RWC 2019 : Ce qu’il faut retenir de la 1ère journée

CP : Photo by Hannah Peters/Getty Images

À l’issue de la première journée des matchs de poule, il est temps de reprendre son souffle et de profiter du programme plus léger de la semaine pour jeter un regard plus acéré sur les matchs des favoris. Qui a impressionné, rassuré ou déçu ? C’est à lire dans le bilan de la rédac’ rugby d’Agora Sports !

Poule A :

L’Irlande : Avec l’Angleterre, l’Irlande est le seul favori à n’avoir pas encaissé d’essai. Et contrairement au XV de la rose, les Irlandais faisaient face à une équipe du top 10 mondial. C’est vrai qu’on pourrait souligner que les Ecossais n’étaient pas à leur meilleur niveau. Mais on pourrait aussi à juste titre reconnaître que les Irlandais les ont rendu inexistants. C’est la force de cette équipe : une défense qui prend à la gorge les adversaires. Néanmoins, à l’image de Jonathan Sexton, on est en droit de se demander s’ils tiendront physiquement. En tout cas, ils pourront se “reposer” pendant les prochains matchs, puisqu’ils rencontreront la Russie, le Japon et les Samoa, des équipes bien inférieures à leur niveau. Leur quart de finale, probablement contre les puissants Sud Africains, viendra définitivement confirmer leur état de forme, et donc leur capacité à gagner cette Coupe du monde.

Conor Murray conquérant avec un essai irlandais
CP: Charly Triballeau – AFP

L’Ecosse : C’est une Écosse loin de ses standards lors de ce premier match face à l’Irlande. C’est une équipe amorphe et sans solutions qui a fait face aux Irlandais. Aucun point positif n’est à sortir après ce premier rendez-vous. Il était important pour jouer la première place mais les Écossais n’ont pas su se mettre au même niveau. Dominés dans tous les secteurs de jeu, une charnière qui n’a eu aucun poids pour renverser la tendance et des individualités inexistantes. L’Écosse ne s’est pas encore mise à la hauteur de cette coupe du monde 2019. Beaucoup d’espoir étaient placés en elle de part ses résultats et un effectif plutôt complet, mais la vérité du terrain a parlé ce dimanche montrant de nombreuses lacunes pour rivaliser face aux plus grands. 

Poule B :

La Nouvelle-Zélande : Comme d’habitude, la Nouvelle-Zélande montre que même si on émet des doutes sur son niveau, elle répond encore et toujours présente et marque son territoire dès le premier match de la compétition. La rencontre contre l’Afrique du Sud a permis de voir que leur vitesse d’exécution est toujours sans égal et que même sous pression, ce sont les Blacks qui finissent par rompre leurs adversaires. La preuve, avec 30 minutes de jeu, l’occupation de terrain était de 65/35 pour les Boks et la Nouvelle-Zélande menait 17-3. Aucun joueur n’a paru en dessous du niveau attendu et le banc a permis de tenir le résultat en seconde période. Avec cette victoire, Steve Hansen, le sélectionneur, dispose maintenant de trois “matchs de préparation” pour le quart de finale.

Cheslin Kolbe éliminant Beauden Barrett, le Bok court plus vite que le Black

L’Afrique du Sud : Malgré la défaite inaugurale, il est important de souligner la performance des Boks dans le match face à la Nouvelle-Zélande. Pendant les 20 premières minutes, les hommes d’Erasmus ont su imprimer un rythme d’enfer en défense qui a étouffé les Blacks. Mais ces efforts leur coûtent sûrement la victoire. Pourtant, on sent que le plan de jeu est bien rodé, Faf de Klerk (avec 71 passes, la moitié du total de l’équipe !) et Pollard sont là pour distribuer le jeu et la vitesse de Cheslin Kolbe peut briser n’importe quelle défense. Ce qui a manqué à l’Afrique du Sud sur ce match, c’est l’efficacité. Seulement 3 points inscrits en première période malgré la domination franche. Il reste 3 matchs face à des adversaires beaucoup plus faibles pour monter en puissance et régler la mire vers les quarts de finale.

Poule C :

L’Argentine : Les Pumas le savent. En s’inclinant face au XV de France pour leur entrée en lice, ils ont grandement compromis leurs chances d’accéder aux quarts de finale. Pourtant, ils étaient tout près de s’offrir un scénario épique. Menés de 17 points à la mi-temps, les hommes de Mario Ledesma se sont offerts une remontada (21-20) avant de s’incliner sur un drop de Camille Lopez. Sur l’ensemble de la rencontre, les Argentins méritaient sûrement mieux. Dominateurs en mêlée, plus conquérants au sol et sur les touches, il ne leur aura manqué que 20 minutes, ces fameuses 20 minutes où les Bleus ont pratiqué un jeu flamboyant. Les Sudaméricains payent malgré tout leur manque de réussite au pied (pénalité manquée sur le gong) et parfois leurs choix tactiques, préférant prendre la touche plutôt que les 3 points. Maintenant, il faudra compter sur un faux pas des Français ou sur un exploit contre l’Angleterre pour entrevoir les quarts de finale.

L’Angleterre : À l’inverse des Argentins, l’Angleterre est sortie vainqueur de son premier match. Avec une victoire 35-3 face aux modestes Tonga, on pourrait croire que tout baigne pour les hommes d’Eddie Jones. Mais le technicien australien n’est pas de cet avis. Car contre une opposition plus relevée, le scénario aurait pu être tout autre. Entre indiscipline au sol et fautes de main, les Anglais ont été pénalisés de trop nombreuses fois. Ce qui pourrait coûter cher face à un cador de la compétition. Mais l’essentiel est là, avec le bonus offensif en poche, l’Angleterre est en tête de la poule C, et va pouvoir se projeter sereinement sur son prochain match. Et il ne serait pas surprenant de voir Eddie Jones tenter des choses face aux modestes États-Unis. À l’inverse, les Eagles doivent s’attendre à un XV de la Rose remonté, qui aura à cœur d’impressionner ses concurrents, comme il n’a pas sur le faire face aux Tonga.

Poule D :

Le Pays de Galles : Que doit-on penser de l’entrée dans la compétition du Pays de Galles ? Difficile de répondre tant son adversaire, la Géorgie, était bien en dessous du niveau du rugby mondial. Son jeu extrêmement lent n’a pas ébranlé la solide défense galloise. La première mi-temps était presque un entrainement pour le XV du poireau qui révisait ses gammes. Même s’ils ont encaissé deux essais, leur avance confortable et le bonus offensif glané dès la mi-temps étaient suffisants. On peut tout de même souligner que malgré huit changements en dix-neuf minutes (entre la 47e et la 66e minute), l’équipe n’a pas semblé perturbée, puisqu’ils vont encore marquer deux essais. Warren Gatland l’avait dit, “c’est la meilleure équipe que nous ayons eue en termes de profondeur d’effectif”. Des remplaçants aussi bons que les titulaires : avec un mois et demi de compétition, cela peut être décisif pour une équipe.

L’Australie : Les Wallabies ont montré deux visages au cours de ce premier tour. Fébrile et brouillonne au cours de la première mi-temps, l’Australie fut bien plus conquérante en seconde période. Dominée et agressée par les Fidji, elle n’a jamais su prendre le dessus. Le seul point positif fut la conquête en mêlée servant à lancer toutes les actions australiennes. L’échec dans cette rencontre fut la ligne de trois-quarts australiens titulaires. Ils n’ont jamais su accélérer ou trouver les espaces afin de mettre en danger l’adversaire malgré un collectif plus impressionnant sur le papier. C’est à l’image de James O’Connor, très peu en vue durant une grande majorité du match. Le changement notable a été la mentalité en seconde mi-temps. Une équipe beaucoup plus conquérante et incisive pour pouvoir franchir la ligne. A retenir, l’entrée décisif des remplaçants venus dynamiter la fin de match pour prendre un peu plus le large, notamment Will Genia. 

Les Prono’ de la rédac’ rugby d’Agora Sports

Aurore : Je reste sur une victoire du Pays de Galles. Leur défense de fer et leur profondeur de banc les emmèneront jusqu’au trophée !

Joris: Ce premier match ne fait que confirmer mon avis. Les hommes de Steve Hansen ont montré toute leur supériorité par cette efficacité et des joueurs hors normes. Ils continuent de faire peur à l’adversaire chaque minute passer sur la pelouse. 

Sylvain: Quel dommage pour les Springboks. Après une entame de match parfaite, les joueurs de la nation arc-en-ciel ont explosé en 4 minutes, voyant les All-Blacks marquer deux fois. Ensuite, il était trop tard. Du moins pour cette fois-ci, car les Sud-africains ont démontré quelque chose, c’est qu’ils peuvent faire tomber la Nouvelle-Zélande, comme ils l’ont fait au Four Nations.

Julien: Entièrement d’accord avec Sylvain ! Les Boks restent mes favoris. Une force physique impressionnante et la meilleure défense vue depuis le début à mes yeux. Ils vont monter en puissance et attention les yeux en quarts de finale.

Aurore Dessaigne, Sylvain Granjon, Joris Bertoia & Julien Cokelaer

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*