Real Madrid – PSG : La délicate soirée d’Unai Emery

Si la déroute parisienne (3-1 pour le Real) au match aller n’est pas l’œuvre d’un seul homme mais une défaillance collective, l’entraîneur Unai Emery n’est pas exempt de tout reproche. Bien que le match se joue sur des détails et que le score soit sévère pour le PSG, on s’interroge sur la responsabilité du technicien et sur ses positions contestables d’après-match.

 

Les choix risqués d’avant-match

À quelques heures du coup d’envoi, Unai Emery surprend son monde en alignant Presnel Kimpembe à la place de Thiago Silva et en préférant Giovani Lo Celso à Lass Diarra. Au poste de latéral gauche, Yuri Berchiche est également titulaire au contraire de Layvin Kurzawa. Si le premier choix est une vraie surprise, les deux autres le sont moins au vu des dernières semaines. Côté stratégie, Emery fait confiance à son schéma de jeu préférentiel, un 4-3-3 avec Lo Celso en sentinelle.

 

Un coaching douteux

La première période est une demi-réussite pour le coach parisien. On note les très bons débuts de match de Kimpembe, solide dans les duels et de Berchiche, surmotivé. Lo Celso, lui, est en difficulté. Parfois sauvé par sa finesse technique, il est absent au duel et commet des erreurs grossières sous la pression madrilène (talonnade manquée récupérée par Cristiano Ronaldo dans la surface, faute sur Toni Kroos pour le pénalty qui remet le Réal sur les bons rails avant la pause…).

La deuxième période d’Emery est catastrophique. Alors que Paris rentre mieux que son adversaire à la sortie des vestiaires, l’entraîneur décide de sortir Edinson Cavani à la 66ème minute pour « solidifier son couloir droit » avec Thomas Meunier. Dans les minutes qui suivent, le PSG a des occasions mais manque de présence devant les buts ou pèche à la finition. Nul doute que Cavani aurait pu être utile, alors que le Réal ne surdominait pas les débats. Derrière l’écran, un deuxième but parisien ne paraissait pas si utopique. Par ailleurs, Lo Celso, en difficulté, n’est pas remplacé avant la 85ème minute après le but du 2-1 au profit de… Julian Draxler. Un choix tardif une nouvelle fois suspect alors que les options Diarra ou Pastore semblaient plus adaptées pour tenir le match ou revenir au score.

Au final, le PSG encaisse un dernier but de Marcelo à la 86ème minute. Le brésilien qu’Emery espérait bloquer par Meunier s’est amusé dans la défense. La décision de sortir Cavani a tué le schéma tactique habituel et le jeu parisien s’est totalement liquéfié. En voulant blinder derrière, le Réal a pris le contrôle du ballon et a joué le coup à fond avec l’entrée de Lucas Vasquez à la place de Casemiro et d’Asensio à la place d’Isco. Des choix payants pour Zidane.

Finalement, seuls deux changements sont utilisés côté parisien. Di Maria, joueur le plus en forme et qui possède une expérience européenne d’envergure est cloué au banc alors que Mbappé a disparu au fil de la rencontre…

 

Un après-match inquiétant

L’après-match d’Emery est totalement raté. Il charge d’abord les arbitres pourtant bons hier soir, au micro de Canal +. Il dénonce par exemple une main de Ramos dans la surface (inexistante) ou encore l’injustice du pénalty concédé par son favori du soir Lo Celso (pénalty justifié). Ce discours fait tâche alors que la question qu’on lui posait avait pour vocation de cibler les failles des parisiens pour expliquer cette défaite et trouver des solutions pour le match retour.

D’autre part, le coach parisien a ensuite défendu ses choix et a perdu en crédibilité en affirmant que « Giovani a fait un grand match ». Peut-être que Lo Celso a respecté les consignes, mais il n’a pas fait un grand match. Étonnamment, l’entrée de Meunier lui a aussi paru aussi très bonne. Il s’explique en assurant que le PSG avait « mieux maîtrisé le côté droit » par la suite… alors même que le PSG a encaissé deux buts sur ce même côté en fin de match. La lucidité d’Emery a de quoi inquiéter les supporters parisiens. Seul point positif, Emery affichait son optimisme et ses ambitions de qualifications au Parc des Princes le 6 mars lors du match retour.

 

Au final, les choix d’avant-match, plutôt osés ont été réussis en défense. On ne peut pas en dire autant au milieu avec les erreurs à répétition de Lo Celso, qui ont coûté cher et qui auraient pu l’être encore plus. Les choix tactiques pendant le match sont fortement discutables et ont montré un manque d’ambition flagrant. Un match de Ligue des Champions de ce niveau, avec l’effectif du PSG, on le coache pour le gagner, et non pour conserver le match nul… Enfin, la remise en question ne semble pas être la tasse de thé d’Emery, du moins à chaud. Ses justifications et son point de vue, certes optimiste, sont plus que discutables. Il reste trois semaines à Emery et au PSG pour rectifier le tir et se qualifier pour les quarts de finale. L’avenir de l’espagnol à Paris en dépend.

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