Que retenir de cette Vuelta version 2017 ?

Le départ du Pistolero fait parler... (Crédit photo : bicycling)

Le Tour d’Espagne, traditionnellement, le troisième et dernier Grand Tour de la saison cycliste s’est achevé le weekend dernier. C’est le moment de tirer les conclusions de ces trois semaines de courses passionnante, mêlant rebondissement et suspens.

Tout d’abord, il faut dire que cette 72e édition de la Vuelta n’était pas comme les autres, en effet, cela signait l’arrêt de la carrière du Pistolero, Alberto Contador. Le natif de Madrid, lui qui fait partie des six coureurs de l’histoire ayant remporté les trois Grands Tours, achèvent sa carrière sur une bonne note. Une cinquième place au général, une victoire d’étape monumentale, au sommet de l’Angliru, sommet mythique, où il est devenu le premier coureur à s’y être imposé deux fois. Une chose est sûr, il a tout donné pour son dernier Grand Tour, à l’attaque pratiquement tout les jours, plein de panache comme à son habitude, avec son style de grimpeur caractéristique, il nous a fait brillé. Merci pour tout Alberto

Et que dire de Christopher Froome ? le vainqueur de cette Vuelta, mais surtout le premier coureur depuis Bernard Hinault en 1978 à avoir remporté deux tours consécutifs lors de la même saison. Le Britannique, comme sur le Tour, a pu compté sur une équipe Sky totalement dévoué à son leader et surtout, d’un niveau exceptionnelle comme en témoigne la sixième place au général de Poels. Jamais déstabilisé, il a su gérer ses temps faibles avec l’aide de ses équipiers, mais aussi prendre du temps là où il était le plus à l’aise comme sur le contre la montre. Sa prise de maillot rouge dès la troisième étape, et qu’il ne lâchera pas jusqu’à Madrid accentue encore plus sa domination. Après ce doublé Tour-Vuelta, il envisagerait le triplé Giro-Tour-Vuelta, toujours plus pour le champion britannique.

Matteo Trentin s’est montré spectaculaire lors de cette Vuelta, l’Italien a remporté quatre victoires, trois au sprint, et une lors d’une échappée où il a distancé des grimpeurs comme Rojas. Malheureusement, il lui a manqué deux petits points pour pouvoir ramener le maillot du classement par points chez lui. Avec Nibali, ils portent le nombre de succès italien à cinq, la meilleure nation devant la Belgique et la Pologne qui s’est beaucoup montré grâce notamment à Tomasz Marczyński qui a signé deux très belles victoires d’étapes. On attendait Rafal Majka dans la course au maillot rouge, mais, malade la première semaine, il a dû jouer les étapes. Troisième derrière Alaphilippe lors de l’étape 8, il s’est imposé au sommet de La Pandera lors de la quatorzième étape.

La Vuelta est souvent le théâtre de surprise et d’émergence de nouveaux talents. Cette année, c’est Michael Woods, le canadien de la Cannondale qui a terminé la Vuelta à la septième place. Très en vu cette saison lors des classiques ardennaises comme en témoigne ses 11e et 9e places lors de la Flèche Wallone et de Liège-Bastogne-Liège. Affectionnant les pentes raides, il a trouvé sur ces routes espagnoles, la meilleure façon d’exprimer son talent. Le colombien Miguel Angel Lopez est lui le nouveau talent de l’équipe Astana. Le vainqueur du Tour de l’Avenir 2014 avait déjà prouvé son talent l’année dernière en remportant le Tour de Suisse, mais il n’avait pas pu démontrer de quoi il était capable sur la Vuelta l’année dernière victime d’une sévère chute. Peu en vue en début de saison pour cause de blessures, il est monté en régime lors des trois semaines, avec une épatante deuxième semaine dans laquelle il remporte la 11e et la 15e étape. Il repart de Madrid avec une huitième place au général, le titre de meilleur jeune et plein d’espoirs pour la suite, un nom à retenir.

On a également vu des grosses déceptions, à commencer par l’équipe Orica Scott. La formation australienne est venu avec d’énormes ambitions et une équipe à faire pâlir la grande Sky. Avec comme leader Esteban Chaves, accompagné des frères Yates et du tout jeune Jack Haig, on aurait espéré autre chose pour eux qu’une 11è place au général, pas digne de leur niveau. A noter également les contres performances de la Movistar, venu sans ses deux grands leaders, Nairo Quintana et Alejandro Valverde, la formation espagnole avait misé sur l’expérimenté Daniel Moreno et du jeune talentueux Marc Soler qui s’était montré très à son aise en début de saison lors du Tour de Catalogne où il avait terminé troisième du général. Aucune victoire d’étape, trois podiums pour le poulidor espagnol, Rosé Joaquin Rojas.

Enfin, nous terminons ce résumé par quelques événements marquants ayant eu lieu lors de ces trois semaines. Plusieurs coureurs ont été poussé par les spectateurs espagnols, notamment Maxim Belkov, ce qui a terni un peu cette course si passionnante. L’expulsion du français Warren Barguil par sa formation a également fait beaucoup parler. L’équipe Sunweb a préféré exclure son coureur pourtant le mieux placé au général, pour raison sportive, le coureur ne respectant pas les consignes donné par ses directeurs sportifs. Lors de la septième étape, le Breton n’a pas attendu son leader désigné, Wilco Kelderman, quatrième du général final, victime d’une crevaison. Un choix discuté par les internautes et les spécialistes qui mettent en avant son départ dans une autre formation la saison prochaine, à méditer…

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