RWC 2019 : deux outsiders pour une seule place (3/4)

Tonga, Argentine, Angleterre et Etats-Unis, les Bleus ont hérité du "groupe de la mort" pour ce premier tour (c) Facebook RWC

Suite de la présentation des poules à seulement deux jours de l’ouverture de la Coupe du Monde. Aujourd’hui, la poule C, celle du XV de France. Un groupe duquel émerge un favori, l’Angleterre, derrière laquelle les Bleus et l’Argentine devront lutter pour accrocher la deuxième place.

L’Angleterre le couteau entre les dents

Qu’il leur sied bien, ce costume de favoris, aux joueurs de la couronne. Alors que l’on attendait plus l’Irlande ou encore le Pays de Galles, le XV de la Rose a remis les pendules à l’heure. En préparation, les Anglais ont d’abord révisé leur rugby face aux Gallois (victoire 33-19 à Twickenham, défaite 13-6 au Principality Stadium) avant d’écraser les Irlandais (57-15). Un dernier test probant le 6 septembre face à l’Italie (37-0) et voilà les soldats d’Eddie Jones au Japon.

Les coéquipiers d’Owen Farrell auront à cœur de faire oublier la débâcle de 2015, avec cette coupe du monde qui avait vu le favoris et pays hôte sauter dès le 1ertour. 

Mais pas d’inquiétude, depuis le drame, l’Angleterre s’est reconstruite, autour d’un groupe qui n’a que très peu évolué en 4 ans, et qui s’appuie sur des joueurs parmi les meilleurs d’Europe à leur poste. Vous l’aurez compris, le premier tour ne devrait être qu’une formalité pour les Anglais. Attention toutefois à l’excès de confiance, car c’est peut-être le seul mal qui peut encore ébranler la maison royale, capable de trous d’air inexpliqués à n’importe quel moment. 

Une entrée en matière décisive

Ce sera le match d’ouverture de cette poule, mais aussi peut-être le plus déterminant. Samedi à 9h15, le groupe C s’ouvrira par une confrontation entre les Pumas argentins et l’équipe de France. Deux équipes semblables par leurs dynamiques. L’Argentine a vécu une préparation chaotique, soldée par trois défaites lors du Four Nations, tandis que la France n’a pas su se reconstruire depuis le dernier mondial, et se cherche toujours une identité de jeu. Autant dire qu’il serait surprenant de voir une de ces deux formations venir déranger l’Angleterre dans sa quête de la première place. 

Du côté des hommes de Mario Ledesma, il s’agira de réitérer l’exploit de la coupe du monde 2015, avec la 4èmeplace glanée en Angleterre. Mais à l’instar du XV de la Rose, l’équipe sud-américaine a changé en profondeur. Exit le jeu flamboyant d’il y a 4 ans, l’Argentine d’aujourd’hui est plus pragmatique, moins enthousiasmante, mais la grinta sera toujours là. L’effectif s’articule autour de l’équipe des Jaguares, la franchise finaliste du dernier Super Rugby. Des choix nationaux qui ont poussé des joueurs référence à leur poste comme Juan Imhoff à regarder la compétition depuis chez eux.  

Côté Bleus, difficile d’arriver avec moins de certitudes. Un staff récemment étoffé, un groupe qui n’a eu de cesse de changer ces dernières années, et une inexpérience des joutes mondiales qui pourrait causer du tort aux hommes de Jacques Brunel. Les affiches de la préparation devaient rassurer le XV de France, il n’en sera rien (2 victoires contre l’Écosse et l’Italie, 1 défaite à Murrayfield).  Le XV de France jouera bien évidemment sa carte à fond sur ce mondial, mais leurs chances d’aller au bout sont tellement minces qu’il serait presque plus judicieux d’utiliser cette édition pour préparer celle de 2023 qui se déroulera dans l’hexagone. Il s’agirait de donner du temps de jeu à la jeune génération prometteuse, incarnée par les Antoine Dupont, Damian Penaud ou Romain Ntamack. Quitte à « sacrifier » ce qui sera la dernière édition pour les anciens comme Yoann Huget, Guilhem Guirado ou Louis Picamoles, des joueurs qui incarnent la lose du XV de France depuis 8 ans. Ceci dit, le coq français ne chante jamais aussi fort que quand il a les pieds dans la merde, et il a rarement été plus chancelant, ce coq. Quoiqu’il arrive, le match de samedi conditionnera la suite du tournoi et les ambitions des deux équipes pour la suite du tournoi. Le dernier duel entre ces deux équipes remonte aux tests matchs de novembre, et les joueurs de « Moustache » l’avaient emporté 28 à 13, un des seuls succès probants de l’ère Brunel. 

Un duel Tonga / États-Unis pour la place d’honneur 

 Si d’ordinaire, les Tonga auraient pu faire office d’outsider pour accrocher une deuxième place sur un exploit, difficile de les imaginer réaliser un coup-double face à l’Argentine et la France. Il faudra donc se contenter pour les joueurs de la royauté insulaire de viser la 3eplace, ou d’éviter la cinquième. Car même s’ils font office de petit poucet de ce groupe, les Eagles ont bien l’intention de défendre leur peau, et de ne pas quitter la compétition avec 4 valises. Hormis à compter d’un exploit de la part des Tongiens, il devrait y avoir une finale des petits pour le match de clôture de la poule C, le 13 octobre. 

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