roster en jeu: Trevon Bluiett, Justin Wright-Foreman, Nigel Williams-Goss, William Howard, Miye Oni, Jarrell Brantley, Juwan Morgan.

Coach: Quin Snyder

Spacing, gâchettes, play-makers, gros défenseurs… le Jazz apparait comme l’équipe la plus complète de la Ligue

A première vue, le Jazz s’est donc renforcé cet été. Surtout, et sans faire offense à Ricky Rubio, le poste de meneur est désormais occupé par une référence en la personne de Mike Conley. Une vraie progression en vue dans un rôle clé, notamment avec la présence de Rudy Gobert. Le backcourt avec Donovan Mitchell s’annonce particulièrement intéressant. Les profils scoreurs de Bojan Bodganovic et Joe Ingles permettront au Jazz de gagner en spacing. De quoi offrir à Snyder de belles possibilités collectives pour faire perdurer un jeu fluide et déployer de nombreux systèmes. D’autant que les deux ailiers sont de bons joueurs sans ballon, bien adaptés aux trois leaders de l’équipe. Offensivement, la 15e meilleure attaque de la ligue a donc de nouveaux arguments à faire valoir.

En défense, Bogdanovic est plus léger que Crowder dans le domaine, mais Utah a décidé de miser sur Jeff Green. Durant toute sa carrière, sa polyvalence l’a amené à défendre, dans le périmètre comme au poste. Le joueur devra d’ailleurs répondre présent, car il sera certainement aligné au poste 4 sur de nombreuses séquences, et le roster est plutôt dépourvu à cette place. Utah possède aujourd’hui de nombreux ailiers, mais seul Ed Davis fait office de réel ailier fort pour épauler Rudy Gobert dans la raquette. Le secteur intérieur souffre d’ailleurs d’un manque de profondeur global, avec le seul Tony Bradley comme véritable pivot pour suppléer le français. Si Rudy aura un temps de jeu forcément très élevé, il faudra tout de même trouver les rotations adéquates. Car, c’est bien le problème, la profondeur de banc pourrait être très réduite et en cas de blessure, le Jazz devrait beaucoup souffrir.

L’atout majeur du Jazz résidera cette saison encore dans sa force collective et sa défense (deuxième meilleure de la ligue). Depuis un moment déjà, Utah est devenu une référence sur ces deux domaines, sous l’impulsion du coach Quin Snyder. Et ce ne devrait pas s’arrêter.

2021 en ligne de mire

Si Utah aura un peu de marge salariale l’été prochain, elle devra prolonger Mitchell, Gobert et éventuellement Conley lors du seul été 2021. Il faudra rester vigilants sur les contrats des autres joueurs pour être sûr que Utah s’inscrira sur le long terme dans les premiers rôles de la NBA. Ces deux dernières saisons, le Jazz a affiché une progression constante et significative. Il faudra donc d’abord pour Utah réaliser une réelle saison de patron, sans trou d’air notable notamment en play-offs, pour ne pas laisser place au moindre doute et inciter ses joueurs à prolonger avant 2021.

A propos de Clément Carton 156 Articles
- Fondateur d'Agora Sports depuis septembre 2016 - 21 ans, Lyonnais, M2 Journalisme Sportif à l'EDJ Nice. Envie de partager ma vision du sport. Suivez-moi sur Twitter : @clementcarton

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