Les Toronto Raptors face aux Playoffs : Le Nord fait-il enfin peur ?

Lowry, De Rozan (c)TheStar

Comme tous les ans, la mi-avril annonce le départ d’une nouvelle campagne de Playoffs. La partie la plus importante de la saison. Premiers  à l’Est , les Raptors concentrent à la fois beaucoup d’attentes et beaucoup de doutes face au défi qui les attend.

Une équipe historique pour les Raptors

Y’a pas d’autres mots pour le dire, c’est la meilleure saison régulière de l’histoire des Raptors. Elle fait suite à un été où Masai Ujiri (le manager général) a annoncé de grands changements. Dans un premier temps tout le monde a paru circonspect quand l’équipe a reconduit à la fois Casey, Lowry et Ibaka. Mais tout a fait sens par la suite. L’an dernier, Toronto était l’une des équipes qui se reposait le plus sur les isolations de ses joueurs stars. Mais le problème de cette approche provient du fait qu’elle se montrait inefficace une fois que mi-Avril sonnait à la porte.

ByeBye l’iso-ball donc et bonjour le mouvement de balle et la recherche du tir efficient. Il faut accorder du crédit à un coach et des stars qui changent totalement une méthode qui leur a apporté du succès. Toronto s’est mis à la mode du pace and space. Les passes se sont multipliées, la production de trois points également. Même De Rozan se met à prendre des tirs derrière l’arc.

On ne peut pas parler des Raptors sans évoquer leur jeune banc. C’est tout simplement le banc le plus prolifique de la ligue. Certains contributeurs importants de l’an dernier sont partis et ont fait place à des jeunes. Ces derniers, entourés par CJ Miles, ont efficacement répondu. Les VanVleet, Wright, Siakam, Anunoby et autres Poetl sont des grands artisans de la saison. Au détriment de Norman Powell qui a pourtant signé une extension. Toronto a peut-être 12 joueurs fiables pour les Playoffs.

Playoffs Lowry & Playoffs De Rozan

Ce groupe des Raptors a déjà fait de grandes saisons régulières. C’est en Playoffs qu’il a toujours failli, en particulier ses deux leaders. Les années précédentes Kyle et Demar voyaient leurs pourcentages baisser drastiquement entre la saison régulière et la postsaison. Après la situation est à nuancer sur les deux dernières années. Malgré leurs difficultés, Toronto a réussi il y a deux ans à se hisser jusqu’en finales de conférence. Mais comme l’année dernière (Lowry blessé), ils n’avaient pas offert un réel challenge aux Cavs de Lebron.

La situation peut-elle être différente cette saison ? On veut y croire. Premièrement, l’aide est beaucoup plus conséquente autour d’eux. Le poids de l’équipe est beaucoup plus réparti. Mais surtout les titulaires font confiance à cette jeune garde. Quand d’autres stars oublient parfois leurs coéquipiers dans les moments chauds, ce n’es pas le cas à Toronto. DeRozan est devenu le meilleur joueur de l’équipe. Il a encore progressé dans son jeu. On connaît sa capacité de scoreur d’élite. Mais en plus d’un début d’habilité derrière l’arc, DeRozan est devenu un vrai bon passeur. Il lit mieux les défenses et il fait confiance à ses coéquipiers. Lowry lui a fait un pas en arrière dans le poids offensif mais il demeure le premier playmaker, la première menace extérieure ainsi que le général défensif.

Une opportunité devenue fenêtre

Au final avec le manque de garanties à Cleveland (hormis Lebron James), c’est peut-être l’année des Dinos. Le tableau ne leur fait pas de cadeau car les Cavaliers sont de leur côté à l’est mais ils les ont déjà battus cette saison. Avant le début de la saison, Toronto n’était pas cité comme un vrai concurrent au titre mais aujourd’hui ils sont clairement l’une des “powerhouses” de l’Est.  Boston sera sans Kyrie, Milwaukee et Washington n’ont aucunes certitudes, les Sixers sont jeunes, voir Toronto aller en finales n’a rien d’outrageant.

Après une éventuelle défaite face aux Cavs n’aurait rien d’une anomalie, Lebron y est toujours. La vraie progression doit se voir dans le caractère compétitif de la série. les Raptors doivent offrir à Cleveland une vraie compétition au minimum cette année. Un tel résultat serait une déception clairement, mais il ne faut pas oublier que Toronto n’a aucun joueur du top 10 de la ligue. Après ça pose une question sur leur avenir, est-ce que cette opportunité est une “one year thing” ? Peut-être mais c’est là que le rôle du banc est intéressant. Techniquement, ce banc est un éventuel package pour un trade si une  star voir une superstar se libère d’ici un an. De quoi faire encore plus peur.

Cette saison des Raptors est à la fois dans la continuité et dans la rupture de la plus grand ère de la franchise. On l’oublie parfois noyé dans l’instant. Ce shift total était nécessaire pour prolonger l’expérience et élever le niveau d’un groupe et d’un système qui touchait ses limites en altitude. L’objectif est le même, combattre pour le titre. Les Raptors n’y arriveront peut-être pas, mais ils en ressortiront probablement avec le respect.

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